Connaissance et perceptions des français sur le dossier médical partagé

 Etude réalisée par l’institut Viavoice pour France Assos Santé.
Interviews réalisées en ligne du 15 octobre au 18 octobre 2018 auprès d’un échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Représentativité assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : âge, sexe, profession de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération.

La centralisation des données médicales personnelles, un carence dans le suivi des Français :

Actuellement, la question des moyens utilisés pour centraliser les données médicales met en lumière différents profils de Français :
Un tiers déclare spontanément ne disposer d’aucun support ou relai regroupant leurs informations personnelles issues des consultations et actes médicaux réalisés.
• Un tiers déclare avoir recours à un archivage manuel sous format papier ou dématérialisé.
• Le dernier tiers évoque d’autres moyens qui restent partiels : le recours aux espaces personnels mis a disposition par les
mutuelles et l’Assurance Maladie, ou aux professionnels de santé régulièrement consultés (médecins traitants, laboratoires, CHU…).
• Enfin, les répondants sont 8 % à déclarer disposer d’un outil de centralisation en ligne et 1 % d’un Dossier Médical Partagé.

Une utilité perçue mais sous conditions :

Face à ce constat, 7 Français sur 10 estiment spontanément utile la possibilité de disposer d’un outil de centralisation en ligne.
Pour autant, cette affirmation s’accompagne d’un consensus autour de l’importance des garanties qui doivent être offertes.
• La gratuité du service et sa sécurisation sont ainsi des critères perçus comme déterminants (54 %).
• Tout comme son efficacité, c’est-à-dire la capacité de l’outil à garantir comme réguler l’accès pour tous les professionnels
concernés ainsi qu’ à regrouper de manière exhaustive et automatique les données.

La nature éventuelle de l’hébergeur de cet outil questionne également les répondants :
• En effet, si le statut et la notoriété de l’organisme hébergeur ne sont perçus comme les critères les plus importants (respectivement 12 % et 9 %), un Français sur deux déclare spontanément qu’il accorderait davantage sa confiance à un organisme public pour mettre en place ce type d’outil. A l’inverse, ils sont moins de 2 sur 10 à citer un organisme privé (une tendance légèrement plus forte parmi les 18-24 ans).

Le Dossier Médical Partagé, un outil méconnu mais qui suscite l’intérêt :

• Seul 1⁄4 des Français déclarent avoir déjà entendu parler du Dossier Médical Partagé. Pour autant, à l’issue de sa présentation, 85 % d’entre eux montrent un intérêt certain pour l’outil (80 % parlent également d’un intérêt pour leurs proches). Ils y voient ainsi spontanément le moyen de garantir une meilleure prise en charge de la part des professionnels mais également la possibilité pour eux-mêmes d’avoir un meilleur suivi de leur santé.

• Le format actuel du DMP et sa présentation peuvent donc être perçus comme efficaces : en effet, le taux de Français se déclarant intéressés personnellement après la présentation du dispositif apparait nettement supérieur aux 70 % qui se déclaraient intéressés dans l’absolu par le principe de centralisation des données médicales.

• Plus concrètement, deux types de leviers sont clairement identifiés : la possibilité d’une coordination et d’uneprise en charge améliorée entre les professionnels de santé, même en cas d’urgence, et, de manière pratique,l’existence d’un outil de centralisation exhaustif des données médicales.

• Autre point positif à noter, l’intérêt de l’outil DMP auprès des personnes possédant déjà un moyen de centralisation en ligne. Ces derniers se montrent tout aussi réceptifs, et pointent le fait de pouvoir centraliser données médicales et informations liées au remboursement comme un atout.

• Enfin, logiquement, la question des garanties de sécurisation apportées reste primordiale pour 66 % des répondants. Deux freins au recours au DMP y sont ainsi associées : le risque d’un vol ou piratage des données et celui d’une récupération des informations par d’autres relais (les assureurs, les employeurs…).

Arnaud Zegierman