L’information des Français sur l’actualité européenne

Les élections européennes qui se sont déroulées au printemps 2019 ont vu leur taux de participation rebondir à un score record depuis 25 ans. Ce rebond est-il un signe de l’intérêt des Français vis-à-vis de la politique européenne ?

UN FAIBLE SENTIMENT D’INFORMATION, LIÉ À UNE COUVERTURE MÉDIATIQUE JUGÉE INSUFFISANTE

Un peu plus d’un tiers (36 %) des Français se déclarent bien informés quant à l’actualité de l’Union européenne, et seuls 3 % se sentent « Très bien informés ». Parmi les raisons avancées pour expliquer ces ressentis, les Français pointent l’absence de relais médiatiques et le Brexit (48 %), estimant que cet épisode a phagocyté la politique européenne depuis 2016.

Si l’émetteur et les relais médiatiques des messages politiques sont mis en cause, la demande d’information par le grand public est bien réelle. En effet, seuls 17 % des Français se sentant mal informés déclarent un désintérêt pour ces questions.

ET ILLUSTRÉ PAR UNE FAIBLE NOTORIÉTÉ DES DÉCIDEURS EUROPÉENS

La notoriété des personnalités européennes met en avant la présence d’un prisme français dans le traitement de l’actualité européenne :

Parmi les personnalités politiques européennes testées, seul Michel Barnier est connu, au moins de nom, par plus de la moitié des Français (56 %). Thierry Breton, nouveau commissaire français à la Commission européenne, se place comme la seconde personnalité la plus connue (47 %), mais seul un Français sur dix (12 %) connaît sa fonction.

Les décideurs européens non-français sont nettement moins bien identifiés :

Ainsi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est la 3ème personnalité la plus connue (26 %) mais avec un écart de 21 points de notoriété avec les deux Français. Margrethe Vestager, Vice-présidente de la Commission, peut compter sur une notoriété plus importante auprès des jeunes (26 % auprès des 18-24 ans contre 17 % pour l’ensemble des Français). Ce score pourrait notamment s’expliquer par les sanctions infligées aux géants du numérique lors de la mandature précédente.

DES ATTENTES MANIFESTES POUR UNE AMÉLIORATION DE L’INFORMATION

Près de 3 Français sur 4 (72%) souhaiteraient être davantage informés sur l’actualité de l’Union européenne, illustrant qu’en dépit d’un faible sentiment d’information, les Français sont en recherche d’une médiatisation plus importante des affaires européennes.

Parmi les canaux d’information, la télévision confirme son titre de premier média d’information des Français, et ce, quelle que soit la tranche d’âge : 61 % des Français privilégieraient le petit écran afin de suivre l’actualité européenne.

Parmi les pistes proposées pour améliorer l’information des Français, la diffusion d’Euronews sur la TNT est particulièrement attendue (72 % y seraient favorables).

Les Français attendent aussi des pouvoirs publics qu’ils se saisissent du sujet : 64 % seraient favorables à la mise en place d’objectifs de couverture de l’actualité de l’Union européenne aux chaînes de télévision et de radios publiques, et la même proportion serait favorable à ce qu’une partie des questions au gouvernement soit consacrée aux questions européennes.

Au final, si les Français se sentent plutôt mal informés à propos de l’actualité européenne, ils semblent en attente d’une valorisation des actions et des politiques européennes. Le manque d’intérêt présumé de la part de la population française ne trouve ici aucun écho et les résultats de cette étude plaident davantage en faveur d’un traitement plus prononcé de l’actualité communautaire. Si les réponses à apporter sont diverses, force est de constater que les Français en attendent autant de la part des journalistes que des pouvoirs publics.

Maïder BEFFA
Rémy BROC