Les attentes des français en matière de soins visuels

« Comment améliorer la prise en charge des patients ? »

L’élargissement des compétences des opticiens formés cliniquement et spécifiquement : l’ambition d’un meilleur accès aux soins visuels

Dans un contexte de mutation profonde du système de santé prévu par le gouvernement actuel, mais également face à des attentes et des besoins en soins optiques de plus en plus importants, l’Association des optométristes de France (AOF) a souhaité dresser un diagnostic des perceptions des Français sur l’ensemble de ces enjeux.

En effet, face au vieillissement de la population et à l’augmentation des troubles de la vision chez les populations les plus jeunes, la pénurie des ophtalmologistes et l’inégal accès aux soins optiques deviennent des enjeux majeurs de santé publique. L’étude menée par Viavoice dresse un double constat clair à ce sujet. Tout d’abord, la population française apparaît comme consciente de l’importance des soins visuels et plutôt satisfaite de la prise en charge par leur médecin spécialiste lorsqu’ils y ont accès. Toutefois, cet accès aux soins visuels est rendu difficile par les délais d’attente encore bien trop importants et plaident en faveur d’une réorganisation de la filière visuelle par un renforcement de la logique de délégation vers des opticiens aux compétence cliniques et spécifiques.

Des Français parfaitement sensibilisés aux soins visuels

L’étude menée auprès des Français montre d’abord que ces derniers restent conscients de l’importance des soins visuels, en témoignent les 76 % qui déclarent avoir consulté ces cinq dernières années un médecin ophtalmologiste. Aussi, les personnes interrogées semblent dépasser les éventuelles contraintes personnelles pour bénéficier de ces soins. Plusieurs indicateurs arguent en ce sens :

–  75 % des Français n’ont jamais renoncé à un rendez-vous chez l’ophtalmologiste car ils pensaient que cela était nécessaire ;

–  De la même manière 73 % des Français n’ont jamais renoncé à une consultation chez leur médecin spécialiste par manque de temps ou de moyens financiers, bien que la question financière reste un obstacle non négligeable pour un tiers des employés (29 %) et des ouvriers français (32 %).

–  Enfin, lorsqu’ils ont accès à leur médecin spécialiste, les Français se déclarent, dans une très large majorité, plutôt « satisfaits » de leur prise en charge (81 %) ainsi que de la durée de la consultation (84 %).

Les délais d’attente : un obstacle persistant à l’accès aux soins visuels pour plus d’un Français sur trois

Bien que la population française semble accorder une importance majeure aux soins optiques, les résultats de l’étudemontrent que l’accès aux médecins ophtalmologistes reste très difficile. Plus encore, les délais d’attente pour avoir un rendez-vous, variant du simple au double selon les territoires, empêchent certains d’accéder à des soins visuels. Les résultats de l’étude expriment clairement ce constat :

– Cette réforme représente, pour ceux qui y adhèrent, un moyen efficace pour « réduire les délais d’attente », pallier la « pénurie des ophtalmologistes » et ainsi « favoriser l’offre de soins sur l’ensemble du territoire ».

Enfin, s’agissant des lieux où ces opticiens exerceraient, les Français citent en premier les « magasins d’optiques » (33 %) preuve que l’obstacle « prescription-vente » n’est pas majoritaire dans l’opinion, mais aussi au sein des « cabinetsd’ophtalmologistes » (28 %) ou en « maisons de santé » (21 %) signes, là encore, que les Français plaident pour une réorganisation de la filière favorisant une entière collaboration de tous ses acteurs.

–  Tout d’abord, 61 % des Français interrogés se déclarent « insatisfaits » des délais d’attente pour avoir un rendez- vous chez l’ophtalmologiste. Plus d’un tiers des répondants (31%) se disent même « très insatisfaits » de ces délaisd’attente.

–  Au-delà du niveau d’insatisfaction, les délais d’attente trop longs constituent un véritable obstacle à l’accès aux soins visuels puisque 38 % des Français affirment avoir déjà renoncé à un rendez-vous chez l’ophtalmologiste du fait de ces délais.

Ces chiffres sont encore plus important pour les tranches d’âge les plus jeunes, ils sont 45 % des 18-24 ans et 47 % des 25-34 ans a voir renoncé à un rendez-vous du fait des délais trop importants.

Ce constat s’applique également et de manière identique aux « populations actives », puisque 43 % des cadres et des ouvriers ainsi que 39 % des employés déclarent avoir déjà renoncé à une consultation pour cette raison.

Des Français favorables à un élargissement des compétences des opticiens formés cliniquement et spécifiquement

En réponse à ce constat, les Français interrogés plaident clairement en faveur d’un élargissement des compétences des opticiens dont la formation serait spécifique et clinique. A ce titre, les résultats sont très clairs :

– Une large majorité des Français (68 %) sont « favorables » à ce projet d’élargissement des compétences des opticiens, dont 18 % qui affirment y être « très favorables » ;

Maïder Beffa
Stewart Chau