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A quinze jours du premier tour des élections régionales.
Souhait massif de victoire en faveur de la gauche.
La droite parviendra-t-elle à déjouer le scénario d’une très large victoire de la
gauche aux élections régionales ?

 Liberation.fr 
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La nouvelle opposition,après les européennes
politique.jpg Les élections européennes auraient-elles recomposé l’opposition de gauche et du centre ? A minima en termes de leadership, les résultats du 7 juin semblent avoir redistribué les cartes : Martine Aubry et François Bayrou apparaissant fragilisés, Daniel Cohn-Bendit s’imposerait-il comme le nouveau porte-parole d’une opposition au sein de laquelle la dynamique écologiste oblitèrerait, notamment, le poids des sensibilités socialistes et centristes ?

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En réalité, le présent sondage réalisé par Viavoice pour Libération révèle que, si des lignes ont bougé, « Dany » est loin de s’être imposé comme le porte-voix privilégié de l’opposition : le jeu est très ouvert autour d’un « sextuor » de porte-paroles : Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Ségolène Royal, Olivier Besancenot, François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit.

Le trio socialiste


Le trio socialiste est celui qui recueille – à quelques points près – les scores les meilleurs. Auprès des sympathisants de gauche et du centre, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Ségolène Royal obtiennent respectivement 16 %, 15 % et 15 % des réponses apportées à la question « à votre avis, qui est désormais le meilleur porte-parole de l’opposition ? ». A noter qu’auprès de l’ensemble des Français, Dominique Strauss-Kahn distance nettement les deux autres leaders (respectivement 20 %, 12 % et 11 %), ce qui s’explique notamment par la popularité plus élevée du président du FMI auprès des sympathisants de droite.

En termes de structures de soutien, ces trois personnalités capitalisent sur des publics très différents. Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal sont soutenus par des publics dont les profils sont quasiment opposés, Martine Aubry recueille le soutien de profils intermédiaires. Auprès de l’ensemble des personnes interrogées :
  • Dominique Strauss-Kahn est soutenu par les « seniors » (28 % des personnes ayant 65 ans et plus, contre 9 % à Ségolène Royal), alors que Ségolène Royal est soutenue par les 18-24 ans (17 %, contre 8 % à Dominique Strauss-Kahn) ;
  • Dominique Strauss-Kahn est soutenu par les « cadres » (27 %, contre 7 % en faveur de Ségolène Royal), alors que Ségolène Royal est soutenue par les employés (19 %, contre 15 % en faveur de Dominique Strauss-Kahn).

Au lendemain du scrutin européen, la prouesse de Martine Aubry est de conserver la confiance de l’opinion pour l’exercice de ses fonctions : 55 % des Français estiment qu’elle doit rester « Première secrétaire du Parti socialiste », et, plus significatif encore pour elle, 63 % des sympathisants socialistes se rangent à cette opinion.


Le trio «non socialiste»

Ce trio socialiste est complété par un autre trio, formé de Olivier Besancenot (14 % auprès des sympathisants de gauche et du centre), François Bayrou (11 %) et Daniel Cohn-Bendit (11 %).
  • Olivier Besancenot, de manière très intéressante, recueille autant de soutiens auprès des cadres (13 %, base « ensemble » de la population interrogée) qu’auprès des ouvriers (14 %) ; en réalité Besancenot est surtout le candidat des jeunes (23 % auprès des 18-24 ans, loin devant Royal à 17 % auprès de ce même public), alors que les seniors l’ignorent (1 % auprès des 65 ans et plus) ;
  • François Bayrou se maintient grâce, notamment, au soutien de ses propres sympathisants, qui ne le renient pas : 80 % d’entre eux estiment que « François Bayrou est toujours légitime pour porter les couleurs du MoDem à la présidentielle » ; en revanche une majorité (relative) de Français pensent l’inverse (47 %), et ce désaveu est massivement alimenté par les défections des sympathisants UMP : près des deux tiers d’entre eux (64 %) pensent que « François Bayrou n’est plus légitime pour porter les couleurs du MoDem à la présidentielle » ; l’auteur d’Abus de pouvoir paie ici, bien évidemment, l’intensité de ses charges antisarkozystes ;
  • Daniel Cohn-Bendit réalise l’exploit de faire jeu égal avec le président du MoDem (11 %) ; il capitalise bien évidemment auprès des sympathisants écologistes mais sans excès (25 %), auprès des sympathisants MoDem (14 %) et socialistes (7 %), mais également, de manière inattendue dans ces proportions, auprès de sympathisants UMP (16 %).

En l’état actuel des choses, cette pluralité conduit une large majorité de sympathisants de gauche (64 %) à plaider pour un rapprochement des sensibilités de la gauche de gouvernement « pour travailler à un retour commun au pouvoir ».


Fort bénéfice de confiance en faveur de l’exécutif

Face à cette opposition polyphonique, à laquelle s’ajoutent par ailleurs bien évidemment les oppositions villéristes et d’extrême-droite, l’exécutif se porte bien. Au lendemain d’élections européennes généralement présentées comme une « victoire » pour le pouvoir, la popularité du président de la République enregistre une hausse de 7 points (à 47 % désormais), et celle de son Premier ministre une progression de 4 points (à 51 %). Concernant la popularité de Nicolas Sarkozy :
  • Les gains sont faibles auprès des sympathisants UMP (91 %, + 3) ou MoDem (41 %, + 3) ;
  • Ils émanent prioritairement des sympathisants de gauche (26 %, + 6) et des personnes sans proximité partisane déclarée (41 %).

Ainsi en termes d’opinion, ces élections auront été bénéfiques pour le chef de l’Etat : elles lui auront permis d’élargir son assise de soutiens, et de retrouver un peu d’oxygène politique auprès de Français politiquement éloignés de sa sensibilité.

Ces élections européennes auront été plus riches d’enseignements que prévu. Elles ont signé, notamment, un vote-sanction à l’encontre du Parti socialiste, qui loin de bénéficier au MoDem comme prévu, s’est reporté en faveur des listes Europe écologie. Ces glissements électoraux n’ont pas, pour autant, installé un nouveau leadership au sein de l’opposition de gauche et du centre. Ils ont certes porté Daniel Cohn-Bendit à la tribune des porte-parole de ce camp, mais sans toutefois ruiner le crédit de Martine Aubry et de François Bayrou. D’une certaine manière, le jeu apparaît plus encore ouvert aujourd’hui, qu’il ne l’était avant le 7 juin.


François Miquet-Marty
Directeur associé
Viavoice

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