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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Baromètre Viavoice-Libération - Octobre 2009
pcf.jpg L'exécutif est désormais confronté à un contexte difficile parce qu'ambivalent. Certains parlent de « sortie de crise », et le Premier ministre peut se prévaloir d'un prévisionnel de récession moins mauvais que prévu pour l'année 2009 (-2,25 %, contre -3 % envisagés). Dans le même temps, de nombreux Français entrent aujourd'hui dans la crise, ne serait-ce qu'en alimentant, mois après mois, les contingents de demandeurs d'emploi.
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Qui plus est, le 23 septembre dernier, la lisibilité de l'intervention télévisée du chef de l'Etat a été contrariée par l'utilisation de la notion de culpabilité concernant Dominique de Villepin. Dans ce contexte tendu, la présentation du budget 2010, mercredi 1er octobre, était une gageure.
Les résultats de cette nouvelle livraison du baromètre Viavoice réalisé pour Libération révèlent que les deux mesures-phares du budget 2010 sont accueillies avec froideur par l'opinion ; en revanche, ces réticences sont partiellement compensées par l'accueil positif réservé à l'extension du RSA aux moins de 25 ans.


L'impopularité des deux mesures-phares du budget 2010

Le Premier ministre a présenté un budget 2010 ordonné autour de deux axes majeurs : l'exigence écologique, et le volontarisme face à la crise ; le premier registre est porté par la « contribution climat-énergie » (ou « taxe carbone », ou encore, selon les termes de François Fillon, « taxe anti-carbone »), et le second est notamment porté par la suppression de la taxe professionnelle, laquelle va réduire la fiscalité qui contrevient jusqu'ici à l'investissement des entreprises. Or, aujourd'hui, ces deux mesures centrales apparaissent impopulaires :
  • Concernant l'axe écologique, 61 % des Français se déclarent « opposés » à la « taxe carbone » (contre 36 % qui s'y déclarent « favorables) ; les sympathisants UMP y sont à peine favorables (à 55 %), et les sympathisants de gauche y sont hostiles (à 65 %), même si, en leur sein, les sympathisants Verts sont partagés (48 % d'approbation, 49 % de désapprobation) ;
  • Concernant le volontarisme économique, 51 % des Français s'affirment « opposés » à la « suppression de la taxe professionnelle » (contre 43 % qui y sont « favorables »). Curieusement, cette mesure n'est pas massivement fédératrice auprès des sympathisants UMP : seulement 59 % d'entre eux soutiennent cette réforme.
Qui plus est, deux autres mesures, récemment présentées, subissent un désaveu auprès de l'opinion :
  • « L'augmentation du forfait hospitalier de 16 à 18 euros » est rejetée par plus des deux tiers des Français (68 %) ;
  • La « taxation des indemnités reçues pour accidents du travail » est elle-même discréditée (56 %), mais selon des proportions moindres à ce que l'ampleur des critiques portées par la gauche aurait pu laisser présager ; les publics qui expriment des soutiens majoritaires à cette taxation sont les agriculteurs, les artisans, les commerçants, les chefs d'entreprise, et les sympathisants d'extrême-droite ; autrement dit les Français les plus volontiers libéraux ou autoritaires.


Le succès du « RSA jeunes »


En revanche, « l'extension du Revenu de Solidarité Active (RSA) aux moins de 25 ans » est massivement appréciée par l'opinion publique : 71 % des Français y sont « favorables », et seulement un quart y sont opposés. Le succès de la démarche s'explique largement parce que la mesure est plébiscitée par des publics qui ne constituent pas les soutiens habituels de l'UMP :
  • Les personnes ayant de 18 à 24 ans, lesquelles sont les premières concernées, souscrivent massivement au dispositif (à 86 %) ;
  • Les sympathisants de gauche y sont également très largement favorables (à 75 %).


L'image fragile de l'exécutif

Dans ce contexte, les deux leaders de l'exécutif souffrent, par rapport à la fin du mois d'août, de discrédits croissants, même si leurs niveaux de popularité demeurent établis sur des scores très honorables après plus de deux années d'exercice du pouvoir, et en période de crise économique :
  • Le chef de l'Etat dispose d'un score de confiance de 44 %, identique à celui enregistré le mois dernier, mais en baisse de 4 points par rapport aux données recueillies fin août ;
  • Le chef du gouvernement dispose d'un niveau de soutien de 46 %, en érosion de deux points par rapport aux données de septembre, et en baisse continue depuis le mois de juin, date à laquelle François Fillon était populaire (51 %).

Ces tendances baissières s'expliquent certes par l'impopularité des mesures citées plus haut ; elles résultent également de :
  • L'hétérogénéité perçue de l'action de l'exécutif : alors que la ligne générale de l'action est moins lisible qu'elle ne l'était il y a un an (discours de Toulon), se succèdent des décisions relevant d'inspirations politiques diverses ; la suppression de la taxe professionnelle est considérée par les Français comme une « mesure de droite » (55 %), alors que la contribution climat énergie est comprise comme n'étant « ni de gauche, ni de droite » (50 %), et alors que l'extension du RSA aux moins de 25 ans est autant assimilée à une « mesure de gauche » (32 %), qu'à une mesure « ni de gauche, ni de droite » (34 %).
  • L'implication médiatique du président de la République sur l'affaire Clearstream ; sans même faire ici référence à l'évocation de la culpabilité de Dominique de Villepin, les Français estiment que « Nicolas Sarkozy a tort de prendre publiquement la parole, il devrait laisser travailler la justice » (69 %), seulement 21 % considérant à l'inverse que « Nicolas Sarkozy a raison de prendre publiquement la parole, c'est aussi une affaire politique ».

Ainsi cet automne politique 2009 se révèle-t-il plus inattendu que prévu. Un an après un discours de Toulon mobilisateur face à la crise, quatre mois après des élections européennes ayant consacré le succès de l'UMP, l'exécutif donne aujourd'hui le sentiment de chercher une ligne directrice pour les années qui viennent. Les Français perçoivent mal le sens général de l'action engagée, et sont en attente d'une orientation globale, succédant à l'acte I (« travailler plus pour gagner plus ») et à l'acte II (l'Etat protecteur face à la crise). Cet acte III, de « sortie de crise », sera d'autant plus décisif qu'il fondera, vraisemblablement, la préparation de la présidentielle de 2012.


François Miquet-Marty
Directeur associé
Viavoice

Télécharger en pdf le Baromètre Viavoice-Libération du 4 Octobre 2009
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