| Baromètre Viavoice-Libération - Août 2009 |
Le présent sondage Viavoice, réalisé pour Libération révèle que :
Trois réponses claires pour la gauche A gauche, trois tendances de fond se dégagent, concernant le nom du Parti socialiste, les alliances, et les questions de leadership. Bien évidemment ces trois tendances ne sont pas exhaustives, et d’autres registres seront abordés prochainement par Viavoice et Libération. Un parti qui doit s’appeler… socialiste Le nom du Parti socialiste est l’un des enjeux de débat. Sur ce point, les Français expriment des opinions largement convergentes : les trois quarts d’entre eux (73 %) estiment que le Parti socialiste « ne doit pas changer de nom ». Et cette conviction culmine à 79 % auprès des sympathisants de gauche, et 86 % auprès des sympathisants socialistes. Ces résultats sont intéressants parce qu’ils signifient que la référence « socialiste » n’est pas épuisée dans l’opinion, que ce soit aux yeux des Français proches de la majorité, ou des sympathisants socialistes eux-mêmes. Des alliances socialistes qui doivent privilégier Europe Ecologie, davantage que le MoDem La question des alliances électorales qui seront contractées par le Parti socialiste évolue pour sa part nettement. Les alliances les plus privilégiées sont celles qui pourraient associer le PS à Europe Ecologie : 64 % des Français pensent que « le Parti socialiste doit passer des alliances avec Europe Ecologie », ainsi que 76 % des sympathisants de gauche, et 78 % des sympathisants socialistes. En revanche, l’idée d’alliances avec le MoDem recueille uniquement l’adhésion de 42 % des Français (43 % des sympathisants de gauche, 52 % des sympathisants socialistes). Et l’hypothèse d’alliances avec « les partis de la gauche antilibérale » obtient des résultats intermédiaires. Ce succès d’un rapprochement électoral PS-Europe Ecologie (qui en l’état actuel des choses n’est pas envisagé par Daniel Cohn-Bendit en vue des régionales) s’explique par cinq facteurs : le poids de l’appartenance à l’écologie politique parmi les Français (désormais, 15 % des personnes interrogées se déclarent proches des Verts), la proximité des préoccupations affichées entre PS et EE (Europe Ecologie affirmant nettement une ambition sociale), l’appartenance d’Europe Ecologie à la famille de la gauche (par différence avec le MoDem), l’image a priori incontournable d’Europe Ecologie à la faveur de ses succès électoraux et médiatiques, et plus globalement l’importance reconnue des enjeux écologiques pour l’avenir de la planète. Le projet doit précéder le leadership La dialectique du « leadership » et du « projet » apparaît tranchée, et de façon très nette par les Français qui s’estiment proches du Parti socialiste et de la gauche : 60 % des sympathisants socialistes (et 58 % des sympathisants de gauche) pensent que « la priorité pour le Parti socialiste » doit être de « travailler sur son projet », et non de « résoudre son problème de leadership » ; les Français dans leur ensemble partagent la même opinion (53 % contre 43 %). Précisément en matière de leadership, les personnalités qui ont le mieux progressé auprès de l’opinion sont :
Exécutif : bon bilan de santé élyséen Face aux décantations à gauche, le chef de l’Etat peut se prévaloir d’un bon « bilan de santé », en termes d’opinion : 48 % des Français ont désormais une opinion « positive » du président de la République, soit un score en hausse de trois points par rapport à celui enregistré le mois dernier. Ce résultat est loin d’être négligeable, près d’un an après l’amplification brutale de la crise économique et financière. Il est surtout l’illustration :
La séquence actuelle apparaît encore aujourd’hui, pour la gauche et la droite, comme déterminée par l’onde de choc des européennes. Mais à gauche, la déroute socialiste de juin ne doit pas occulter les cristallisations à l’œuvre. Ici et là, dans l’opinion, des tendances se dégagent, des débats se tranchent. Nulle raison, pour un socialiste, de danser sur les vestiges des ruines de juin. Mais un préalable indispensable pour repenser, demain, un clivage gauche-droite solide et réarmé, nécessaire au jeu démocratique. François Miquet-Marty Directeur associé Viavoice Télécharger en pdf le Baromètre Viavoice-Libération du 23 Août 2009 |
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