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Baromètre Viavoice - Libération - Janvier 2010 |
 | Forte hausse de popularité en faveur de François Fillon : l’émotion d’un homme, l’idée d’une autre droite.
Le décès brutal de Philippe Séguin a fait place, jeudi 7 et vendredi 8 janvier, à deux journées d’hommages aux qualités de l’homme : son intégrité, ses convictions, son authenticité ont été célébrées. |
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Cet élan national est compréhensible en lui-même, compte tenu du rôle et de l’influence qu’a exercé Philippe Séguin dans la vie politique française. Mais ne révèle-t-il pas bien davantage encore ?
Le présent sondage, réalisé précisément jeudi 7 et vendredi 8, révèle une très forte progression de la popularité de François Fillon. Le Premier ministre n’a pas caché son émotion face au décès de son mentor et ami, et l’on sait la proximité politique qui a longtemps rapproché les deux hommes. Aujourd’hui, tout se passe comme si Philippe Séguin exerçait une influence posthume aussi profonde qu’inattendue : son décès a placé le Premier ministre sous les feux de la rampe en dévoilant sa sensibilité humaine, et a rappelé la possibilité d’une autre droite, alternative au sarkozysme. Et si, désormais, François Fillon tenait les rênes de l’existence idéologique posthume de son mentor, et, partant, de la promesse d’une autre droite?
François Fillon : un gain de popularité d’une rare ampleur
La progression est particulièrement significative : 54 % des Français expriment une « opinion positive » de François Fillon, contre 47 % le mois dernier. Le chef du gouvernement n’avait pas connu un tel score de popularité depuis le discours de Toulon, prononcé par Nicolas Sarkozy face à la crise (septembre 2008). Ce regain actuel de confiance émane de plusieurs publics, parmi lesquels figurent :
- La gauche : 40 % des sympathisants de gauche expriment une opinion « positive » de François Fillon (+ 14 points par rapport aux données recueillies en décembre 2009) ;
- Les ouvriers : 47 % d’entre eux accordent un crédit au Premier ministre (+ 11).
Ces évolutions s’expliquent par un double contexte :
- Un contexte humain : l’émotion exprimée par le Premier ministre face au décès de celui qu’il a désigné comme « l’un des plus grands serviteurs de la France », doublé d’un « ami » qui avait une « passion de la France », a rendu visible la part d’authenticité du chef du gouvernement, et a été de nature à émouvoir et à susciter un élan de compassion ;
- Un contexte politique : l’équation Séguin-Fillon a longtemps été celle d’une convergence de vues autour du « gaullisme social » ; ensemble, Séguin et Fillon ont entendu rassembler la droite ; en 1991, ils se sont opposés au traité de Maastricht. Il est bien évidemment trop tôt pour évaluer l’écho actuel de cette vision au sein de l’opinion, et en particulier au sein de l’opinion de droite, mais il est indéniable que ces deux journées d’hommage à celui qui fut aussi président du RPR, ont rappelé la possibilité d’une autre droite, non-sarkozyste. Qui plus est, les valeurs du gaullisme social, fait d’un Etat fort et d’une attention humaine, peuvent apparaître particulièrement adaptées aux difficultés de la crise économique et sociale que nous traversons.
Désormais, le « second politique Fillon » devance de 10 points, en popularité le chef de l’Etat, lequel s’est fortement exposé et voit son crédit fragilisé par la crise économique et sociale, l’échec du sommet de Copenhague, les critiques adressées au débat sur « l’identité nationale », et la censure, par le Conseil constitutionnel, de la taxe carbone.
François Miquet-Marty Directeur associé Viavoice
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