| Forte recrudescence des inquiétudes sur le pouvoir d’achat |
Si les difficultés liées au pouvoir d’achat ne sont pas nouvelles, elles s’expliquaient essentiellement, au moins depuis le début de la crise, par une absence de progression significative des salaires. Avec l’augmentation du prix des matières premières, et notamment de l’essence, ces inquiétudes se renforcent très fortement au sein de la population française. Cette nouvelle vague de notre baromètre est symptômatique de cette situation :
Inquiétudes sur le pouvoir d’achat Les Français apparaissent désormais massivement inquiets pour leur pouvoir d’achat, et cette inquiétude est en nette progression :
Ces variations très importantes sont significatives de l’incertitude forte qui prévaut au sein de la population, quelle que soit, ’ailleurs, la catégorie socioprofessionnelle envisagée : 55 % des ouvriers anticipent une baisse de pouvoir d’achat, tout comme 56 % des cadres et 62 % des retraités. L’effet « matières premières » Cette recrudescence des inquiétudes s’explique, pour une large part, par des anticipations critiques concernant le prix des biens de consommation courante :
Ce pessimisme s’inscrit dans le contexte des tensions mondiales sur les prix. Si la crise financière avait contribué à une baisse spectaculaire des prix des matières premières, hydrocarbures compris, ceux-ci repartent à la hausse avec une reprise soutenue de la croissance mondiale (4,4 % en 2011 selon le FMI).
La hausse des prix devrait stabiliser le niveau des dépenses mais limiter l’épargne En anticipant une augmentation des prix, les Français devraient stabiliser leurs dépenses pour les mois à venir : l’indice progresse même de 1 point (à 102 points, soit un niveau légèrement au-dessus d’octobre 2010) grâce à la progression des intentions d’achat immobilier. Concrètement 55 % des Français déclarent qu’ils dépenseront autant d’argent que ces derniers mois pour l’alimentation et l’habillement, score en hausse de 2 points. Une stabilisation en valeur malgré la hausse anticipée des prix des produits alimentaires de base. De la même manière, les intentions de dépenses importantes ne fléchissent pas puisque 8 % des personnes interrogées envisagent d’acheter ou de changer de voiture dans les prochains mois (chiffre stable), et 5 % envisagent d’acheter une maison ou un appartement (+1 point). En revanche, les intentions d’épargne s’orientent à la baisse puisque 34 % des Français pensent désormais mettre moins d’argent de côté que ces derniers mois, résultat en hausse de 7 points par rapport aux données enregistrées le mois dernier. Limiter son épargne et maintenir son niveau de consommation : telle semble être la tendance du consommateur français en ce début d’année. Une tendance qui reste donc bénéfique pour la production et la croissance, en dépit des inquiétudes sociales et des risques d’inflation. Télécharger en pdf Le baromêtre des projets des Français du mois de février 2011 |
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