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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Forte recrudescence des inquiétudes sur le pouvoir d’achat
Baromètre de confiance à l’égard des professionnels de santé

Face à l’augmentation du prix des matières premières : forte recrudescence des inquiétudes sur le pouvoir d’achat Inflation et stagnation des salaires : le spectre de la stagflation, qui a hanté l’économie européenne au cours des années 1970 et a été le prélude aux politiques déflationnistes puis à l’euro, revient sur le devant de la scène.

  

Si les difficultés liées au pouvoir d’achat ne sont pas nouvelles, elles s’expliquaient essentiellement, au moins depuis le début de la crise, par une absence de progression significative des salaires. Avec l’augmentation du prix des matières premières, et notamment de l’essence, ces inquiétudes se renforcent très fortement au sein de la population française.

Cette nouvelle vague de notre baromètre est symptômatique de cette situation :

Une majorité de Français anticipent désormais une baisse de leur pouvoir d’achat pour les prochains mois ; cette baisse s’explique notamment par l’augmentation du prix des produits alimentaires, qui est redoutée ;

Dans le même temps, les intentions de dépenses se maintiennent, alors que les intentions d’épargne baissent.

Inquiétudes sur le pouvoir d’achat

Les Français apparaissent désormais massivement inquiets pour leur pouvoir d’achat, et cette inquiétude est en nette progression :

Concrètement, 56 % des interviewés pensent que leur pouvoir d’achat va diminuer dans les trois prochains mois, soit une hausse de 14 points en un mois ;

A l’inverse, ils ne sont plus que 28 % (-14) à anticiper un pourvoir d’achat stable, et 15 % une augmentation (+3).

Ces variations très importantes sont significatives de l’incertitude forte qui prévaut au sein de la population, quelle que soit, ’ailleurs, la catégorie socioprofessionnelle envisagée : 55 % des ouvriers anticipent une baisse de pouvoir d’achat, tout comme 56 % des cadres et 62 % des retraités.

L’effet « matières premières »

Cette recrudescence des inquiétudes s’explique, pour une large part, par des anticipations critiques concernant le prix des biens de consommation courante :

72 % des Français pensent que le prix du pain et de la viande va augmenter dans les prochains mois, 70 % pensent de même pour les fruits et le poisson, et 69 % pour les légumes ;

Ces craintes d’augmentation des prix sont moins fortes pour les produits essentiellement importés (le riz est à 53 %) ou transformés (les sur gelés, 41 %).

Ce pessimisme s’inscrit dans le contexte des tensions mondiales sur les prix. Si la crise financière avait contribué à une baisse spectaculaire des prix des matières premières, hydrocarbures compris, ceux-ci repartent à la hausse avec une reprise soutenue de la croissance mondiale (4,4 % en 2011 selon le FMI).
Et le « printemps arabe » fait craindre une forte augmentation des prix du pétrole, qui a retrouvé ses niveaux de septembre 2008.

Dans un contexte peu propice à l’augmentation des revenus – la « dernière bêtise à faire » selon Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne – cette augmentation des prix crée logiquement de fortes inquiétudes.


Il faudra bien entendu vérifier dans les mois à venir si cette tendance se confirme ou si elle résulte d’une perte de confiance conjoncturelle. En dépit de ces incertitudes macroéconomiques, l’inflation devrait toutefois être, tout au long de l’année 2011, au coeur de la question sociale.

La hausse des prix devrait stabiliser le niveau des dépenses mais limiter l’épargne

En anticipant une augmentation des prix, les Français devraient stabiliser leurs dépenses pour les mois à venir : l’indice progresse même de 1 point (à 102 points, soit un niveau légèrement au-dessus d’octobre 2010) grâce à la progression des intentions d’achat immobilier.

Concrètement 55 % des Français déclarent qu’ils dépenseront autant d’argent que ces derniers mois pour l’alimentation et l’habillement, score en hausse de 2 points. Une stabilisation en valeur malgré la hausse anticipée des prix des produits alimentaires de base.

De la même manière, les intentions de dépenses importantes ne fléchissent pas puisque 8 % des personnes interrogées envisagent d’acheter ou de changer de voiture dans les prochains mois (chiffre stable), et 5 % envisagent d’acheter une maison ou un appartement (+1 point).

En revanche, les intentions d’épargne s’orientent à la baisse puisque 34 % des Français pensent désormais mettre moins d’argent de côté que ces derniers mois, résultat en hausse de 7 points par rapport aux données enregistrées le mois dernier.

Limiter son épargne et maintenir son niveau de consommation : telle semble être la tendance du consommateur français en ce début d’année. Une tendance qui reste donc bénéfique pour la production et la croissance, en dépit des inquiétudes sociales et des risques d’inflation.

Télécharger en pdf Le baromêtre des projets des Français du mois de février 2011Télécharger