
| En ce début d’année 2011, Viavoice, HEC, Le Figaro et France Inter entament la septième année du « Baromètre des cadres ». A cette occasion, l’indice synthétique du moral des cadres s’établit à -30, consacrant ainsi une belle amélioration en regard des données enregistrées depuis l’automne : -46 lors du sondage réalisé en octobre (publication début novembre), -38 en novembre, -34 en décembre. |    |
Au-delà de cette amélioration, le score de « -30 » n’est pas catastrophique et n’est pas caractéristique d’un contexte de crise majeure : Sur les sept années de réalisation du baromètre, la moyenne se situe à -25 ; A titre de comparaison le premier résultat, enregistré début 2004, était de -24.
Ainsi, les résultats enregistrés aujourd’hui apparaissent comme des signes de convalescence après les turbulences particulièrement vives connues l’année dernière en 2010. Et cette tendance positive est d’autant plus solide qu’elle repose sur la conjonction de deux registres : une amélioration des perceptions macroéconomiques, et microéconomiques. Qui plus est l’ensemble se distingue du « Moral des ménages » établi par l’Insee, lequel s’est dégradé d’un point en janvier, à 85. Amélioration des perceptions macroéconomiques En matière de perceptions macroéconomiques, l’amélioration porte prioritairement sur le niveau de vie : 19 % des cadres estiment que « d’ici un an » le « niveau de vie en France » va « s’améliorer », soit une progression de 4 points par rapport au score enregistré en novembre, et de 8 points par rapport à octobre ; en contrepoint, 47 % des cadres anticipent une dégradation, résultat en baisse de 6 points par rapport au chiffre de décembre.
Ces anticipations en matière de niveau de vie s’expliquent notamment par le maintien de la consommation des ménages à des niveaux relativement élevés, particulièrement dans le contexte de la crise : en décembre 2010, le montant des dépenses en produits manufacturés s’élevait à 23 milliards d’euros, contre 22,6 en décembre 2007. Ainsi ces anticipations encourageantes des cadres sont-elles prometteuses puisqu’elles dessinent, sur ce registre de la consommation des ménages, un potentiel pour les mois qui viennent. En revanche en matière d’emploi l’évolution des anticipations est quasiment inexistante (anticipations d’amélioration à 18 %, +1, et de dégradation à 51 %, -1). Ces résultats passables concernant le chômage s’inscrivent dans le contexte des chiffres décevants publiés fin janvier par la Dares : le nombre des demandeurs d'emploi de catégorie A, ceux qui n'exercent pas d'activé réduite, a augmenté en décembre 2010 (+ 1 %, soit 27 100 chômeurs de plus) et sur an (+3 %, soit 80 100 sans emploi supplémentaires). Amélioration des perceptions microéconomiques Les anticipations microéconomiques progressent également : Concrètement, 23 % des cadres (+3) anticipent une amélioration de leur situation financière ; 38 % (+5) estiment que « leurs collaborateurs » sont « motivés » ; 21 % (+2) considèrent pouvoir bénéficier d’ « opportunités » « importantes » pour faire progresser leur « carrière » au cours des mois qui viennent.
Bien évidemment, l’ensemble de ces résultats demeurent minoritaires, et il n’est pas possible, aujourd’hui, de considérer que les cadres ont acquis un optimisme dominant. Pour autant, sur ces trois registres microéconomiques considérés, les scores enregistrés aujourd’hui sont meilleurs que ceux qui ont été obtenus au cours de l’ensemble du second semestre 2010. Ces données microéconomiques sont fondamentales parce que : Elles sont d’autant plus solides qu’issues de la vie quotidienne des intéressés ; Elles confortent la baisse du pessimisme macroéconomique, entrent en résonnance avec lui et peuvent le conforter.
Au bonheur des cadres En dépit des analyses du « blues des cadres », ce sondage livre de plus un enseignement d’optimisme : les cadres sont, pour une large partie d’entre eux, « heureux au travail » : 70 % se déclarent comme tels, contre 29 % d’un avis inverse. Au répertoire des cadres les plus heureux apparaissent : Les cadres du secteur privé : 73 % se déclarent « heureux », contre 65 % des cadres du public ; Les jeunes : 75 % des 18-39 ans se déclarent « heureux » ; Les cadres travaillant dans les TPE.
Les raisons évoquées spontanément de ce « bonheur au travail » sont intéressantes parce qu’elles ont trait d’abord à l’intérêt pour l’activité exercée (46 %) et à la qualité des relations avec les collègues (32 %). En revanche, les cadres volontiers décrits comme matérialistes ou trop individualistes se déclarent bien moins sensibles à la rémunération (18 %, cinquième réponse citée) et à l’autonomie ou à l’exercice de responsabilités (13 %, septième réponse). Ainsi le travail où il fait bon vivre est-il précisément peut-être celui qui conduit à fuir solitude et matérialisme, et qui permet d’exercer un métier (au sens premier, artisanal du terme), en bonne compagnie. Et ces éléments qui contribuent à la motivation concourent, de ce fait, au moral des cadres. Télécharger en pdf le sondage Viavoice - HEC - Le Figaro - France Inter du mois de février 2011 |