| Le Baromètre des cadres - Mai 2009 |
Des cadres solidaires des mouvements sociaux Une majorité de cadres se déclarent solidaires des mouvements sociaux. A propos de la « mobilisation sociale » du Premier mai, 58 % déclarent « soutenir » ces mouvements sociaux, contre 37 % d’un avis opposé. Ce soutien accordé aux mouvements sociaux s’explique prioritairement par l’appui massif émanant de deux catégories de cadres : Les cadres du secteur public : 70 % d’entre eux déclarent soutenir les mouvements sociaux ; Les cadres dont les revenus sont les plus modestes : 72 % des cadres dont le revenu mensuel brut personnel est inférieur à 3 000 € déclarent également soutenir les mouvements sociaux. Ces données décrivent un paysage socio-politique très clivé : Les cadres du secteur public sont non seulement plus proches de la gauche, mais sont également plus sensibles au thème de la défense d’une fonction publique qu’ils estiment menacée par la politique menée par Nicolas Sarkozy ; Les cadres les plus modestes rejoignent, pour partie, les préoccupations et les inquiétudes des salariés en général, notamment à propos du pouvoir d’achat. De nouveaux signaux d’optimisme Cette solidarité des cadres envers les mouvements sociaux ne doit pas conduire à penser que leur état d’esprit poursuit une détérioration. Au contraire, l’indice synthétique du « Moral des cadres » progresse à nouveau pour s’établir désormais à -39 (+ 2 par rapport au mois dernier, +6 par rapport aux données enregistrées il y a deux mois). Ce regain s’explique, pour une large part, par l’amélioration des anticipations en matière de niveau de vie pour la France. La question est importante parce qu’elle porte sur le niveau de vie « d’ici un an », et peut donc être interprétée comme une mesure de sortie de crise : Désormais, 11 % des cadres estiment que « le niveau de vie en France dans l’ensemble » « s’améliorera », contre 6 % en décembre dernier ; Surtout, le phénomène le plus significatif en termes d’évolution est la décrue du pessimisme : aujourd’hui, 57 % des cadres considèrent que le niveau de vie en France va « se détériorer » d’ici an, alors qu’ils étaient 65 % le mois dernier, et 73 % il y a deux mois. Cette évolution est particulièrement manifeste : en deux mois, la part des cadres inquiets s’est réduite de 16 points. Pour expliquer ce moindre pessimisme, les cadres interrogés avancent spontanément trois registres de facteurs : la pertinence des politiques publiques au service de la relance, la possibilité de nouveaux modèles de croissance (« croissance verte »), et la nécessaire existence d’une limite à la récession. Pour autant, bien évidemment, ces bonnes nouvelles s’inscrivent dans un contexte collectif qui demeure particulièrement déprimé : même s’il progresse, l’indice synthétique est très largement négatif, les anticipations en matière d’emploi sont catastrophiques (seulement 3 % des cadres estiment que « dans les mois qui viennent », le nombre de chômeurs en France « va diminuer »), et les anticipations concernant la situation financière personnelle des cadres sont elles-mêmes à leur étiage historique (8 % des cadres pensent que « dans les mois qui viennent », leur situation financière « s’améliorera »). François Miquet-Marty, Viavoice Télécharger en pdf le Baromètre Viavoice du 04 Mai 2009 |
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