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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Le Baromètre des cadres - Octobre 2008
cadres2.jpg La France sera-t-elle touchée ? La crise financière américaine, présentée comme l’une des plus graves turbulences depuis la crise de 1929, nourrit des débats concernant ses effets éventuels sur l’économie française, au cours des mois qui viennent. La France, avance-ton parfois, serai épargnée notamment grâce à une plus faible exposition des banques françaises aux crédits à risques, et grâce aux réserves d’épargne des ménages.

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Néanmoins, cette nouvelle livraison du baromètre des cadres – réalisée dix jours après les crises de Lehman Brothers et d’AIG – offre des éléments de réponse bien plus inquiétants : les cadres voient leur moral chuter brutalement pour atteindre un record de faiblesse, et anticipent un impact très noir de la crise financière américaine sur la conjoncture hexagonale.

Un record de faiblesse du moral des cadres

Etabli sur un score de -38, l’indicateur synthétique du Moral des cadres atteint aujourd’hui son plus bas niveau depuis la création du baromètre, en janvier 2004. Les précédents plus mauvais scores avaient été enregistrés il y a un mois (-30) et à l’automne 2005, lors de la crise des banlieues (-28). En évolution, la rapidité du repli est particulièrement frappante : l’indicateur synthétique subit une baisse de 8 points, soit l’une des plus fortes décrues enregistrées depuis l’élection présidentielle de 2007 ; en outre, le contraste est très important par rapport au résultat exceptionnel du mois de mai 2007 (post-présidentielle) : +1 à l’époque.
Ce mauvais résultat relevé aujourd’hui repose sur deux registres explicatifs :
  • La poursuite de la dégradation des perceptions macro-économiques : seulement 6 % des cadres anticipent une amélioration du niveau de vie en France (-1), et seulement 11 % une amélioration de l’emploi (-1) ;
  • L’apparition d’inquiétudes nouvelles en matière micro-économique : moins d’un cadre sur deux estime désormais que ses «collaborateurs » sont « motivés » (49 %, -3), moins d’un quart anticipe une amélioration de ses « opportunités professionnelles » (23 %, -3), et moins d’un sur sept une amélioration de sa « situation financière » (13 %, -3).

Des anticipations très négatives concernant l’impact de la crise financière américaine

Concrètement, les cadres français apparaissent très inquiets à propos de l’impact anticipé de la crise financière américaine sur la France. La quasi-unanimité d’entre eux (93 %) estime que « l’obtention de prêts bancaires » sera « beaucoup plus difficile ». Et au-delà :
  • La plupart des cadres (84 %) pensent que la crise financière va « ralentir fortement la croissance économique » ;
  • Une large majorité (63 %) estime que cette dernière va « aggraver fortement le déficit public » ;
  • Des inquiétudes apparaissent pour le niveau de vie en France : 62 % des cadres estiment que la crise américaine va « accroître fortement la pauvreté », et 58 % « accroître les prix à la consommation ».
Dans cette perspective, aujourd’hui, seuls 21 % des cadres citent spontanément des éléments « qui leur donnent le plus confiance pour la conjoncture économique. » Et ces inquiétudes sont nourries par la perception anxiogène d’un système irrationnel : « nous vivons dans un système anarchique et de folie », conclut un cadre interrogé. En revanche, l’impact attendu sur le chômage suscite des appréciations plus contrastées : 50 % des cadres anticipent un accroissement fort du chômage, contre 48 % d’un avis inverse.
Il est vrai que :
  • Les inquiétudes en matière d’emploi ont déjà fortement progressé le mois dernier ;
  • Deux facteurs de résistance ont été médiatisés : la perspective de nombreux départs à la retraite, et l’existence de nouveaux gisements d’emplois (aide à la personne) ;
  • L’annonce de 40 000 demandeurs d’emploi supplémentaires à l’ANPE en août a été médiatisée après la réalisation des interviews.
Dans l’ensemble, cette dégradation rapide du moral des cadres est fortement préjudiciable pour l’économie française parce que l’état d’esprit des cadres exerce une influence décisive sur la conjoncture. Après le constat des fragilités propres à la France (taux de croissance faible), après la crise mondiale concernant le cours des matières premières et du pétrole, la crise financière américaine intervient aujourd’hui comme le troisième facteur lourd de ralentissement économique. Les cadres français en ont pris la mesure : nous sommes donc, ce faisant, passés de la sphère financière à celle des perceptions des acteurs placés au coeur de l’économie française ; la conséquence logique doit être celle de difficultés économiques accrues, la crise financière impactant directement sur l’économie réelle. Il peut en retour en naître des turbulences financières nouvelles, selon un cycle vicieux qui s’imposera de longs mois avant d’autoriser, en France, une conjoncture économique et financière positive.

François Miquet-Marty
Viavoice

Télécharger en pdf le sondage Viavoice - HEC - France Inter - Le Figaro - L'Express du 06 octobre 2008 pdf.jpg