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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Le baromètre du contexte social - Septembre 2009
barometre_du_contexte_social.jpg La première vague de notre baromètre du contexte social Viavoice-FSU confirme une mobilisation potentiellement forte en cette rentrée. Sur fond de crise économique et sociale, certaines catégories sont touchées de plein fouet par des problèmes d’emploi ou de pouvoir d’achat, et seraient donc prêtes à se faire entendre sur ces registres.

  Le baromètre du contexte social - Septembre 2009

Ainsi l’insécurité sociale provoquée par la crise pousserait les salariés à défendre d’abord leurs droits, avec des revendications différenciées selon les publics : jeunes en recherche d’emploi, salariés du privé et du public, retraités, etc. Le succès et l’impact des prochains mouvements sociaux dépendra donc de leur efficacité à faire converger ces luttes, mais aussi de la capacité des grands syndicats nationaux à relayer les difficultés et les attentes des salariés.


La forte mobilisation du printemps devrait se poursuivre à l’automne

Sur les six derniers mois, près de 21 % des Français et 27 % de salariés disent avoir participé à au moins un mode d’action collective. 9% de salariés ont participé à une manifestation et 10% ont fait grève. Ramené à l’ensemble de la population, cela correspond à plus de 10 millions de Français et 6 millions de salariés mobilisés sur 6 mois. Ces chiffres relativement hauts confirment l’importance des manifestations de janvier et mars derniers, lorsque près de 3 millions de Français se retrouvaient dans les mouvements unitaires.

Or cette participation ne devrait pas faiblir à l’automne, si l’on en croit les déclarations anticipées des répondants, puisque 21 % des Français et 26 % des salariés comptent encore participer à au moins un mode d’action (ce chiffre pourrait même être plus importants, puisqu’un salarié sur dix n’ose pas encore se prononcer sur sa mobilisation à venir). Par ailleurs, la gravité de la situation sociale et le mutisme du gouvernement pousseraient certaines catégories à des actions plus fortes : alors que les pétitions semblent en recul, le souhait d’occuper un lieu de travail ou un bâtiment public est partagé par 7 % des salariés du public,
contre 3 % seulement ces six derniers mois (idem pour les jeunes de 25 à 34 ans).


Des revendications principalement centrées sur les questions des salaires, de l’emploi et des retraites

L’étude des revendications prioritaires fait ressortir des tendances assez différentes selon les publics, en fonction des divers risques sociaux auxquels ils sont confrontés :
  • Les problèmes d’emploi inquiètent surtout les jeunes de 18 à 24 ans (57%) et les ouvriers (41%, contre 38% des Français) ;
  • La question des retraites mobilisent les seniors (50% des 50-64 ans contre 36% des Français) ;
  • Les employés et les salariés du public sont plus sensibles à la question des salaires et du pouvoir d’achat, même si cette revendication est relativement partagée par toutes les catégories de population (64% des employés, 56% des salariés du public contre 42% des Français).


Des Français globalement très attachés aux services publics, malgré un discours politique défavorable

La satisfaction envers les services publics est forte puisque 67 % des Français s’en disent satisfaits, quelle que soit d’ailleurs leur proximité politique (68 % de satisfaits à gauche, 67 % à droite). Un clivage politique très marqué s’instaure toutefois sur la question des moyens, puisque 57 % des électeurs de droite souhaitent que l’on limite les budgets alloués aux services publics quand 69 % des électeurs de gauche veulent qu’ils augmentent (les électeurs du MoDem également mais dans une moindre mesure avec 58 % pour une augmentation)
En ce qui concerne les services publics prioritaires, la santé et l’éducation arrivent largement en tête, notamment chez les salariés. Toutefois, comme pour les revendications collectives, il existe des priorités spécifiques à certains publics :
  • L’éducation intéresse surtout les cadres (75%) et les 35-49 ans (68%, contre 58% des Français)
  • Le logement est une priorité pour 52% des 25-34 ans et 46% des employés (contre 36% des Français)


Des attentes fortes envers les syndicats

La relation aux syndicats est très liée aux tendances politiques : si en moyenne 45% des Français leur font confiance, ce chiffre monte à 61% chez les électeurs de gauche contre seulement 27% à droite. On observe également que les salariés du public sont traditionnellement plus favorables aux syndicats avec un taux de confiance à 57%.

Quelque soit la confiance qu’on leur accorde, les attentes sont néanmoins toujours fortes envers les syndicats, la priorité étant, pour les salariés, la proximité entre syndicats et salariés (61% la jugent « tout à fait prioritaire », 89% « prioritaire ») et l’unité syndicale (53% tout à fait prioritaire, 84% prioritaire)

La stratégie à adopter face au gouvernement divise davantage les Français : 44% souhaiteraient une opposition plus marquée, et 45% une opposition moins systématique. Le principal clivage sur cette question est politique, mais pas uniquement : les catégories populaires (employés et ouvriers), généralement plus exposées à la crise, sont davantage dans une logique d’affrontement (pour 55% d’entre eux), contre seulement 38% des catégories supérieures.

Ainsi, les difficultés auxquelles seront confrontées des syndicats dans les mois à venir ne sera tant pas de mobiliser les salariés que de répondre à leurs souhaits et à leurs attentes à un moment où l’on attend beaucoup d’eux. Or, maintenir l’unité syndicale et la proximité avec l’ensemble des salariés sera un vrai enjeu dans un contexte de crise qui cristallise des revendications catégorielles et des modes d’actions diversifiés.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice - FSU Septembre 2009
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