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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Le tableau de bord de l'économie Française - Septembre 2009
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Un an après la faillite de Lehman Brothers, le monde et la France semblent mieux se porter. Dans l’hexagone, le CAC 40 s’est désormais rétabli à 3 800 points (le niveau qui était le sien début octobre 2008), le deuxième trimestre a affiché un retour de la croissance, et la consommation des ménages se rétablit.
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Fort de ces signaux encourageants, le Premier ministre a annoncé que le taux de croissance de l’année 2009 serait moins mauvais que prévu.
Pour autant, le tableau révélé par cette nouvelle livraison du baromètre économique réalisé par Viavoice pour l’ACFCI et Les Echos, livre des enseignements bien plus contrastés. Non seulement la France entière ne se rallie pas au scénario de la convalescence, mais, plus
profondément, elle se clive entre deux mondes :
  • Un monde qui s’installe dans la crise et les difficultés financières ;
  • Un monde qui relève la tête, et retrouve des raisons d’espérer.


La France de la crise : intensification des difficultés financières et d’emploi

Désormais, près de la moitié des Français (49 %, -1 point par rapport aux données enregistrées en juillet) et les deux tiers des entreprises (67 %, +3) s’estiment touchés par la crise.

Les Français victimes de la crise sont, d’après leurs propres réponses, confrontés à deux difficultés croissantes :
  • La première difficulté croissante est financière : 85 % estiment que « les prix » de leurs « dépenses courantes ont augmenté », soit une progression de 5 points par rapport aux résultats enregistrés en juillet ; de façon corolaire, 70 % estiment que « les prix » de « dépenses importantes » ont elles-mêmes « augmenté » (+ 4) ; ces perceptions sont intéressantes alors que le taux d’inflation est légèrement négatif depuis le mois de mai (données Insee). Plus largement, 66 % des Français déclarent que leur pouvoir d’achat se détériore, et 47 % comptent toujours dépenser moins dans les prochains mois ; ces difficultés sont notamment liées aux difficultés pour obtenir des prêts bancaires, et aux difficultés en matière d’emploi ;
  • La seconde difficulté croissante, précisément, est celle de l’emploi : 38 % des Français victimes de la crise déclarent connaître des problèmes d’emploi, soit une progression de 5 points par rapport aux résultats du mois de juillet, et 7 points par rapport à ceux du mois de mars. Cette préoccupation affecte massivement les jeunes : 64 % des 18-24 ans s’estimant touchés par la crise reconnaissent des difficultés en matière d’emploi. Et plus généralement, sur ce registre, les Français dans leur ensemble confirment leur pessimisme : seuls 22 % se déclarent « confiants » en matière d’emploi pour l’avenir (-2).

Pour leur part, les dirigeants d’entreprise victimes de la crise déclarent, également, des difficultés financières croissantes, ressenties auprès des clients comme des fournisseurs : 85 % des dirigeants victimes de la crise estiment que leurs clients négocient davantage les prix, score en hausse de 3 points depuis juillet et de 9 points depuis mars. Et une part croissante (40 %, +6) affirment également être confrontés à la hausse des prix des fournisseurs.


La France du retour de la confiance : dynamique des dirigeants d’entreprise

En contrepoint de cette France de la crise émerge une France du retour vers la confiance, qui progresse rapidement auprès des dirigeants d’entreprise : désormais, 38 % d’entre eux déclarent être « confiants » pour la « croissance économique » en France, soit une hausse de 12 points par rapport aux données enregistrées en juillet, et de 21 points par rapport à celles du mois de mars. Ces progressions massives sont décisives, car elles constituent la condition nécessaire, à terme, pour une reprise des investissements et la relance de l’économie « réelle ».

Certes, la confiance des dirigeants d’entreprise en matière d’« emploi » demeure très faible (22 %) mais connaît un gain de 4 points en trois mois, tout comme la confiance concernant la « maîtrise des déficits » (15 %, +3). De même, la confiance des Français en général progresse bien moins vite que celle des dirigeants d’entreprise : désormais, 33 % des Français se déclarent « confiants » pour la « croissance économique », en hausse de 5 points par rapport aux résultats connus en juillet. En conséquence, et pour la première fois depuis la création de ce baromètre, les dirigeants d’entreprise sont plus confiants que les Français pour la croissance économique du pays. Pour le reste, les autres indices demeurent stables et à des niveaux toujours faibles : seulement 30 % des Français sont confiants à propos de la maîtrise de l’inflation, 22 % (-2) en matière d’emploi et 19 % (stable) concernant la maîtrise des déficits.

La forte progression de l’optimisme des dirigeants d’entreprise trouve donc un moindre écho auprès du grand public, et cela favorise des choix différents en matière de politiques publiques. Les dirigeants d’entreprise sont de plus en plus partagés concernant le « rôle de l’Etat dans l’économie » (53 % estiment qu’il devrait être « plus important », -8 points par rapport à juillet) alors que les Français y sont, au contraire, de plus en plus massivement attachés (74 %, +3) : les dirigeants d’entreprise tempèrent leur désir d’interventionnisme, alors que les Français l’intensifient.

Le contexte actuel constitue une véritable gageure pour l’exécutif. A trop relayer le discours d’optimisme auquel une part croissante de dirigeants d’entreprise commencent à adhérer, l’exécutif risque de donner le sentiment d’ignorer la France en difficultés ; à l’inverse, à trop s’attarder sur les difficultés des Français les plus éprouvés, il risque de manquer une dynamique de psychologie collective, propice au retour de la croissance. Pour l’instant, Nicolas Sarkozy et François Fillon semblent osciller entre les deux postures. Il en va, pour partie, de leur propre crédit et de leur propre image alors que s’ouvre le second acte du quinquennat.

François Miquet-Marty, Directeur associé de Viavoice, et Aurélien Preud’homme, Consultant Viavoice


Télécharger en pdf le baromètre d’opinion économique Viavoice, ACFCI, Les Echos, Septembre 2009 pdf.jpg