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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Le tableau de bord de l'économie Française - Septembre 2010
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Embellie économique sur turbulences sociales et crise persistante. L’affaire serait entendue. En cette rentrée 2010, deux ans après la faillite de Lehman Brothers, la France irait résolument mal. Les convulsions sociales persistantes en offriraient le témoignage, sur fond, qui plus est, de débats moraux (affaire Bettencourt, Roms).

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Pour autant, cette actualité anxiogène correspond-elle aux perceptions quotidiennes des entrepreneurs, dans leurs secteurs d’activité ? Cette nouvelle vague du baromètre Viavoice réalisé pour l’ACFCI, Grant Thornton et Les Echos révèle un climat bien plus positif, un printemps économique qui contraste avec la morosité dispensée par les événements d’actualité.

Une perception majoritairement positive des fondamentaux du système

Les scores sont sans appel : les dirigeants d’entreprise expriment une opinion « positive » du « capitalisme » (53 %), de « l’économie de marché » (51 %) et des « grandes entreprises » (51 %).

Ces scores sembleront peut-être aller de soi. En réalité ils traduisent une progression majeure en regard des résultats enregistrés quelques mois après le déclenchement de la crise, en mars 2009 : les perceptions positives ont progressé de 12 points concernant le « capitalisme », de 12 points également concernant « l’économie de marché », et de 12 points encore à propos des « grandes entreprises ».

Une amélioration de la confiance concernant la croissance et l’emploi

Cette perception positive des fondamentaux du système s’explique, pour une large part, par l’amélioration de la confiance concernant la croissance et l’emploi : 

Désormais, 41 % des dirigeants d’entreprise se déclarent « confiants » concernant « la croissance pour les mois qui viennent en France » (+11 points par rapport aux données enregistrées en mai dernier) ; 

De façon complémentaire, 33 % des dirigeants d’entreprises se déclarent « confiants » concernant « l’emploi pour les mois qui viennent en France » (+9 points).

Cette double progression s’explique à la fois par le retour d’une croissance significative au second trimestre, largement médiatisé cet été (+ 0,6 %), et par l’érosion du taux de chômage (- 0,2 points au deuxième semestre 2010, à 9,3%).

Des intentions moins négatives pour les mois qui viennent

Dans ce contexte de confiance en progression, les décisions entrepreneuriales sont moins négatives qu’elles ne l’étaient par le passé :

En matière d’emploi, 7 % des dirigeants d’entreprise envisagent d’effectuer « des licenciements » au « cours des mois qui viennent », soit un repli de 6 points par rapport aux données enregistrées en mai dernier ;
En matière d’investissements, 45 % envisagent de « réduire les investissements » au « cours des mois qui viennent », soit une baisse de 9 points.

En revanche, la persistance vécue et perçue de la crise

En revanche, les dirigeants d’entreprise français s’estiment toujours confrontés à la crise.

En termes de réalité vécue et microéconomique, 63 % des dirigeants considèrent que « leur entreprise » est « directement touchée par la crise économique et financière » ; 

De façon subjective et macroéconomique, 88 % des dirigeants pensent que « la crise économique et financière n’est pas terminée » et, aux yeux d’une large majorité de ces derniers (62 %), l’échéance de sortie de crise ne se situe pas avant 2012.

Face aux déficits publics : l’ampleur du scepticisme

Par ailleurs, et alors que le gouvernement va présenter son plan d’action contre les déficits publics, les dirigeants d’entreprise se révèlent particulièrement sceptiques sur ce registre :

En termes de pronostics, 81 % des dirigeants d’entreprise se déclarent « pas vraiment » ou « pas du tout » (44 %) confiants pour les mois à venir concernant la maîtrise des déficits ; 

En termes de politique fiscales, les dirigeants d’entreprise apparaissent très partagés quant à la capacité de l’exécutif à réduire les déficits publics sans augmentation des prélèvements : 48 % d’entre eux estiment que, « pour redresser les finances publiques de la France », le gouvernement devra « obligatoirement augmenter les impôts ».

Ce mois de septembre 2010 constitue, sur le fond, une séquence encourageante. Certes, les mouvements sociaux se répètent. Certes, la crise est toujours d’actualité. Certes, les déficits publics nourrissent les inquiétudes.

Mais loin des bruits de l’actualité, les dirigeants d’entreprise reprennent progressivement confiance, et leur part d’optimisme retrouvé se traduit, concrètement, par des décisions moins douloureuses pour leurs propres sociétés. Des mesures d’investissements moins restrictives, des stratégies d’emploi moins négatives, voilà aussi ce qui peut nourrir la reprise de demain. A distance des tensions du moment, les dirigeants d’entreprise en France retrouvent pas à pas les couleurs de l’espoir. Cette mutation là est silencieuse ; elle n’en est probablement pas moins féconde.

Télécharger en pdf le baromètre d’opinion économique Viavoice, ACFCI, Grant Thornton, Les Echos, Septembre 2010 pdf.jpg