| Les adolescents et le travail de leurs parents |
Des adolescents très concernés par l'univers professionnel de leurs parents Les adolescents interrogés sont fortement concernés par le travail de leurs parents 1. Ils ont une forte connaissance générale des activités professionnelles de leurs parents : - Les adolescents déclarent savoir « nommer » les activités professionnelles de leurs parents : 92 % déclarent pouvoir le faire à propos de leur père, 94 % à propos de leur mère ; - Plus concrètement, ils « sauraient dire en quelques mots » ce que leurs parents font « au quotidien dans le cadre de leur travail » : 91 % le déclarent à propos du travail de leur mère, et 84 % à propos du travail de leur père; - En outre les adolescents parlent volontiers du travail de leurs parents avec ces derniers : 70 % déclarent parler régulièrement (au moins « plusieurs fois par mois ») du travail de leur mère, et 58 % du travail de leur père. Certes, les jeunes paraissent satisfaits du volume de conversations qu'ils consacrent au travail de leurs parents : 71 % ne souhaitent parler avec leurs parents « ni plus souvent, ni moins souvent » de leurs activités professionnelles. En réalité ce score repose pour une large part sur le désir de se préserver, face à un monde professionnel important et connu, mais qui sera le leur ultérieurement. « Je ne me sens pas encore concerné par la vie active », affirme l'un d'eux ; un autre soutient : « j'aime bien savoir ce qu'ils [mes parents] font mais je ne veux pas entrer dans les détails » ; un troisième remarque : « je fais mes études pour l'instant. » 2. Les adolescents ont, pour la plupart d'entre eux, une expérience pratique des cadres professionnels dans lesquels travaillent leurs parents : - Près de 7 adolescents sur 10 déclarent s'être déj à rendus sur le lieu de travail de leurs parents : 75 % sur le lieu de travail de leur mère, 69 % sur le lieu de travail de leur père ; La plupart ont été familiarisés très tôt : près de deux tiers d'entre eux y sont allés ( 64 % sur le lieu de travail de leur mère, et 65 % sur le lieu de travail de leur père); De même au cours « des douze derniers mois », la plupart se sont rendus sur les lieux de travail de leurs parents : 71 % sont allés sur lieu de travail de leur mère, et 61 % sur celui de leur père ; les raisons invoquées sont très variées, mais elles tiennent souvent à la volonté de « rendre visite » aux parents, de leur « dire bonjour », et parfois de mieux connaître leur environnement professionnel : « il nous a montré ses nouveaux bureaux et le bâtiment est différent des autres, avec une grande cour couverte avec des arbres dedans », explique un adolescent à propos de son père ; une autre rend visite à sa mère sur son lieu de travail « car elle rentre souvent très tard » ; l'ensemble de ces témoignages sont intéressants parce qu'ils révèlent une forte imbrication entre vie professionnelle et vie familiale, volontiers motivée par la volonté de compenser l'absence des parents par des contacts sur le lieu de travail. En revanche et de façon inattendue, les adolescents qui se rendent sur le lieu de travail de leurs parents peinent à se forger un jugement à partir de leur expérience vécue. Une courte majorité rapporte des opinions positives (52 % à propos du lieu de travail de la mère, 54 % à propos de celui du père), mais beaucoup n'ont pas d'opinion (41 %, qu'il s'agisse du lieu de travail de la mère ou du père). Des adolescents sensibles au stress et à la fatigue de leurs parents Environ un adolescent interrogé sur deux apparaît sensible au stress et à la fatigue de ses parents : - 53 % considèrent que l'activité professionnelle de leur père est « stressante, fatigante » (et 18 % « très dure »), alors que seulement 20 % la jugent « épanouissante » ; - 45 % estiment que l'activité professionnelle de leur mère est « stressante, fatigante » (et 10 % « très dure »), alors que seulement 24 % la jugent « épanouissante ». Concrètement, cette notion de « stress et de fatigue » renvoie volontiers à une charge excessive de travail, à des objectifs à atteindre, à une pression, ou à un entourage professionnel peu « sympathique » ; un interviewé estime que sa mère fait « beaucoup d'heures, sans horaires prédéfinis » ; un autre souligne que son père « rentre souvent fatigué », et qu'il a « peu de temps sur lui-même » ; un troisième évoque, à propos de sa mère, « le temps que son activité professionnelle lui prend sur le temps qu'elle doit passer aux tâches ménagères à la maison ». Au-del à, bien évidemment, l'expérience ou le souvenir du chômage des parents apparaissent particulièrement douloureuses pour les adolescents, qui citent volontiers les mots de « peur », de « tristesse », d'« écœurement » ou d'« angoisse ». Arnaud Zegierman Directeur associé Viavoice Télécharger en pdf le Sondage Viavoice - Les adolescents et le travail de leurs parents |
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