| Le Parti socialiste, du vote sur les motions au congrès de Reims |
La crédibilité de Ségolène Royal Pour l’opinion, l’hypothèse d’un leadership Royal au Parti socialiste n’est pas illégitime. Sachant que « au PS, la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête avec 29 % des voix », 51 % des Français estiment que la candidate à la présidentielle ferait un «bon» «Premier secrétaire pour le Parti socialiste ». Auprès des sympathisants de gauche, cette opinion est partagée par 64 % des personnes interrogées, et, plus précisément encore, par 73 % des sympathisants socialistes. Au-delà de la sensibilité politique des répondants, les catégories sociales de soutien en faveur de Ségolène Royal sont bien identifiées. Ce sont en priorité les ouvriers (60 % d’entre eux pensent que Ségolène Royal ferait un « bon»«Premier secrétaire »), et les employés (55 %) ; en revanche seulement 36 % des cadres partagent cette opinion. Parmi les facteurs explicatifs de son résultat, la présidente de la Région Poitou-Charentes peut se prévaloir de sa force critique à l’encontre de Nicolas Sarkozy, de son image de renouveau (y compris par son style personnel), de son implication face à la crise économique et financière, et de ses stratégies en interne : décision de mettre ses ambitions entre parenthèses pour le poste de Premier secrétaire, et soutiens auprès des fédérations du Rhône (Gérard Collomb) et des Bouches-du-Rhône (Jean-Noël Guérini). Le discrédit du Parti socialiste Pour sa part, le Parti socialiste aura encore abîmé son image au cours de la préparation du Congrès de Reims : 55 % des Français estiment que, pendant cette « campagne interne », le Parti socialiste aura « donné une image » «négative » de lui-même (contre 30 % d’un avis inverse). Et plus inquiétant, ce désaveu est porté par les sympathisants socialistes : à cette même question, 50% se montrent critiques à l’égard de ce parti dont ils se sentent proches, et seulement 40 % sont positifs. Le Parti socialiste souffre bien évidemment ici de l’affichage de ses rivalités internes, que le jeu démocratique des motions et des leaders (le Premier secrétaire sera élu le 20 novembre) aura exacerbées. Sur le fond, ces résultats témoignent des difficultés que va rencontrer le futur leader du PS (quel qu’il soit), en dirigeant une organisation qui risque en l’état de ternir sa propre image ; c’est donc, pour le parti comme pour son futur dirigeant, une obligation de rénovation qui s’impose. François Hollande, quittant les fonctions qu’il exerçait depuis 1997, recueille un jugement tempéré auprès de l’opinion : 50 % des Français considèrent qu’il aura été un « bon » Premier secrétaire, contre 45 % d’un avis inverse. En dépit des présidentielles perdues et des rivalités internes, on lui sait gré d’être parvenu à faire cohabiter des sensibilités et des personnalités souvent antagonistes, voire antinomiques. Certes, à son crédit, les deux tiers des sympathisants socialistes (67 %) émettent un jugement positif, mais seulement 9 % d’entre eux estiment qu’il aura été un « très » bon Premier secrétaire. Un regain de confiance majeur en faveur de l’exécutif En contrepoint, l’exécutif retrouve les faveurs d’une large partie de l’opinion : Nicolas Sarkozy et François Fillon bénéficient désormais de la confiance de près d’un Français sur deux : 48 % en ce qui concerne le chef de l’Etat (+ 8 points par rapport au mois dernier), et 54 % en ce qui concerne le chef du gouvernement (+9). Ces progressions massives apparaissent a priori paradoxales, alors que l’économie française connaît des difficultés croissantes, sur le plan financier, et en matière de croissance et d’emploi. Elles émanent, concrètement, de la plupart des catégories politiques. Le président de la République enregistre des progressions auprès des sympathisants de gauche (29 %, + 10), Modem (46 %, + 11), UMP (93 %, + 6), et des personnes sans proximité partisane déclarée (44%, + 8) ; le Premier ministre bénéficie d’évolutions comparables auprès des sympathisants de gauche (35 %, +9), Modem (59 %, + 13), UMP (91 %, + 6) et sans proximité partisane déclarée (47 %, + 4). Ces scores sont la traduction d’une image de moins en moins polarisée, de plus en plus fédératrice des différentes sensibilités politiques en France. Ils s’expliquent par :
François Miquet-Marty Viavoice Télécharger en pdf l'analyse du 9 novembre 2008 |
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