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Le Parti socialiste a déjà connu plusieurs «années zéro», périodes de naissance ou de renaissance sur un champ de ruines.
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Le Parti socialiste, du vote sur les motions au congrès de Reims
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Le résultat du vote des adhérents au Parti socialiste, le jeudi 6 novembre, a révélé plusieurs surprises : le fait que la motion soutenue par Ségolène Royal soit placée en tête (29 %), le fait que la motion Delanoë soit en  deuxième place (25 %) en dépit du soutien de François Hollande, les bons scores obtenus par les motions Aubry (25 %) et, surtout, Hamon (19 %).
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En vue du congrès de Reims qui doit établir un axe majoritaire sur ces bases, l’équation est particulièrement complexe : la motion la mieux placée doit construire des alliances solides, mais elle souffre pour cela d’une légitimité fragile (en raison de la faiblesse du nombre de points qui la séparent de ses concurrentes), et d’un leader contesté. Face à ces jeux internes, l’opinion publique accorde du crédit à Ségolène Royal, mais souligne la mauvaise image donnée par le Parti socialiste.

La crédibilité de Ségolène Royal
Pour l’opinion, l’hypothèse d’un leadership Royal au Parti socialiste n’est pas illégitime. Sachant que « au PS, la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête avec 29 % des voix », 51 % des Français estiment que la candidate à la présidentielle ferait un «bon» «Premier secrétaire pour le Parti socialiste ». Auprès des sympathisants de gauche, cette opinion est partagée par 64 % des personnes interrogées, et, plus précisément encore, par 73 % des sympathisants socialistes.
Au-delà de la sensibilité politique des répondants, les catégories sociales de soutien en faveur de Ségolène Royal sont bien identifiées. Ce sont en priorité les ouvriers (60 % d’entre eux pensent que Ségolène Royal ferait un « bon»«Premier secrétaire »), et les employés (55 %) ; en revanche seulement 36 % des cadres partagent cette opinion. Parmi les facteurs explicatifs de son résultat, la présidente de la Région Poitou-Charentes peut se prévaloir de sa force critique à l’encontre de Nicolas Sarkozy, de son image de renouveau (y compris par son style personnel), de son implication face à la crise économique et financière, et de ses stratégies en interne : décision de mettre ses ambitions entre parenthèses pour le poste de Premier secrétaire, et soutiens auprès des fédérations du Rhône (Gérard Collomb) et des Bouches-du-Rhône (Jean-Noël Guérini).

Le discrédit du Parti socialiste
Pour sa part, le Parti socialiste aura encore abîmé son image au cours de la préparation du Congrès de Reims : 55 % des Français estiment que, pendant cette « campagne interne », le Parti socialiste aura « donné une image » «négative » de lui-même (contre 30 % d’un avis inverse). Et plus inquiétant, ce désaveu est porté par les sympathisants socialistes : à cette même question, 50% se montrent critiques à l’égard de ce parti dont ils se sentent proches, et seulement 40 % sont positifs. Le Parti socialiste souffre bien évidemment ici de l’affichage de ses rivalités internes, que le jeu démocratique des motions et des leaders (le Premier secrétaire sera élu le 20 novembre) aura exacerbées. Sur le fond, ces résultats témoignent des difficultés que va rencontrer le futur leader du PS (quel qu’il soit), en dirigeant une organisation qui risque en l’état de ternir sa propre image ; c’est donc, pour le parti comme pour son futur dirigeant, une obligation de rénovation qui s’impose.
François Hollande, quittant les fonctions qu’il exerçait depuis 1997, recueille un jugement tempéré auprès de l’opinion : 50 % des Français considèrent qu’il aura été un « bon » Premier secrétaire, contre 45 % d’un avis inverse. En dépit des présidentielles perdues et des rivalités internes, on lui sait gré d’être parvenu à faire cohabiter des sensibilités et des personnalités souvent antagonistes, voire antinomiques. Certes, à son crédit, les deux tiers des sympathisants socialistes (67 %) émettent un jugement positif, mais seulement 9 % d’entre eux estiment qu’il aura été un « très » bon Premier secrétaire.

Un regain de confiance majeur en faveur de l’exécutif
En contrepoint, l’exécutif retrouve les faveurs d’une large partie de l’opinion : Nicolas Sarkozy et François Fillon bénéficient désormais de la confiance de près d’un Français sur deux : 48 % en ce qui concerne le chef de l’Etat (+ 8 points par rapport au mois dernier), et 54 % en ce qui concerne le chef du gouvernement (+9).
Ces progressions massives apparaissent a priori paradoxales, alors que l’économie française connaît des difficultés croissantes, sur le plan financier, et en matière de croissance et d’emploi. Elles émanent, concrètement, de la plupart des catégories politiques. Le président de la République enregistre des progressions auprès des sympathisants de gauche (29 %, + 10), Modem (46 %, + 11), UMP (93 %, + 6), et des personnes sans proximité partisane déclarée (44%, + 8) ; le Premier ministre bénéficie d’évolutions comparables auprès des sympathisants de gauche (35 %, +9), Modem (59 %, + 13), UMP (91 %, + 6) et sans proximité partisane déclarée (47 %, + 4). Ces scores sont la traduction d’une image de moins en moins polarisée, de plus en plus fédératrice des différentes sensibilités politiques en France. Ils s’expliquent par :
  • La détermination de l’exécutif face à la crise économique et financière ;
  • Les succès internationaux du chef de l’Etat, notamment concernant la tenue du G20 le 15 novembre ; ces succès ont affirmé l’influence française sur la scène internationale ;
  • Les mesures qui, dans le cadre national, sont de nature à rassurer l’opinion face à la crise : soutien au crédit et au secteur bancaire, création d’un fonds public d’investissement (et prise de participation au sein des ex-Chantiers de l’Atlantique), plan d’aide aux PME, sanctions annoncées par François Fillon à l’encontre des banques qui ne faciliteraient pas le financement aux entreprises (intervention télévisée du 3 novembre) ;
  • La volonté présidentielle de mieux réguler le capitalisme, et l’interventionnisme de l’exécutif, lesquels recueillent l’adhésion d’une partie de la gauche.

François Miquet-Marty
Viavoice

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