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L’identité de la gauche - Typologie des familles de la gauche
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Sur la base de l’enquête «L’identité de la gauche», réalisée du 22 au 27 septembre 2008, l’institut Viavoice a réalisé pour Libération une typologie des familles de la gauche.
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Cette typologie a été conduite auprès des  personnes se déclarant de gauche. Au sein de cet ensemble, ont été identifiés les groupes les plus homogènes, caractérisés par des visions communes de la société, de l’économie et de la politique. Ce travail a conduit à la mise en évidence de quatre familles de la gauche :
  • La « gauche sociale-démocrate » qui représentent 27 %;
  • La « gauche anticapitaliste », 25 %;
  • La « gauche sociale-républicaine », 24 %;
  • La « contre-gauche », 24 %.
Première famille : la gauche « sociale-démocrate » (27 %)
Dite la gauche « réaliste », cette première famille qui se déclare « plutôt » à gauche rassemble les catégories sociales moyennes et supérieures autour notamment de préoccupations liées à la croissance économique, la construction européenne, la santé et la réforme de l’Etat (équilibre des dépenses publiques, efficacité du service public, désengagement de l’Etat dans certains domaines…). Elle juge que le clivage gauche-droite est dépassé et souhaite pour l’avenir de la gauche une ouverture au centre. D’ailleurs, ses références idéologiques mêlent à la fois économie de marché, social-démocratie et réformisme.
Cette famille accorde encore une confiance forte aux socialistes pour faire des propositions et pour se préoccuper des conditions de vie des Français. En revanche, les « sociaux-démocrates » sont plus pessimistes que les autres familles sur un éventuel retour de la gauche au pouvoir notamment en raison des divisions internes. Enfin, les trois leaders politiques les plus associés à cette tendance sont Martine Aubry et dans une plus large mesure Bertrand Delanoë ainsi que Dominique Strauss-Kahn.

Deuxième famille : la gauche « anticapitaliste » (25 %)
Traditionnellement positionné « très à gauche », ce groupe trouve ses fondements idéologiques autour de l’anticapitalisme et de l’alter-mondialisme, illustrant ainsi sa dénonciation de l’économie de marché et du libéralisme économique. En pratique, les membres de cette famille souhaitent un Etat puissant : faire payer les entreprises qui font des profits quand elles licencient, éviter le développement des organismes privés en matière de protection sociale. Ce groupe voit l’avenir de la gauche dans l’ouverture vers les antilibéraux et croit encore avec ferveur au clivage gauche-droite. Olivier Besancenot est largement désigné comme le représentant naturel de cette frange de la gauche, mais José Bové et Marie-George Buffet y trouvent aussi leur place.

Troisième famille : la gauche « sociale-républicaine » (24 %)
Proche idéologiquement de la famille « sociale-démocrate » sur certains points tels que l’ouverture au centre et le réformisme, la gauche «sociale-républicaine» se recentre sur les fondamentaux du socialisme : égalité des chances, éducation, laïcité, lutte contre la précarité. Dans la lignée du positionnement de Lionel Jospin, cette tendance de la gauche fonde son ancrage politique sur des valeurs républicaines et sur la valorisation d’un Etat interventionniste (réguler la mondialisation) et responsable (réforme de l’Etat). D’ailleurs, à l’opposé des sociaux-démocrates, le clivage gauche-droite est plus que jamais d’actualité pour cette famille. Concernant leurs représentants politiques, François Hollande est plus associé à ce groupe qu’aux autres.

Quatrième famille : la « contre-gauche » (24 %)
La « contre-gauche » est la plus atypique des quatre familles. Sa particularité est de situer en retrait par rapport aux références usuelles de la gauche, tout en se déclarant « de gauche ». Concrètement la « contre-gauche » :
  • Est plus distante que les autres familles de la gauche à l’égard des idéologies, et leurs membres se déclarent éloignés des valeurs que constituent l’anticapitalisme, le socialisme, la social-démocratie, la laïcité et le réformisme ;
  • N’appelle pas à l’intervention de l’Etat, au contraire : les membres de la « contre-gauche » sont les plus favorables aux baisses d’impôt et à la réduction des dépenses publiques, au développement des organismes privés en matière de protection sociale, au développement de la productivité dans l’administration et au sein de la gauche ;
  • Sont les plus nombreux à être sensibles à la question de l’insécurité et de l’immigration.
Les membres de ce groupe ont une vision très pragmatique et recentrée sur leur vie et leur quotidien ; ils se situent prioritairement « plutôt à gauche » et « à gauche », mais rejettent la notion de clivage politique gauche-droite. Ils expriment un malaise engendré selon eux par une absence de réponse politique. Sociologiquement, il sont plus que les autres, des ouvriers ou des employés, des salariés du secteur privé. Leur appartenance déclarée à la gauche – contradictoire en apparence – s’inscrit précisément dans le contexte de la dimension contestataire qui les anime (refus des puissants, des idéologies dominantes, de l’Etat). Cette famille, politiquement la plus mobile et électoralement la plus décisive, est aujourd’hui la moins critique quant à l’action de Nicolas Sarkozy. C’est bien cet électorat, qui peut basculer d’un camp à l’autre s’ils se sent incompris, que Ségolène Royal avait essayé de capter en 2007 et qu’elle cherche à reconquérir. Elle est d’ailleurs la mieux placée à gauche selon les données recueillies pour fédérer cette famille.

Viavoice

Télécharger en pdf la typologie des gauches du 27 octobre 2008
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