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Quelle est aujourd’hui la condition des salariés-parents en France, et
quelles sont les attentes de ces derniers à l’égard des entreprises ou
des organismes dans lesquels ils travaillent ?
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Alors que la crise économique réduit souvent l’attention sur les enjeux
liés au pouvoir d’achat, l’articulation entre vie professionnelle et
vie familiale apparaît également décisive parce qu’elle concerne les
deux registres essentiels du quotidien, parce qu’elle impose une
obligation de résultats (professionnels et familiaux), et parce qu’elle
implique d’autres que soi, au travail ou à la maison.
La présente étude, réalisée par Viavoice pour l’Observatoire de la
parentalité en entreprise, en partenariat avec la Délégation
interministérielle à la famille et l’Union nationale des associations
familiales, révèle que :
- Aux yeux des salariés-parents, les entreprises ne
s’impliquent pas suffisamment pour aider à concilier vie
professionnelle et vie familiale ;
- En conséquence les salariés-parents assurent eux-mêmes la
recherche d’une conciliation, dont ils s’estiment majoritairement
satisfaits ;
- En termes de solutions concrètes de la part des employeurs,
ils attendent prioritairement des dispositifs financiers, et plus
profondément un accompagnement professionnel tout au long de la vie
familiale, pouvant conduire à repenser le rôle de l’entreprise.
L’insuffisante implication des entreprises
Dans leur majorité, les salariés-parents interrogés déplorent
insuffisante l’implication des entreprises ou des organismes dans
lesquels ils travaillent :
- 72 % considèrent que pour les « aider en tant que
salarié-parent », l’entreprise ou l’organisme dans lequel ils
travaillent « ne fait pas beaucoup de choses » ; ce sentiment est
corroboré par la faible proportion d’entreprises ou d’organismes ayant
mis en place des mesures concrètes : aucune des mesures testées
n’existe dans plus de 42 % des entreprises ou organismes ;
- Ces jugements négatifs ne sont pas véritablement corrigés
par l’implication de l’encadrement hiérarchique proche : 62 % des
personnes interrogées estiment que leur « supérieur hiérarchique direct
» ne « fait pas beaucoup de choses » pour les aider sur ce registre ;
- En outre, 47 % des salariés-parents ne s’estiment pas
écoutés pas écoutés sur ce sujet par l’entreprise ou l’organisme dans
lequel ils travaillent.
Ces taux élevés d’insatisfaction sont d’autant plus significatifs que
les salariés-parents accordent une forte importance à ces enjeux :
97 % d’entre eux affirment que l’équilibre entre « vie professionnelle
et vie familiale » constitue un « sujet de préoccupation »
« important », et 64 % un sujet « très important ».
Des salariés-parents satisfaits de leur propres modes de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale
Ce contexte de faible implication des entreprises conduit les
salariés-parents à imaginer par eux-mêmes des solutions, jugées
satisfaisantes : une très large majorité (76 %) se déclarent satisfaits
de la façon dont, personnellement, ils concilient « vie professionnelle
et vie familiale ».
De façon singulière, cette satisfaction est peu différenciée en fonction de la situation réelle vécue par les salariés-parents :
- Les hommes sont sensiblement plus « satisfaits », mais sans clivage majeur par rapport aux femmes (77 % contre 73 %) ;
- Le nombre d’enfants apparaît comme un facteur peu
discriminant : 76 % des salariés-parents ayant un enfant se déclarent «
satisfaits », contre 73 % des salariés-parents ayant 3 enfants ;
- De même concernant l’âge des enfants : 72 % des
salariés-parents ayant un enfant de moins de 3 ans sont satisfaits,
contre 73 % de ceux qui ont un enfant ayant entre 13 et 17 ans ;
- 75 % des cadres se déclarent « satisfaits », contre 71 % des ouvriers ;
- 75 % des salariés-parents en mono-parentalité, contre 76 % de ceux qui vivent en couple.
L’un des décalages les plus significatifs concerne le temps de travail : 83 % des salariés-parents à temps partiel se disent
« satisfaits », contre 75 % des salariés à temps complet.
Cette relative homogénéité des scores de satisfaction s’explique notamment par :
- Des aménagements personnels du temps de travail (21 %) ;
- L’existence de professions qui permettent d’ aménager les horaires aux rythmes scolaires (19 %) ;
- L’existence d’entreprises conciliantes (12 %) ;
- Des efforts personnels (12 %).
Le souhait prioritaire de dispositifs financiers
Au palmarès global des mesures attendues, les salariés-parents
privilégient les aides financières. Concrètement les trois premières
solutions souhaitées sont :
- Des aides au financement de la scolarité et des études ;
- Des mutuelles avantageuses pour les familles ;
- Des participations aux frais de garde des enfants.
Le caractère matériel de ces attentes est compréhensible d’une part en
raison des contraintes budgétaires qui pèsent sur les salariés-parents,
et d’autre part en raison du contexte général de crise économique
actuelle, et de tensions perçues sur le pouvoir d’achat.
Le souhait plus profond d’un accompagnement professionnel tout au long de la vie familiale
Néanmoins, lorsque l’interrogation porte, de façon plus contextualisée,
sur chacun des registres de la conciliation entre vie professionnelle
et vie familiale, les salariés-parents expriment des attentes plus
profondes : ils souhaitent un accompagnement professionnel tout au long
de la vie familiale, plus que des mesures ponctuelles :
- En termes de services, les salariés-parents sont davantage
demandeurs d’aides régulières à l’organisation de la vie quotidienne («
travaux à domicile, pressing » : 32 % ; « solutions permanentes de
garde des enfants » : 29 %) que de dispositifs ponctuels (« accès à des
spécialistes de l’éducation et de la famille » : 11 %) ;
- En termes d’aides financières, ils privilégient les soutiens
durables (« mutuelles avantageuses pour les familles » : 31 %), sur les
soutiens plus ponctuels (« prime à la naissance ou pour d’autres
événements familiaux » : 7 %) ;
- En termes d’organisation du travail, ils sont plus attachés
à des règles permanentes (« travail à domicile et télétravail » : 25 %
; limitation des réunions « tôt le matin ou tard le soir » : 23 %) qu’à
des dispositifs occasionnels (« congés familiaux rémunérés » : 19 %,
congés parentaux : 12 %) ;
- En termes d’organisation professionnelle interne, ils
préfèrent une révision globale des processus de gestion RH (une «
gestion des ressources humaines moins discriminante pour les
salariés-parents » : 29 %), plutôt que des « temps d’échange » lors des
entretiens annuels, sur les enjeux de la conciliation vie
professionnelle – vie familiale (21 %).
Ainsi les salariés-parents accordent-ils une préférence à des
évolutions de fond, qui conduisent à adapter de façon systématique les
équilibres entre vie professionnelle et vie familiale. A ce titre, ils
invitent à redéfinir le rôle des entreprises ou des organismes publics,
en regard de la vie familiale.
Viavoice
Télécharger en pdf l'étude Viavoice
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