| Strauss-Kahn : sacre d’opinion et fragilités d’image |
Le présent sondage, réalisé par Viavoice pour Libération, révèle en faveur de Dominique Strauss-Kahn un sacre d’opinion remarquable, et simultanément de singulières fragilités d’image. Dominique Strauss-Kahn : un sacre d’opinion Dominique Strauss-Kahn bénéficie d’un sacre d’opinion. En termes de crédibilité face au candidat de la droite, il devance là encore nettement ses partenaires socialistes : 49 % des Français estiment que Dominique Strauss-Kahn serait « le meilleur pour battre la droite en 2012 », contre 13 % (à égalité) pour Martine Aubry et Ségolène Royal. Enfin, sa stratégie du silence est acceptée : une nette majorité de Français, de sympathisants de gauche et de sympathisants socialistes (57 % dans les trois cas) préfèrent que « Dominique Strauss-Kahn conserve encore son silence, il a tout le temps de choisir ». Et moins de 40 % souhaitent qu’il « sorte maintenant de son silence et dise rapidement s’il veut être candidat à la présidence de la République ». Les raisons du succès se lisent, pour une large part, à l’univers sémantique associé à l’image de Dominique Strauss-Kahn. Interrogés sur « les mots qui correspondent le mieux à Dominique Strauss-Kahn », les Français citent en priorité « compétence » (30 %) puis international (22 %). Pour l’essentiel, les sympathisants socialistes font de même (33 % et 23 %). La compétence économique de Dominique Strauss-Kahn, son rôle international sont particulièrement prépondérants dans le contexte de la crise économique et financière internationale. Ces dernières semaines, la crise irlandaise, les turbulences sur l’euro et, en interne, la concurrence perçue comme renaissante entre Martine Aubry et Ségolène Royal, jouent en faveur du Directeur général du FMI. Dominique Strauss-Kahn : des fragilités d’image Pour autant, Dominique Strauss-Kahn connaît également des fragilités d’image. La première se lit précisément à l’univers sémantique associé à son image. Les notions que l’on pourrait traditionnellement attendre d’un présidentiable de gauche apparaissent singulièrement peu citées :
A cette aune, les sympathisants d’extrême gauche apparaissent particulièrement sévères : aux yeux des sympathisants NPA, c’est la notion d’« argent » qui correspond le mieux à l’image qu’ils se font de Dominique Strauss-Kahn. De façon complémentaire, l’univers professionnel de Dominique Strauss-Kahn apparaît plutôt comme un vecteur d’éloignement par rapport aux préoccupations des Français : une majorité relative d’interviewés (47 %) estiment que cette proximité par rapport au « monde économique et financier international » « éloigne surtout » DSK des « préoccupations des Français », alors que 41 % pensent que « cela lui permet surtout de trouver des solutions aux problèmes des Français ». Progressions de Nicolas Sarkozy, François Fillon et François Bayrou A droite, Nicolas Sarkozy et François Fillon enregistrent des regains de confiance, respectivement à 35 % (+3) et 50 % (+ 3 également). Ces données, qui s’inscrivent au lendemain du remaniement annoncé le 14 novembre, consacrent surtout la fin des turbulences liées au mouvement des retraites, et l’implication de l’exécutif sur une nouvelle séquence présentée par le président de la République lors de son intervention télévisée. Au centre, François Bayrou connaît une forte progression de popularité, à 38 % (+8 points). Cette évolution s’inscrit non seulement dans le contexte de la relance des concurrences présidentielles socialistes, mais également après l’affirmation des dissidences du centre droit par rapport à Nicolas Sarkozy (Borloo, Morin, Raffarin) lesquelles, paradoxalement, peuvent conforter la « différence centriste » incarnée par François Bayrou. Conclusion. Strauss : l’évidence et le pari Dans ce contexte, une candidature de Dominique Strauss-Kahn se révèle, de façon ambivalente, comme une évidence et un pari :
Les positions comparées de Dominique Strauss-Kahn avec le candidat de la droite, les mutations idéologiques de l’opinion, le jeu des primaires et de la campagne présidentielle pourront faire évoluer l’importance relative de ces paramètres. Quoi qu’il en soit, entre évidence et pari s’ordonne une large part des scénarios de candidature ou de non candidature DSK. Télécharger en pdf le Sondage Viavoice - Libération de Décembre2010 |
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