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Homogénéisation de la gauche

A un an de la présidentielle de 2012, l’identité idéologique des gauches françaises est fondamentale car elle détermine, pour une large part, les chances d’un candidat de second tour à fédérer, ou non, une diversité de courants que toute l’histoire des gauches distingue, depuis le début du vingtième siècle.
Sur ce registre la présente étude, réalisée par Viavoice pour Libération, révèle que les gauches françaises connaissent aujourd’hui un phénomène majeur d’homogénéisation :
- Des références communes s’affirment ;
- Les grandes familles idéologiques s’effacent.

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Strauss-Kahn : sacre d’opinion et fragilités d’image
executif.jpgDominique Strauss-Kahn sera-t-il candidat à l’élection présidentielle ? Alors que Ségolène Royal vient d’annoncer sa candidature aux primaires (mardi 30 novembre), après Arnaud Montebourg (samedi 20 novembre), alors que Martine Aubry clôt la Convention socialiste sur l’égalité réelle et dessine un projet pour l’avenir (samedi 11 décembre), alors que François Hollande et Manuel Valls poursuivent leur précampagne, la stratégie de Dominique Strauss-Kahn demeure une énigme entretenue.
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Le présent sondage, réalisé par Viavoice pour Libération, révèle en faveur de Dominique Strauss-Kahn un sacre d’opinion remarquable, et simultanément de singulières fragilités d’image.

 Dominique Strauss-Kahn : un sacre d’opinion

Dominique Strauss-Kahn bénéficie d’un sacre d’opinion.
En termes de popularité il recueille 61 % d’opinions positives, score en soi très élevé qui est la réédition de son record enregistré en janvier dernier, et qui le situe loin devant Martine Aubry (45 %), François Hollande (41 %), Ségolène Royal (32 %), Manuel Valls (28 %) et Arnaud Montebourg (25 %). Qui plus est, sa popularité progresse par rapport au mois dernier (+ 5 points), alors que celles de ses principaux challengers régresse. Aujourd’hui, la popularité strauss-kahnienne émane certes autant des sympathisants de droite (63 %) que de ceux de gauche (59 %). Néanmoins y compris auprès des seuls sympathisants socialistes, la popularité du Directeur général du FMI (71 %) devance celle de Martine Aubry (68 %), François Hollande (60 %) ou Ségolène Royal (54 %).

En termes de crédibilité face au candidat de la droite, il devance là encore nettement ses partenaires socialistes : 49 % des Français estiment que Dominique Strauss-Kahn serait « le meilleur pour battre la droite en 2012 », contre 13 % (à égalité) pour Martine Aubry et Ségolène Royal.

Enfin, sa stratégie du silence est acceptée : une nette majorité de Français, de sympathisants de gauche et de sympathisants socialistes (57 % dans les trois cas) préfèrent que « Dominique Strauss-Kahn conserve encore son silence, il a tout le temps de choisir ». Et moins de 40 % souhaitent qu’il « sorte maintenant de son silence et dise rapidement s’il veut être candidat à la présidence de la République ».

Les raisons du succès se lisent, pour une large part, à l’univers sémantique associé à l’image de Dominique Strauss-Kahn. Interrogés sur « les mots qui correspondent le mieux à Dominique Strauss-Kahn », les Français citent en priorité « compétence » (30 %) puis international (22 %). Pour l’essentiel, les sympathisants socialistes font de même (33 % et 23 %).

La compétence économique de Dominique Strauss-Kahn, son rôle international sont particulièrement prépondérants dans le contexte de la crise économique et financière internationale. Ces dernières semaines, la crise irlandaise, les turbulences sur l’euro et, en interne, la concurrence perçue comme renaissante entre Martine Aubry et Ségolène Royal, jouent en faveur du Directeur général du FMI.

Dominique Strauss-Kahn : des fragilités d’image

Pour autant, Dominique Strauss-Kahn connaît également des fragilités d’image. La première se lit précisément à l’univers sémantique associé à son image. Les notions que l’on pourrait traditionnellement attendre d’un présidentiable de gauche apparaissent singulièrement peu citées :

Seulement 9 % des Français estiment que le terme « gauche » (cité en onzième position) « correspond le mieux » à Dominique Strauss-Kahn ;
Seuls 6 % citent le terme « France » (quatorzième position) ;
Seuls 4 % citent les « catégories populaires » (quinzième) ;
Seuls 4 % également citent le terme « ensemble » (seizième).

A cette aune, les sympathisants d’extrême gauche apparaissent particulièrement sévères : aux yeux des sympathisants NPA, c’est la notion d’« argent » qui correspond le mieux à l’image qu’ils se font de Dominique Strauss-Kahn.

De façon complémentaire, l’univers professionnel de Dominique Strauss-Kahn apparaît plutôt comme un vecteur d’éloignement par rapport aux préoccupations des Français : une majorité relative d’interviewés (47 %) estiment que cette proximité par rapport au « monde économique et financier international » « éloigne surtout » DSK des « préoccupations des Français », alors que 41 % pensent que « cela lui permet surtout de trouver des solutions aux problèmes des Français ».

Progressions de Nicolas Sarkozy, François Fillon et François Bayrou

A droite, Nicolas Sarkozy et François Fillon enregistrent des regains de confiance, respectivement à 35 % (+3) et 50 % (+ 3 également). Ces données, qui s’inscrivent au lendemain du remaniement annoncé le 14 novembre, consacrent surtout la fin des turbulences liées au mouvement des retraites, et l’implication de l’exécutif sur une nouvelle séquence présentée par le président de la République lors de son intervention télévisée. Au centre, François Bayrou connaît une forte progression de popularité, à 38 % (+8 points). Cette évolution s’inscrit non seulement dans le contexte de la relance des concurrences présidentielles socialistes, mais également après l’affirmation des dissidences du centre droit par rapport à Nicolas Sarkozy (Borloo, Morin, Raffarin) lesquelles, paradoxalement, peuvent conforter la « différence centriste » incarnée par François Bayrou.

Conclusion. Strauss : l’évidence et le pari

Dans ce contexte, une candidature de Dominique Strauss-Kahn se révèle, de façon ambivalente, comme une évidence et un pari :

Une évidence en raison du soutien massif accordé par l’opinion française au Directeur général du FMI, et de l’adéquation de son image avec la crise économique exceptionnelle que nous traversons : par gros temps économique, la compétence du pilote s’impose ;
Un pari qui suppose que, jusqu’en 2012, les électeurs privilégieront l’équation crisecompétence ; ce diptyque, qui triomphe aujourd’hui et consacre l’hypothèse DSK, n’est pas nécessairement assuré jusqu’au printemps 2012 : la gauche, les catégories populaires, la France ne sauraient être considérées comme des notions secondaires en campagne présidentielle.

Les positions comparées de Dominique Strauss-Kahn avec le candidat de la droite, les mutations idéologiques de l’opinion, le jeu des primaires et de la campagne présidentielle pourront faire évoluer l’importance relative de ces paramètres. Quoi qu’il en soit, entre évidence et pari s’ordonne une large part des scénarios de candidature ou de non candidature DSK.

Télécharger en pdf le Sondage Viavoice - Libération de Décembre2010pdf.jpg