Bpce LesEchos FranceInfo
 
23/12/2010
 
Quelles seront les dépenses des Français en 2011 ?

La question est décisive, car si la croissance est depuis quelques mois soutenue par la consommation des ménages, la conjoncture pourrait s’inverser sous l’effet de plusieurs facteurs :

      • La stagnation des salaires et du pouvoir d’achat ;
      • La hausse des prélèvements obligatoires avec la réduction des niches fiscales ;
      • La fin de la prime à la casse dans le secteur automobile.

Certes, la diminution du chômage prévue en 2011 pourrait apporter une bouffée d’oxygène à la consommation mais dans un contexte macro-économique qui demeure, partout en Europe, marqué par la rigueur.

En regard de ces interrogations, cette nouvelle vague du baromètre des projets des Français indique une perspective de réduction des dépenses courantes des Français pour les trois mois qui viennent.

Réduction des dépenses courantes

Les perspectives de dépenses des Français s’orientent à la baisse concernant la consommation courante :

      • Concrètement, 35 % des personnes interrogées envisagent de « dépenser moins » dans les mois à
      venir pour l’alimentation et l’habillement, soit une hausse de 7 points (symétriquement, 9 %
      envisagent de dépenser moins, - 6 points) ;
      • Qui plus est, ces perspectives de réduction des dépenses émanent de l’ensemble des catégories
      socioprofessionnelles : cadres (17 %, +7), ouvriers (44 %, +9), retraités (41 %, +11).

Concernant les dépenses plus importantes, les perspectives d’achat immobilier demeurent très faibles, 3 % des personnes interrogées envisageant un tel achat.

En revanche, les perspectives d’acquisition de voitures progressent légèrement (7 %, +2 points) à quelques jours de la fin de la prime à la casse et du bonus écologique largement médiatisés à travers les ultimes offres des industriels ; il faudra vérifier si ce marché se maintient encore en 2011.
Au total, l’indice synthétique des intentions de dépenses des Français perd 17 points par rapport au mois dernier, pour s’établir à 63 et atteindre ainsi son étiage depuis la création du baromètre en octobre.

Deux explications majeures.

Ces scénarios de réduction des dépenses sont bien évidemment préjudiciables à une franche relance de l’économie par la consommation. Ils s’expliquent notamment par deux facteurs majeurs :

      • Le premier facteur consiste en la fin de l’effet d’aubaine généré par les fêtes de fin d’année :
      le mois de novembre avait donné lieu à une augmentation compréhensible des intentions de
      dépenses, particulièrement en vue des fêtes de Noël et du jour de l’An. Désormais, les données
      enregistrées accomplissent pour l’essentiel un retour à la « normale » connue le mois d’octobre,
      sans amélioration particulière ;
      • Le second facteur est celui d’un pessimisme en matière de pouvoir d’achat : une majorité relative
      de Français estime toujours que leur pouvoir d’achat « va diminuer » (42 %), et cette proportion est
      en progression par rapport au mois dernier (+3). Il existe certes une petite minorité pour anticiper
      une augmentation de son pouvoir d’achat (13 %) et dont le volume est en progression (+3) mais
      cette part d’amélioration ne suffit pas, bien évidemment, à nourrir un regain d’optimisme général.

Ces enseignements entrent en résonnance avec la dernière note de conjoncture de l’Insee, laquelle prévoit pour le premier semestre 2011 un ralentissement de la hausse des salaires et du pouvoir d’achat (+0,9 % après 1,2 % au deuxième semestre 2010). Clivage de générations sur les cadeaux de Noël

Concernant les cadeaux de Noël, les Français sont partagés entre dénonciation d’une frénésie consumériste excessive, et bienveillance envers une part d’authenticité relationnelle reconnue : 45 % considèrent qu’« on devrait faire moins de cadeaux, car beaucoup sont inutiles ou coûtent cher », et 46 % pensent à l’inverse qu’« on a raison de faire autant de cadeaux, car c'est un échange important entre les gens ».

Cet équilibre d’opinion masque en réalité un profond clivage générationnel :

      • Les jeunes (18-24 ans) estiment massivement (63 %) que l’on a « raison de faire autant de cadeaux »
      • Les seniors (65 ans et plus) pensent en revanche très majoritairement (59 %) que « l’on devrait faire
      moins de cadeaux ».

Sur ce clivage générationnel, les explications sont nombreuses : présence ou non de petits enfants au foyer, attachement ou distanciation envers les phénomènes de consommation, adhésion ou lassitude envers des fêtes de fin d’année pratiquées depuis plus ou moins longtemps.
Quoi qu’il en soit, à cette aune une chose est sûre : au pied du sapin, le Père Noël est bien davantage attendu par les nouvelles générations que par les seniors. Le Père Noël a donc, s’il fallait en douter, de beaux jours devant lui.

Télécharger en pdf Le baromêtre des projets des Français du mois de décembre