Ciss
 
14/10/2010
 
Interrogés sur la réforme du système de santé, les Français continuent d’exprimer des craintes quant à ses évolutions.

Dans une période dominée par l’inquiétude sur la situation économique et sociale, l’évolution de ce système inquiète doublement :

A l’échelle individuelle, cette évolution fait craindre un impact sur le niveau de remboursement et le fait de devoir renoncer à certains soins.

A l’échelle collective, elle renvoie à une notion fondamentale pour les interviewés : le risque d’accroissement des inégalités en matière de santé.

1. La priorité attendue : le maintien du niveau de remboursement par l’Assurance Maladie

Spontanément, la priorité perçue de cette réforme est la diminution des taux de prise en charge (43% des réponses spontanées, contre 38% qui évoquent la réduction des déficits).
Les Français considèrent aussi que le maintien d’un bon niveau de remboursement par l’Assurance Maladie doit être la priorité de cette réforme (taux inchangé depuis 2008 : 53%).

La meilleure répartition des professionnels de santé sur le territoire apparaît aujourd’hui comme une attente plus forte (47%, contre 39% en 2008), ainsi que l’amélioration de l’accès aux soins (46, contre 42% en 2008).
Assurer l’équilibre financier de l’Assurance Maladie n’est pas évoqué comme une Priorité, au regard des craintes suscitées par une baisse des remboursements (23% des Français citent cet élément comme une priorité, contre 37% en 2008). Ainsi, les Français souhaitent que l’Etat prenne les mesures nécessaires pour qu’ils n’aient pas à prendre à leur charge davantage de dépenses de santé.

2. Des évolutions de comportements : 26% de Français ont renoncé ces dernières années à des soins médicaux

      • Le basculement de certains remboursements vers les complémentaires santé apparaît pour 73%
      des interviewés comme un accroissement des inégalités en matière de santé, même si cette évolution
      est aussi perçue comme un moyen d’obtenir un meilleur niveau de remboursement (pour 64% des
      interviewés).
      • Les Français sont nettement plus partagés concernant l’impact de cette évolution sur la qualité des
      soins puisqu’ils sont 51% à penser qu’elle permettra de l’améliorer et 45% à penser l’inverse (4% ne
      se prononcent pas).
      • Au-delà de ces perceptions, il convient de noter des évolutions dans les comportements.
      • Ainsi 26% de Français ont dû renoncer ces dernières années à des soins médicaux ou à l’achat de
      médicaments à cause de leur coût. A noter que parmi eux, les bénéficiaires de la CMU, les revenus
      inférieurs à 1 500 € mensuels et les 25-34 ans sont surreprésentés.

Ils sont par ailleurs 30% à avoir décidé de reporter des soins ou l’achat de médicaments, avec là encore une surreprésentation des bénéficiaires de la CMU, des revenus inférieurs à 1 500 € mensuels, des 25-34 ans et des femmes.

De manière plus prospective, l’augmentation des cotisations de la complémentaire santé pourrait pousser 35% des Français à la résilier et 43% à baisser en gamme avec le risque d’une couverture plus limitée.

Le renoncement aux soins n’est plus une thématique marginale et concerne dorénavant 1 Français sur 4. Dans ce contexte, la réforme du système de santé inquiète pour soi et pour ses proches, mais soulève aussi la question des valeurs fondamentales défendues par le système de santé Français.

Télécharger en pdf le Sondage Viavoice pour le CISS - Octobre 2010