Wcie
 
24/03/2010
 

Sous l’actualité de l’autocritique, les raisons d’un sursaut. Le jugement est critique : la première vague du Baromètre de la « marque France » Viavoice-W&Cie révèle qu’une forte majorité de Français estiment que leur pays est de moins en moins performant d’un point de vue économique.

En dépit de la bonne résistance de notre pays à la crise, et d’une récession moins forte que chez nos voisins (-2,2 points contre -4 points en moyenne dans la zone euro), les inquiétudes économiques perdurent donc. Pourtant, ce pessimisme général ne pousse pas vraiment au défaitisme, ni au repli sur soi :

      • D’abord parce qu’une bonne partie des Français pense que la société française devrait être plus
      optimiste qu’elle ne l’est actuellement ;
      • Ensuite parce que, au sein de l’économie mondialisée qui inquiète, les Français décernent à leur
      propre pays des avantages comparatifs à faire valoir à l’international.
 

Une autocritique dans le contexte de la mondialisation

Avec près des deux tiers des personnes interrogées (64 % concernant le grand public, 66 % concernant les cadres) jugeant l’économie française de moins en moins performante, il semblerait que notre pays soit mal armé face à la mondialisation de l’économie. Contrecoups de la crise financière ou désavantages structurels, les plans sociaux de 2009 ont ainsi fortement marqué l’opinion publique. Au point que beaucoup appellent au patriotisme des consommateurs : 68 % des personnes interviewées estiment ainsi qu’« il est préférable d’acheter français pour sauver des emplois en France », et 45 % qui déclarent acheter « toujours autant de produits français, même si cela coûte cher ».

En réalité, ces inquiétudes se cristallisent sur certaines zones géographiques : les Etats-Unis, qui restent la première puissance économique mondiale malgré la crise des subprimes, et les grandes puissances émergentes que sont la Chine et l’Inde. Ainsi, 70 % des Français estiment que la France est moins performante que les Etats-Unis, et 67 % qu’elle est moins performante que la Chine et l’Inde. En revanche, les voisins européens sont moins perçus comme des concurrents, puisque seules 44 % des personnes interrogées pensent que la France est moins performante qu’eux. Les difficultés actuelles des pays de la zone Euro, confrontés à des dettes importantes et à la méfiance des investisseurs, donneraient ainsi l’idée que l’Europe mettra du temps à sortir de la crise, contrairement aux autres grands puissances économiques.

Face à la compétition internationale, les principaux points faibles de la France sont de trois ordres :

      • Culturels : avec des Français jugés « trop habitués à être assistés » (43 %) et « des relations
      sociales dans les entreprises pas assez constructives » (32 %) ;
      Réglementaires : avec un marché du travail jugé trop rigide et manquant de flexibilité (32 %) ;
      • Financiers : avec un investissement insuffisant en Recherche et Développement (39 %, 46 %
      pour les cadres).

Ces résultats sont ambivalents pour l’exécutif : d’une part, ils valident les orientations du gouvernement avec la valorisation proclamée de la « valeur travail » et les investissements en R&D prévus dans le cadre du grand emprunt ; d’autre part, ils mettent en cause l’efficacité de la « rupture » promise lors de la campagne de 2007, puisque malgré les réformes mises en place les Français estiment que l’« assistanat » et les réglementations sont toujours des freins au développement de l’économie.

Tempérer le pessimisme

En dépit de ces autocritiques ambiantes, les interviewés appellent, pour une part significative d’entre eux, à limiter le pessimisme :

      • 51 % des cadres considèrent que les Français sont « trop pessimistes sur les capacités
      économiques de leur pays » (39 % sont d’un avis inverse) ;
      • 43 % des Français estiment également que leurs compatriotes sont « trop pessimistes »
      (contre 44 %).

Ces résultats sont intéressants à double titre :

      • Ils indiquent que, aux yeux mêmes d’une partie des cadres et des Français en général,
      l’autodénigrement n’est pas nécessairement de mise ;
      • Ils révèlent que les cadres ont une aspiration plus positive que l’ensemble de la
      population ; cette tonalité plus enthousiaste (ou moins négative) des cadres mérite d’être
      soulignée puisqu’elle émane d’acteurs situés aux avant-postes de l’économie.
 

Les atouts de la France, les valeurs à défendre

Sur le fond par ailleurs la France dispose, aux yeux des interviewés, de ressources importantes à faire valoir dans l’économie  mondialisée :

      Les infrastructures : premier atout de la France selon les personnes interrogées (39 %
      concernant le grand public, et 51% concernant les cadres), la qualité des infrastructures
      constitue un vecteur de fierté nationale. Avec l’exemple du TGV qui se développe fortement
      à l’étranger depuis quelques années en permettant un lien direct entre les villes françaises
      et les grandes capitales européennes, les infrastructures constituent un argument de poids
      en matière de performance économique perçue.

      Le modèle social (34 %) : décrié il y a encore quelques années, le modèle social français
      fait à nouveau office d’exemple avec la crise économique. Les Français ne sont d’ailleurs pas
      les seuls à le penser : les observateurs outre-Atlantique ont également observé l’effet des
      investissements publics, qui ont joué le rôle d’amortisseurs en maintenant la consommation
      à des niveaux importants. Autre atout : la qualité du système de santé, considéré comme le
      meilleur au monde en 2000, selon l’OMS ;

      La qualité de vie (32 %, 40 % pour les cadres) : sur ce point là également, la France est en
      tête des classements internationaux (premier pays en termes de qualité de vie selon
      l’International Living). Et les Français semblent conscients de cet atout pour l’attractivité du pays
      et de ses territoires.

Les personnes interrogées souhaitent par ailleurs que ces éléments d’attractivité soient davantage promus par les grandes entreprises nationales. En tête des priorités en matière de stratégie de communication des grandes entreprises apparaît l’idée de « présenter les atouts des entreprises françaises pour l’économie et la société : croissance, emploi, innovation » (43 %, 47 % pour les cadres).

Les ambassadeurs de la marque France

Dans ce contexte, les entreprises considérées comme celles « qui portent le plus positivement l’image de la marque France » se déclinent en trois types de leadership :

      Un leadership de marché, avec des entreprises françaises identifiées comme faisant partie des
      plus grands groupes mondiaux au sein de leurs secteurs (Renault et PSA, Total, EADS, EDF et
      GDF-Suez, Carrefour, etc.)
      • Un leadership technique, avec des entreprises symboliques de réussites technologiques :
      la SNCF avec le TGV, EADS avec l’Airbus et l’A380, EDF et Areva avec le nucléaire civil, Veolia avec
      les services à l’environnement etc.
      Un leadership culturel, avec des entreprises phares dans le domaine de la mode (LVMH, Chanel, Dior), de la beauté (L’Oréal) ou de l’alimentation.