RMS LeParisien
 
25/06/2009
 

L’Institut Viavoice, le Groupe Reims Management School (RMS) et Le Parisien / Aujourd’hui en France, ont souhaité réaliser une analyse sociologique des perceptions des 18-24 ans aujourd’hui. Les résultats nuancent très fortement certaines convictions concernant cette génération, qui a souvent été présentée comme pessimiste et résignée.

I. Une génération individualiste plus qu’égoïste

Si les 18-24 ans placent la famille au coeur de leurs préoccupations et ne montrent pas de fortes velléités à vouloir changer la société, ils ne peuvent être perçus comme égoïstes et repliés sur eux-mêmes.

La famille apparaît indéniablement en tête des valeurs (77% des réponses) et ils considèrent que la réussite passe en priorité par le bonheur au sein du couple (82% des réponses).

Mais les 18-24 ans se montrent aussi très sensibles au développement personnel. La qualité de vie apparaît en seconde position parmi les valeurs. Et l’épanouissement au travail (66% des réponses sur les indicateurs de réussite de vie) est positionné bien avant la volonté de gagner beaucoup d’argent (35%) ou d’obtenir de la reconnaissance professionnelle (23% des réponses).

La notion d’engagement, de son côté, se manifeste sous une morphologie très différente des générations précédentes. Certaines valeurs renvoient en effet à des combats nobles mais historiques et lointains. La force de l’évidence se substitue alors à l’esprit de lutte. Ainsi, la liberté (7%), la fraternité (7%) et la générosité (11%) ne sont plus guère citées comme des valeurs à promouvoir en priorité. En revanche, l’ouverture à l’autre (27%), la solidarité (34%), la combativité (39%) et le respect (49%) sont citées comme les valeurs qu’il faudrait promouvoir.

L’analyse de ces différentes réponses montre ainsi une jeunesse foncièrement individualiste car désireuse avant tout de trouver sa place dans la société actuelle. Pour autant, cet individualisme est dépourvu de tout nombrilisme car l’épanouissement se fait avec les autres, renforçant une logique du « moi aussi » plus que du « moi d’abord ».

Mais l’inquiétude de cette génération se manifeste par la faible place accordée à la légèreté, par la primauté du fondamental sur le ludique :

  • s’amuser apparait en 5ème position des indicateurs de vie réussie (29%)

et

  • avoir une vie trépidante en 9ème position (21%).

II. Un optimisme mesuré

La mobilité continue de caractériser les nouvelles générations, mais de fortes disparités apparaissent selon les catégories socioprofessionnelles. En effet, les répondants issus des catégories les plus favorisées montrent une plus forte appétence à la mobilité, qu’elle concerne l’entreprise, le métier ou la dimension géographique.

Concernant plus précisément la mobilité sociale, les réponses viennent rompre avec le pessimisme ambiant : 39 % des interviewés estiment que leur situation sera meilleure que celle de leurs parents (vs. 32% qui pensent qu’elle sera comparable et 17% qu’elle sera moins bonne). Là encore, les plus optimistes se trouvent parmi les catégories privilégiées et les étudiants.

Si la crise a modifié les projets de vie de la moitié des répondants sur un plan personnel et professionnel et si les craintes concernant la difficulté à trouver un logement et un travail sont fortes, un élément vient bouleverser les équilibres habituels. Une forte majorité d’interviewés estime que la mise en place d’une société idéale repose avant tout sur eux (35%) et sur les autres citoyens (29%), bien avant toutes les autres propositions (entreprises, gouvernement, partis, associations ou syndicats).

Conscients qu’ils construiront la société de demain, mais préoccupés par la place qu’ils pourront y occuper, les 18- 24 ans se tournent vers des fondamentaux solides tels que la famille, le couple, les enfants, l’intérêt pour le travail et le respect.

Délaissant la légèreté, ils dressent le portrait d’une génération combative, mais peut-être en passe de devenir adulte de manière très précoce.

Arnaud Zegierman

Télécharger en pdf le Sondage Viavoice - RMS - Le Parisien de Juin 2009