HEC Figaro FranceInter
02/12/2013
 
Le moral des cadres rechute à nouveau en cette fin d’année après une nette amélioration au troisième trimestre. Une situation s’expliquant par une conjoncture dépréciée :
  • Sur le plan économique, avec un troisième trimestre décevant en termes d’activité (croissance trimestrielle de -0,1 % après +0,5 % au deuxième trimestre) ;
  • Mais surtout sur le plan social, avec l’accumulation de mouvements sociaux face aux mesures de fiscalité prises dans le cadre du budget 2014 (écotaxe, hausse de la TVA) et qui ont déjà conduit le gouvernement à revenir sur un certain nombre de mesures.

Ce climat difficile semble avoir éloigné toute perspective de réelle amélioration économique et sociale.

Symptomatique de cette situation, l’espoir d’une inversion de la courbe du chômage n’est plus attendue pour la fin 2013, et s’avère encore très hypothétique pour 2014.

Une faible activité au troisième trimestre qui tempère les espoirs macroéconomiques de reprise de l’emploi à court terme

Les perspectives macroéconomiques des cadres déclinent largement ce mois-ci, que ce soit en termes de niveau de vie (61 % d’entre eux pensent qu’il se dégradera, en hausse de 4 points) mais surtout d’emploi : en cette fin d’année, 71 % des cadres pensent que le chômage continuera à augmenter au cours des mois à venir, en hausse de 12 points en un mois.

Une perspective qui est semble-t-il partagée par ailleurs par l’ensemble des acteurs économiques et politiques : Jean-Marc Ayrault ayant reconnu lui-même que l’objectif d’une inversion durable de la courbe du chômage ne pourra être réalisée « que si la croissance revient ». Avec 1,0 point de croissance pour l’année prochaine (selon les estimations du FMI), il n’est toutefois pas certain que la reprise timide qui se dessine soit suffisante pour faire reculer le chômage avant la fin 2014.

Un climat social qui n’épargne pas les entreprises : motivation et perspectives professionnelles sont en baisse

Face à cette détérioration de la conjoncture – et parallèlement du climat social avec des mobilisations dans toute la France ces dernières semaines (syndicats et patronat breton, transporteurs routiers, professeurs, etc.) – le climat au sein des entreprises enregistre une baisse limitée mais sensible en cette fin d’année, sur de nombreux points :

  • La motivation enregistre une baisse de 3 points en un mois, avec à peine un cadre sur trois (33 %) qui juge ses collaborateurs « motivés » actuellement, soit l’un des plus mauvais chiffres enregistrés au cours de l’année écoulée ;
  • Les opportunités professionnelles des cadres marquent également le pas, avec 85 % d’entre eux qui les jugent « plutôt faibles » ou « inexistantes » à titre personnel pour les mois qui viennent, en hausse de 4 points ;
  • Enfin, les perspectives financières personnelles des cadres ne poursuivent pas l’amélioration constatée ces derniers mois : ils ne sont aujourd’hui plus que 12 % à anticiper une amélioration de leur situation financière à court terme, contre 15 % (-3) il y a un mois. À l’inverse, 46 % (+1) s’attendent à une détérioration de celle-ci.

Les personnalités influentes sur l’économie : Angela Merkel détrône Barack Obama

Les cadres français placent cette année Angela Merkel en tête des personnalités influentes sur l’économie, devant Barack Obama qu’elle secondait il y a un an.

Cette reconnaissance du pouvoir de la chancelière allemande – considérée par ailleurs comme la femme la plus puissante au monde pour la troisième fois consécutive par le magazine Forbes – s’explique bien entendu par la réussite économique de l’Allemagne, dont l’influence sur les politiques économiques de l’UE a été croissante depuis le début de la crise. Mais c’est aussi la reconnaissance de la détermination de la chancelière allemande, réélue cette année pour la deuxième fois consécutive, alors que bien des chefs d’État et de gouvernement européens n’ont pas résisté à la crise.

François Miquet-Marty

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