HEC     Figaro      FranceInter
 
01/05/2013
 
Alors que de nombreux cadres s’inquiètent de la crise et de ses conséquences sur leurs carrières et leurs opportunités professionnelles, les entreprises publiques et issues de secteurs « protégés » ont la cote. EDF se situe ainsi en tête de notre classement des entreprises les plus attractives auprès des cadres.

Figurent également en bonne place les autres entreprises du secteur de l’énergie (Total, Veolia Environnement, GDF-Suez) ou des transports (EADS, SNCF, Air France), plutôt épargnées par la conjoncture économique, laquelle demeure très inquiétante pour une large majorité de cadres français.

Énergie, transport, luxe et NTIC constituent les secteurs les plus attractifs

Avec 10 % des cadres interrogés qui citent spontanément EDF comme une des « entreprises dans lesquelles ils aimeraient travailler dans les années qui viennent », l’électricien public apparaît en tête des grandes entreprises les plus attractives pour les cadres. Celui-ci bénéficie en effet de deux atouts majeurs en termes d’attractivité à l’heure actuelle : un secteur énergétique toujours performant, même en période de crise, et une attention particulière aux conditions de travail et aux garanties d’emploi pour ses salariés (sécurité de l’emploi, avantages spécifiques tels qu’un tarif préférentiel pour l’électricité, salaires relativement élevés, etc.)

On observe d’ailleurs que les entreprises les plus attractives auprès des cadres offrent bien souvent de telles garanties sectorielles ou sociales :

  • Total et EADS, tous les deux en 2e position avec 7 % de citations, bénéficient également d’une très bonne santé financière et restent des modèles en termes de compétitivité et de leadership sectoriel dans un contexte morose pour l’industrie française ;
  • La SNCF (6 %), en 4e position, mais aussi Google (5 %), tout en restant des modèles d’entreprises très différents, capitalisent quant à eux sur des conditions de travail très attractives pour les cadres, tout en étant également dans des secteurs « protégés » ;
  • Plus globalement, les entreprises de l’énergie (Total, Veolia Environnement, GDF-Suez), des transports (EADS, SNCF, Air France), des nouvelles technologies (Google, Apple, Microsoft) ou de la beauté et du luxe (L’Oréal, LVMH) sont les plus attractives auprès des cadres. On observe également une forte représentation des entreprises publiques avec EDF, la SNCF ou la RATP.

Moral des cadres : nouvelle baisse de l’indice synthétique

Après une forte baisse le mois dernier (-6 points), le moral des cadres chute à nouveau légèrement ce mois-ci, avec un indice synthétique à -53 points (-2), dans un contexte économique pour le moins difficile pour l’ensemble des acteurs économiques : déficits de l’État revus à la hausse, climat des affaires au plus bas (depuis août 2009) dans l’industrie, consommation des ménages en berne dans un grand nombre de secteurs de consommation, etc.

Dès lors, les perspectives des cadres à court et moyen termes demeurent très pessimistes :

  • 67 % d’entre eux pensent que le niveau de vie en France se dégradera d’ici un an (stable), contre seulement 8 % (-2) à penser que le niveau de vie s’améliorera ;
  • Ils sont de même 86 % (+1) à anticiper une augmentation du nombre de chômeurs, contre 10 % une stagnation et 3 % une diminution du chômage dans les mois qui viennent ;
  • D’un point de vue plus personnel, 40 % (-2) des cadres interrogés estiment toujours que leur situation financière personnelle « va se dégrader », contre 12 % (+1) qui s’attendent plutôt à une amélioration.

Au sein des entreprises, motivation et opportunités de carrière en repli

Concrètement, ce climat économique difficile exerce un impact négatif au sein des entreprises, si l’on en croit les perceptions des cadres :

  • Ainsi 61 % d’entre eux trouvent leurs collaborateurs « pas motivés » actuellement, en forte hausse de 6 points, contre 36 % « motivés » (-3)
  • Mais les cadres s’inquiètent aussi pour leurs opportunités professionnelles, puisqu’ils sont 85 % à penser qu’elles seront « faibles » dans les mois à venir, en hausse de 4 points.

On comprend dès lors l’attractivité pour les cadres des secteurs et des entreprises qui restent performants : en ces temps économiques, ces îlots de prospérité apparaissent d’autant plus appréciables.

François Miquet-Marty

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