HEC Figaro FranceInter
 
03/04/2012
 
Même si la situation économique et politique mondiale demeure préoccupante, les cadres français sont moins pessimistes pour l’avenir. La motivation en hausse dans les entreprises et la stabilisation des marchés (recouvrement de la dette grecque, meilleures perspectives économiques américaines, faible impact de la perte du AAA français, etc.) comptent parmi les facteurs porteurs d’espoir.

En revanche, et à la grande différence du scénario constaté lors de la campagne présidentielle de 2007, cette part d’espoir retrouvé n’est pas imputable à la séquence électorale : de façon très massive, les cadres se disent insatisfaits de la campagne électorale actuelle.

Amélioration générale du « Moral des cadres » :

L’indice synthétique du moral connaît un rebond de 8 points depuis le mois dernier, progressant de -49 à -41 (+15 points depuis décembre). Ce score clôt ainsi la période de fortes turbulences ouverte par la crise de la dette, l’été dernier.

Cette amélioration se traduit par des perceptions macro-économiques moins   négatives :

  • Une majorité des cadres pensent toujours que le niveau de vie en France se dégradera (55 %) mais ils sont moins nombreux que les mois précédents (-6 points par rapport à février, -21 points par rapport à novembre).
  • Face au chômage, les cadres sont également moins négatifs : si 71 % des cadres estiment encore que le nombre de demandeurs d’emploi va augmenter, ce score régresse tout de même de 7 points par rapport aux données recueillies le dernier, et de 16 points par rapport à novembre.

Concrètement, ces évolutions s’expliquent notamment par la détente de la situation financière en Europe (crise de l’euro, crise grecque) et par des taux de croissance moins mauvais qu’envisagés, la France évitant la récession au premier trimestre 2012 (note de l’Insee, 22 mars).

Des situations personnelles jugées moins négatives

Ces évolutions reposent également sur une amélioration perçue de la situation personnelle des cadres :

  • La motivation des collaborateurs est en progression : 41 % déclarent leurs collaborateurs motivés (+6 points) ;
  • La proportion de cadres qui estiment que leur situation financière va se dégrader est en baisse de 7 points (36 % contre 43 % le mois dernier) ;
  • En revanche les opportunités de carrière demeurent quant à elles toujours « faibles » pour 79 % (-3) contre seulement 17 % (+2) qui les estiment « importantes ».

Une campagne présidentielle insatisfaisante

Pour sa part, la campagne présidentielle est perçue de façon très négative : globalement, 81 % des cadres se déclarent insatisfaits par cette campagne.

Il sont pratiquement aussi nombreux à juger insatisfaisant le traitement des enjeux de l’entreprise (86 %) et des grands enjeux économiques (79 %). Cette tendance est particulièrement accrue auprès des cadres travaillant dans de grandes entreprises (avec respectivement 93 % et  86 % d’insatisfaction).

Ces données, particulièrement frappantes, signent la différence majeure entre la campagne électorale actuelle et celle de 2007 : alors que la campagne politique de 2007 avait constitué une réelle source d’espoir, se concluant par un indice synthétique du « Moral des cadres » positif (+1), ce cru 2012 est dominé par le scepticisme, la défiance ou le désenchantement.

Ces scores très négatifs s’expliquent notamment par les déceptions générées par les candidats de 2007 auprès d’une partie de leurs électorats, par les contraintes actuelles qui jugulent les marges de manœuvre politiques, et par un sentiment d’inadéquation entre les enjeux auxquels les acteurs économiques sont confrontés, et ceux qui sont privilégiés par les principaux candidats.

Tout se passe comme si cette présidentielle était en grande partie une élection par défaut, incitant les entreprises en France à trouver, par elles-mêmes, les voies d’une relance économique en regard de laquelle la sphère politique paraît pour une large part impuissante ou inadaptée.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - avril 2012