HEC Figaro FranceInter
 
23/03/2012
 
Le mois dernier, l’indice synthétique du moral des cadres avait bondi de 8 points à la suite d’une stabilisation des marchés financiers et après plusieurs mois d’une « crise de la dette » qui aura provoqué toutes les peurs, mais aussi un ralentissement significatif de l’activité au quatrième trimestre 2011.

Or, si les inquiétudes macro-économiques (niveau de vie et chômage en France) continuent leur repli ce mois-ci, les perspectives personnelles des cadres français s’orientent également à la baisse : motivation, situation financière personnelle, opportunités professionnelles semblent ainsi marquer le coup, face à une année 2012 pleine d’incertitudes, qu’elles soient économiques ou politiques.

Un climat moins anxiogène pour les décideurs économiques, qui restent malgré tout pessimistes sur le long terme

Un an de perdu ? Au premier semestre 2011, les indicateurs économiques nationaux s’amélioraient timidement et laissaient entrevoir une sortie de crise à moyen terme, avant qu’une nouvelle crise financière ne se déclenche durant l’été et balaie tout espoir de reprise crédible. Les divers sommets européens et mondiaux auront finalement réussi, aujourd’hui, à mettre fin à l’anxiété des marchés, et certains signes permettent d’envisager une amélioration de la conjoncture (perspectives de croissance à la hausse, redressement des indices boursiers, consommation qui se maintient, etc.)

Dans ce contexte, les perspectives des cadres se font logiquement moins pessimistes :

  • 61 % d’entre eux pensent que le niveau de vie en France se dégradera d’ici un an, en baisse de 8 points depuis un mois et de 15 points depuis novembre dernier ;
  • Une forte majorité des cadres (78 %) pense toujours que le chômage augmentera dans les mois à venir, mais ce chiffre est également en repli : -4 points depuis janvier, -9 points depuis novembre.

Pour autant, le pessimisme des cadres reste toujours relativement haut, même s’il n’a pas progressé depuis le printemps dernier : à la question « êtes-vous optimiste ou pessimiste pour l’avenir de la France ? », seuls 22 % d’entre eux se disent optimistes, contre 63 % pessimistes, des niveaux stables par rapport à avril 2011 donc (22 % et 64 %), et symptomatiques d’une situation qui ne s’est finalement ni détériorée ni redressée depuis près d’un an.

Des perspectives financières et professionnelles en repli

Si les cadres se montrent un peu plus optimistes pour l’économie française, la situation dans les entreprises apparaît toujours difficile et semble avoir un impact significatif sur la motivation, mais aussi sur les opportunités professionnelles et financières s’offrant aujourd’hui aux décideurs :

  • Seuls 35 % des cadres trouvent aujourd’hui leurs collaborateurs motivés, en baisse de 5 points ; à l’inverse, 59 % (+2) ne les trouvent « pas motivés » ;
  • Les opportunités de carrière se font également rares : elles sont « importantes » pour  15 % des cadres, en repli de 4 points, et « faibles » pour 82 % d’entre eux (+4) ;
  • Enfin, les cadres anticipent pour une bonne partie d’entre eux (43 %, +2) une dégradation de leur situation financière personnelle, seuls 13 % (-2) pensant que celle-ci va s’améliorer.

Cette dégradation des perspectives personnelles, parallèlement à une relative amélioration des perspectives macro-économiques, est révélatrice du décalage existant entre les crises financières et leur impact sur la dégradation de l’activité, puis sur la vie en entreprise.

Elle souligne également l’incertitude existante, au sein de nombreuses entreprises, pour l’avenir : cette incertitude est liée aux perspectives de croissance en 2012, encore mal connues et fortement dépendantes de facteurs exogènes (prix des matières premières, activité mondiale, décisions européennes, etc.), mais il s’agit également d’un incertitude politique, et donc réglementaire : quelles réformes fiscales seront mises en place dans les prochains mois, après les élections présidentielles et législatives ? qu’en sera-t-il, au second semestre, des projets d’augmentation de la TVA, de taxe sur les produits financiers, de baisse des cotisations ? Y aura-t-il un nouveau plan de rigueur, et quels secteurs seront concernés ? Y aura-t-il des mesures de relances ?

Toutes ces questions devraient certes être en grande partie tranchées par les électeurs en mai prochain, même si la mise en place des réponses nécessitera davantage de temps. Et cette proximité entre débat politique et réalité économique rend d’autant plus importants les débats actuels, auxquels les cadres se montrent très majoritairement (72 %) intéressés.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Moral des cadres - mars 2012