Bpce LesEchos FranceInfo
30/10/2014
 
La persistance des difficultés économiques et sociales conduirait-elle une partie des Français à briser l’un des tabous les mieux établis ? Le 1er août 1958, le général de Gaulle demandait aux partenaires sociaux la création d’un système d’assurance chômage, qui fut effectivement institué le 31 décembre de la même année.

Aujourd’hui, 56 ans plus tard, les Français se révèlent particulièrement exigeants concernant les conditions d’attribution des allocations chômage.

Allocations-chômage : adhésions majoritaires à des réductions

Envisagée sur plusieurs registres, la réduction des allocations-chômage suscite souvent des adhésions majoritaires, en fonction des conditions considérées :

  • Concernant les demandeurs d’emploi « les plus aisés », 69 % des Français se déclarent « favorables » à la « réduction du montant » de leurs allocations ;
  • Concernant les demandeurs d’emploi « qui refusent trois offres successives qui leur sont faites », 63 % aspirent à une suppression de leurs allocations ; cette idée avait été proposée par Nicolas Sarkozy dès la campagne de 2007 (discours de Nantes, 15 mars 2007) ; pour l’instant, depuis octobre 2008, existe la possibilité de suppression, pour deux mois, des allocations accordées aux demandeurs d’emploi ayant refusé deux « offres raisonnables d’emploi » ;
  • Enfin, concernant l’ensemble des chômeurs, les Français sont partagés : 46 % sont favorables à la « réduction, plus rapide au cours du temps, des allocations », et 47 % y sont opposés. Actuellement, le montant de l’allocation chômage (Aide au Retour à l’Emploi) s’établit généralement entre 57 % et 75 % du dernier revenu d’activité, et est accordé dans la limite de deux ans pour les personnes ayant moins de 50 ans, et de trois ans pour celles ayant plus de 50 ans.

Par ailleurs, une très nette majorité (72 %) se dégage en faveur d’une progressivité des allocations familiales en fonction des revenus des bénéficiaires, et dont le principe a récemment été adopté par l’Assemblée.

Réduction des allocations-chômage sous certaines conditions, progressivité des allocations familiales : ces deux aspirations en apparence de nature différente procèdent en réalité de la même volonté de justification des dépenses publiques ; des allocations chômage accordées à ceux qui en ont besoin ou le méritent, des allocations familiales aux personnes les plus modestes.

François Miquet-Marty

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