Bpce LesEchos FranceInfo
 
27/10/2011
 
La crise de la dette et ses impacts en matière de fiscalité, de dépenses publiques et de déficits continuent d’inquiéter les Français au rythme des sommets européens et des mesures de  rigueur :  les inquiétudes concernant le pouvoir d’achat progressent à nouveau.

Au-delà de ces inquiétudes, l’état d’esprit des Français est partagé entre deux « lignes de fracture » :

  • Une partie des Français se déclarent prêts à davantage de rigueur, quitte à perdre du pouvoir d’achat, alors qu’une courte majorité ne le souhaite pas.
  • L’opinion publique est divisée entre espoir et résignation, entre ceux qui estiment qu’un président de la République et son gouvernement, quels qu'ils soient, ont vraiment les moyens d'améliorer la situation économique de la France, et ceux, presque aussi nombreux, qui ne le pensent pas.

Pouvoir d’achat : inquiétudes en hausse, notamment concernant l’alimentation, la santé et le logement

Après une baisse le mois dernier, les inquiétudes des Français pour leur pouvoir d’achat progressent à nouveau : 51 % (+3 points) d’entre eux anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat dans les trois prochains mois ; 35 % (+3) pensent plutôt que leur pouvoir d’achat restera stable et 12 % (-2) qu’il va augmenter. Ces inquiétudes s’inscrivent dans le contexte :

  • Des débats concernant les crises financières en Europe et des difficultés générales de financement (Grèce, euro, recapitalisation des banques) ;
  • Du vote des projets de loi de finance 2012 comprenant notamment de nouvelles taxes – hausse de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, extension de la taxe sur les sodas, baisse des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, etc. –.

Plus concrètement, ces inquiétudes se polarisent sur des postes de dépenses spécifiques :

  • L’alimentation d’abord, qui demeure, avec 50 % de citations, le poste de dépense le plus préoccupant pour les Français ;
  • Les dépenses de santé, ensuite, apparaissent de plus en plus préoccupantes pour les Français, avec 29 % de citations, soit une hausse de 5 points en un mois et de 13 points depuis juin. Cette hausse intervient après l’augmentation des taxes sur les mutuelles (en partie répercutés sur leurs clients) mais aussi après l’annonce récente de la réduction des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, une mesure qui toucherait davantage, cette fois, les personnes dépourvues de complémentaires santé. Les catégories modestes sont d’ailleurs celles enregistrant la plus forte hausse d’inquiétude sur les dépenses de santé : 27 % soit une hausse de 10 points pour les employés, et 30 %, soit une hausse de 11 points pour les ouvriers.
  • Enfin le logement est cité comme une des dépenses préoccupant le plus pour les trois prochains mois par 24 % des personnes interrogées. Ce poste de dépense apparaît comme particulièrement important pour les plus jeunes, étant cité par 34 % des 18-24 ans et 40 % des 25-34 ans.

Des Français partagés entre réduction des déficits et baisse de pouvoir d’achat

Après plusieurs mois de médiatisation dans l’actualité économique ou politique, la gravité de la crise de la dette et du ralentissement économique à venir est bien présent à l’esprit des Français. Une part significative d’entre eux (41 %) seraient prêts à consentir des efforts et se déclarent prêts à perdre « un peu de pouvoir d’achat » pour réduire la dette et les déficits, même si 57 % s’y opposent.

Ce sont logiquement les catégories bénéficiant du pouvoir d’achat le plus important qui sont prêtes à davantage d’efforts, c’est-à-dire les cadres (59 %) et les retraités (54 %), majoritairement prêts à perdre « un peu de pouvoir d’achat » pour réduire la dette et les déficits. Si la question posée ne mentionne pas des mesures plutôt que d’autres (baisse des salaires, impôt sur le revenu, taxes, etc.), ces résultats soulignent la prise de conscience relativement forte de la gravité de la situation, d’autant plus que le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure pour les Français.

Des Français partagés quant à la capacité d’action du pouvoir politique

L’autre clivage majeur, et qui devrait avoir également une importance non négligeable dans le débat politique, est celui de la perception des marges de manœuvre de l’exécutif, quel qu’il soit (et quels que soient les résultats de la prochaine élection présidentielle).

L’opinion publique est partagée entre une courte majorité (51 %) qui pense qu’« un président de la République et son gouvernement, quels qu'ils soient, ont vraiment les moyens d'améliorer la situation économique de la France » et une forte minorité (46 %) qui pense au contraire que les pouvoirs publics n’ont plus vraiment les moyens d’améliorer la situation économique.

Le clivage générationnel est cette fois-ci essentiel puisque les jeunes générations, et plus généralement les actifs, apparaissent moins pessimistes que leurs aînés : alors que 58 % des moins de 35 ans pensent qu’un président et son gouvernement ont vraiment les moyens d'améliorer la situation économique de la France, cette opinion n’est partagée que par 38 % des personnes âgées de plus de 65 ans.

Ces lignes de clivages sont essentielles parce que leur évolution contribuera, demain, à structurer les opinions au cours de la campagne présidentielle.

Télécharger en pdf le baromètre Viavoice Projets des Français - octobre 2011