Liberation
09.11.15

Crédibilité présidentielle : Nicolas Sarkozy et Manuel Valls en baisse, Alain Juppé seul en tête.

BaropresidentiablesÀ un an et demi de la prochaine élection présidentielle, rien n’est joué, ni à droite ni à gauche, et les Français semblent toujours refuser les principaux candidats désignés, ou tout du moins pressentis pour la plus haute fonction de l’Etat, qu’il s’agisse du Président actuel, de son Premier ministre ou du chef de l’opposition. Alors que François Hollande reste à des niveaux très bas de popularité, le recours possible que pourrait constituer Manuel Valls ne s’impose pas non plus complètement puisque seuls un tiers des Français (33 %) le considéreraient aujourd’hui comme un « bon Président de la République » pour l’avenir de la France, en chute de 5 points depuis septembre. À droite, l’équation semble encore plus complexe puisque Nicolas Sarkozy, quoique toujours populaire dans son camp, apparaît de plus en plus distancé dans l’opinion, que ce soit par Alain Juppé – loin devant – mais aussi par François Fillon, son ancien Premier ministre le dépassant aujourd’hui en termes de crédibilité présidentielle. De quoi relancer largement les pronostics pour les primaires à droite, prévues dans tout juste un an.

Nicolas Sarkozy, en baisse de 6 points, loin derrière Alain Juppé, mais aussi François Fillon

La rentrée politique de Nicolas Sarkozy n’a pas permis de crédibiliser davantage sa stature présidentielle, au contraire. Avec à peine un Français sur quatre (26 %) considérant qu’il ferait un « bon Président de la République » pour la France, l’ancien Président perd 6 points en deux mois, se laissant distancer par Alain Juppé (stable à 47 %, et loin devant toutes les autres personnalités politiques) mais aussi, dans une moindre mesure, par François Fillon (31 %, -1) et François Bayrou (27 %, -2).

Le président des Républicains n’a toutefois pas encore dit son dernier mot, gardant encore une (courte) avance dans son propre camp : 80 % des sympathisants de son parti jugeant qu’il ferait un « bon président de la République », contre 73 % pour Alain Juppé. Cette avance se réduit toutefois, puisque Nicolas Sarkozy perd 3 points auprès des sympathisants de son parti quand Alain Juppé, au contraire, gagne 8 points en deux mois.

Une situation qui, à moins d’un an des primaires, relance la question du leadership à droite, alors que les élections régionales elles-mêmes apparaissent déjà complexes, entre une extrême-droite menaçant de conquérir deux régions (Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte-D'azur) et la gauche pouvant conserver au moins trois régions, voire plus, selon les estimations les plus récentes. Des résultats pouvant remettre en cause l’objectif de « vague bleue » escomptée pour lancer la campagne de l’ex-président devenu candidat à la Primaire de son parti.

Télécharger en pdf les résultats du Baromètre Viavoice - Libération - Novembre 2015

François Miquet-Marty et Aurélien Preud’homme, Viavoice