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29.09.16

Peut-on dire que la démocratie française fonctionne mieux depuis deux ans ? En dépit des attentats subis depuis janvier 2015, des tensions communautaires, des tensions sociales ou de la montée de l’extrême-droite, il se trouve qu’une part croissante de Français continue à trouver que notre démocratie fonctionne bien (36 %), en hausse de 6 points depuis avril 2014. Pour autant, les Français se montrent très vigilants et inquiets : 72 % de nos concitoyens pensent en effet que la démocratie pourrait être "remise en cause dans les années à venir", avec la vision d’une menace portée à la fois par diverses formes d’extrémisme politique, le radicalisme islamiste et un divorce croissant entre les citoyens et leurs représentants. Face à ces menaces plurielles, l’opinion publique n’est pas à court de solutions et de souhaits de réformes. Qu’elles soient institutionnelles, électorales ou liées à de nouvelles formes d’engagement politique, elles visent les mêmes buts : rapprocher le citoyen de la démocratie en même temps que les citoyens entre eux (« refaire société »), encadrer la pratique politique, et encourager un dialogue presque permanent entre le « peuple » et les institutions qui le représentent.

Parmi les mesures attendues par l'opinion publique ressortent notamment :

- Le non-cumul des mandats, jugé particulièrement prioritaire avec 83 % des Français déclarant être favorables à la loi de 2014 entrant en vigueur lors des prochaines élections législatives ; ils sont même 74 % à souhaiter aller plus loin en « interdisant tout cumul de mandats, quel qu’il soit » ;

- Le recours à des référendums d’initiative populaire, jugé utile à la démocratie par les trois quarts des Français (75 %) mais aussi le recours plus fréquent à de simples consultations, notamment en ligne (71 %) ;  à noter que les premiers thèmes appréciés pour les référendums seraient : l'aménagement du territoire, les politiques sociales, l'éducation et la santé

- Au delà des seules réformes institutionnelles, six Français sur dix (60 %) pensent par ailleurs qu’il serait utile de promouvoir l’engagement politique citoyen "en dehors des partis traditionnels".

Enfin, les Primaires (pour le moment en tout cas) n'apparaissent pas comme une réponse suffisante au mal démocratique français ou à la fracture civique: pour 59 % de Français, elles «encouragent surtout les oppositions de personnalités » plutôt qu’elles «favorisent le débat d’idées au sein d’une famille politique » (27 %).

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