Harmonie

16.12.16

Le rôle de l’entreprise en matière de santé et de conciliation vie professionnelle – vie personnelle : hier des parti-pris, aujourd’hui des « évidences » pour les salariés comme pour les dirigeants Depuis avril 2014, l’Observatoire Entreprise et Santé Viavoice – Harmonie Mutuelle mesure les opinions des salariés et dirigeants sur le rôle de l’entreprise en tant qu’ « acteur » de santé à part entière. Les résultats obtenus ces dernières années ont ainsi illustré une prise de conscience forte de ces enjeux comme de leur importance économique (productivité, motivation, attractivité employeur…), illustrant le fait que l’entreprise n’a plus seulement un rôle « social » ou « sociétal » à jouer en matière de santé, mais doit également s’y convertir si elle désire développer son activité.

Pour cette quatrième vague de l’Observatoire, les résultats font ressortir de manière très claire l’intensification de ce sentiment, avec aujourd’hui pas moins de 9 dirigeants sur 10 reconnaissant qu’il est du rôle de l’entreprise d’agir pour la santé de ses salariés.

Surtout, cette question dépasse aujourd’hui la seule « santé au travail » telle qu’elle pouvait être envisagée voici quelques années, c’est-à-dire essentiellement tournée vers la prévention des risques professionnels. En lien avec une meilleure prise en compte des facteurs de stress mais aussi de bien-être au travail ces dernières années, salariés et dirigeants s’accordent aujourd’hui pour dire que l’entreprise doit également agir pour aider les collaborateurs à mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle au quotidien.

L’entreprise acteur de santé : une idée qui progresse, partagée aujourd’hui par 9 dirigeants sur 10

En un an, les progressions sont très significatives et illustrent bien l’amélioration de la prise de conscience du rôle de l’entreprise autant que la mise en place d’actions de santé plus diversifiées qu’auparavant :

-87 % des salariés pensent qu’il est du rôle de l’entreprise de contribuer à la bonne santé de ses salariés, une donnée en hausse de 7 points depuis octobre 2015 ; une progression notable qui s’observe également parmi les dirigeants (90 %, +8).
-78 % des dirigeants, par ailleurs, joignant l’idée à la pratique, pensent que « beaucoup » ou « pas mal » d’actions sont menées pour la santé des salariés dans leur entreprise, en hausse de 8 points en un an. Si cet avis n’est partagé que par 39 % des salariés, ce chiffre est également en progression de 7 points depuis octobre 2015.
-Enfin, les dirigeants d’entreprise sont de plus en plus convaincus du bien-fondé des actions menées pour la santé des salariés sur leur motivation (80 % jugent leur impact « important », en hausse de 6 points) et sur la productivité de l’entreprise (82 %, +6).
 

Ces résultats en forte progression peuvent s’interpréter à la lumière de plusieurs facteurs récents :

-Évolutions réglementaires, d’une part, avec la mise en place de l’ANI et la généralisation des mutuelles d’entreprise ;
-Évolutions démographiques et sociétales, ensuite, avec l’avènement d’une génération Y plus exigeante vis-à-vis de son entreprise au quotidien, et notamment vis-à-vis de ce que son entreprise peut lui apporter ;
-Évolutions dans la gouvernance des entreprises, enfin, avec l’intégration de nouveaux objectifs stratégiques liés à la RSE, au développement durable, à la parité ou au bien-être au travail, encourageant l’entreprise à ne plus se penser uniquement comme acteur économique mais également comme acteur de son environnement direct, parmi lesquels ses salariés, ses territoires et ses parties prenantes.

Des évolutions qui semblent aujourd’hui inéluctables, pouvant expliquer un avis de plus en plus unanime, pour ne pas dire consensuel, pour dire que l’entreprise est – ou doit être – un acteur de santé, mais aussi un acteur de bien-être au bénéfice de ses salariés.

La conciliation vie professionnelle – vie personnelle : un « enjeu » pour 9 salariés sur 10, mais aussi une « difficulté » pour 6 salariés sur 10

À l’heure où salariés et dirigeants citent volontiers parmi leurs priorités « la lutte contre le stress » et un « management davantage à l’écoute », la conciliation vie professionnelle et vie personnelle apparaît à la croisée des attentes et des évolutions récentes. Elle apparaît ainsi, de manière très significative, comme un « enjeu important » pour 90 % des salariés, tandis que 62 % d’entre eux déclarent avoir des difficultés, au quotidien, pour concilier leurs temps professionnels et personnels.

Enjeu de santé et de bien-être, enjeu d’attractivité, enjeu économique, la capacité à concilier au mieux vies professionnelle et personnelle n’est ainsi plus, aujourd’hui, un problème d’ordre privé, voire intime, mais bien un sujet qui regarde les employeurs et les managers :

-75 % des salariés et 62 % des dirigeants considèrent cet enjeu comme faisant parti du rôle de l’entreprise ;
-Une très large majorité des dirigeants (86 %) comme des salariés (86 %) interrogés pensent également qu’aider à mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle permet d’améliorer les « relations humaines », voire le « climat social » (pour 84 % et 87 % d’entre eux) ;
-Pour 89 % des salariés et 80 % des dirigeants, cela joue également sur la « motivation » et donc, in fine, sur « l’attachement à l’entreprise » (pour 82 % et 78 % d’entre eux) ;
-Enfin, l’impact économique n’est pas non plus minoré puisque 84 % des salariés et dirigeants jugent qu’il peut être important sur la « performance de l’entreprise ».

Au-delà de ces consensus, toutefois, salariés et dirigeants ne s’accordent pas sur la perception du niveau d’implication actuel des entreprises : alors que 74 % des dirigeants considèrent que leur entreprise est impliquée sur ces questions, seuls 32 % des salariés pensent que leur entreprise l’est réellement.

Aménagement des horaires, sensibilisation des managers et solutions de garde d’enfants privilégiés

Face à cet enjeu de conciliation vie professionnelle – vie personnelle, un certain nombre de priorités ressortent des attentes des salariés :

-L’aménagement des horaires selon les contraintes personnelles et familiales, en premier lieu, cité par 57 % des salariés interrogés et 53 % des dirigeants ;
-Une sensibilisation des managers pour mieux prendre en compte les contraintes de chacun (réunions, congés, souplesse en cas de retard), cité comme une priorité par 46 % des salariés et 41 % des dirigeants ;
-Enfin, des solutions de garde d’enfants (conciergeries, crèches, garde d’urgence…) privilégié par 31 % des salariés et 11 % des dirigeants (un écart pouvant s’expliquer par le coût financier d’une telle mesure).

D’autres attentes, plus spécifiques, sont plutôt privilégiées par certaines catégories de salariés pour les aider à concilier vie professionnelle et vie personnelle :

-Le développement du télétravail, cité par 51 % des cadres mais seulement 27 % de l’ensemble des salariés ;
-Une sensibilisation en interne pour limiter l’utilisation d’e-mails en dehors des heures de travail, également davantage demandé par les cadres (pour 25 % d’entre eux, contre 12 % de l’ensemble des salariés) ;
-Les aides financières pour les salariés ayant des enfants ou des personnes âgées à charge (aidants), cité par 25 % des salariés mais 35 % des moins de 30 ans ;
-Enfin des formations et ateliers de préparation à la retraite, cité par 15 % des salariés mais 23 % des plus de 50 ans.

Vers une approche individualisée des collaborateurs ?

Garde d’enfants, aides financières selon la situation familiale, formations pour préparer la retraite… à certains égards, les mesures développées aujourd’hui pour aider les salariés à concilier famille et travail, vie privée et vie professionnelle, dépassent largement la seule vie en entreprise. Elles pourraient paraître, en ce sens, assez peu naturelles pour un certains nombre de dirigeants, de managers et même de salariés peu habitués à différencier leurs collaborateurs selon leurs contraintes et leurs aspirations personnelles. Au nom de l’équité notamment.

Or c’est bien de cela qu’il s’agit, pour l’avenir : à travers ces résultats il ressort que s’engager pour le bien-être et la santé de ses salariés nécessite aussi de prendre en compte les parcours, les difficultés et les environnements familiaux de chacun : parents, aidants, personnes malades ou en difficulté, futurs retraités, jeunes précaires… Cette démarche est longue et exigeante. Mais elle peut être réalisée au bénéfice du salarié comme de son entreprise.

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