RMSLesEchos
 
10/01/2012
 
 Analyse du niveau de confiance en l’avenir, des perceptions et des valeurs des 18-24 ans
 

 1. La philosophie du sondage

Reims Management SCHOOL (RMS) opère l’ensemble de ses activités sur le secteur de la formation, principalement  en France, mais aussi à l’étranger. Ses publics sont pour une large partie des jeunes en formation ou en complément de formation, allant de 18 à 25 ans. Convaincus de la nécessité d’une formation adaptée à ce public et en phase avec la réalité du marché de l’emploi en constante évolution, les acteurs de RMS croient en la vertu de la dimension éducative de leur mission. C’est pourquoi ils ont décidé de prêter une attention toute particulière au « moral » de cette jeunesse, à la fois « présent » et « avenir » de la société française.

La période actuelle  troublée et porteuse de grandes incertitudes, pousse d‘autant plus à s’intéresser de près à cette notion multidimensionnelle.

Comment les jeunes ressentent la société, qu’y trouvent-ils en termes de valeurs et quelles sont celles qu’ils prônent ?  Quelle perception ont-ils des entreprises vis-à-vis d’eux et de l’avenir qui les y attend ?

Autant de questions qui nous sont apparues intéressantes dans le cadre de cette réflexion, que nous avons souhaité inscrire dans le temps avec nos partenaires. C’est ce qui fera donc l’objet de cette étude récurrente en deux vagues annuelles, permettant, au-delà des constats singuliers, de se forger une analyse pertinente au travers de l’évolution des indicateurs mesurés. Chaque vague d’enquête permettra à certains de nos professeurs de choisir un angle d’attaque particulier et de développer sa réflexion.

Nous sommes persuadés que cette enquête, traitant d’un sujet, de toute façon très important pour notre pays, ses acteurs sociaux et économiques et ses différents décideurs, sera très regardée comme pouvant fournir un éclairage original et parfois prospectif.

Un dernier point me semble primordial pour achever d’expliquer notre démarche : notre grande Ecole, acteur majeur de l’enseignement supérieur français ne cherche pas à sonder uniquement la population de jeunes instruits, en capacité d’intégrer ses programmes ou de se préparer à le  faire. Nous avons véritablement souhaité mieux comprendre La jeunesse de ce pays, pour mieux l’aider, toutes catégories confondues, à vivre dans son temps et à préparer l’avenir qui vient.

« C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. » G Bernanos –Les grands cimetières sous la lune. il nourrit les espoirs d’un avenir meilleur.

2. Le regard sur les premiers résultats

Un constat, deux bonnes surprises, un paradoxe et un changement de modèle !

Le Constat :

Le moral global est légèrement en dessous de la moyenne de 10/20, qui en serait réellement étonné ? A un âge où l’on regarde résolument devant soi, trop de mauvaises nouvelles locales et internationales viennent ternir l’horizon. Par ailleurs la réalité économique vécue par beaucoup ne peut être de nature à se projeter loin avec optimisme….pour autant,

Deux bonnes surprises :

Le pragmatisme affiché au travers de différents critères est accompagné par un  désir d’ « y croire » et le fait d’affirmer que leur situation va s’améliorer. On pourrait dire que le constat de la réalité passé, on veut croire à un avenir meilleur. C’est important pour une Europe vieillissante.

Par ailleurs, dans ce contexte, un jeune sur deux parle de création de sa propre entreprise, ce qui modifie totalement la donne dans un pays où il y a dix ans, une écrasante majorité des 15-25 ans se voyaient plutôt fonctionnaire, clairement motivés par la sécurité de l’emploi.

C’est donc bien que les mentalités évoluent et s’ouvrent plus à l’aventure et à l’esprit d’entreprise…mais,

Un paradoxe :

Les valeurs souhaitées procèdent clairement d’un recentrage sur la famille, la qualité de vie, le respect, tandis que l’engagement, le courage, la curiosité, la combativité et l’ambition arrivent en fin de tableau.

Les indicateurs de réussite de vie, mettent en premières positions à nouveau : la vie de couple et l’épanouissement professionnel, tandis que la création d’entreprise n’arrive qu’en avant dernière position.

C’est donc finalement peut être ailleurs qu’il faut aller chercher l’explication….car,

Un changement de modèle :

C’est maintenant clairement arrivé dans les esprits des plus jeunes, le concept d’emploi stable sur le long terme appartient au passé. Un jeune sur deux sait donc qu’il devra essayer de se former au meilleur niveau dans le domaine qui l’attire et, qu’ensuite, d’une part sa mobilité professionnelle physique et, d’autre part ses compétences, seront ses meilleures clefs de succès.

Enfin et sans surprise, moins un jeune est aujourd’hui formé, moins il nourrit les espoirs d’un avenir meilleur.

François Bonvalet,
Directeur Général de Reims Management School


La période n’est pas propice à l’optimisme et les résultats de la première édition de ce baromètre dressent le portrait d’une jeunesse inquiète pour son avenir.

Mais au-delà de ce constat, cette étude montre aussi une génération pragmatique, curieuse et soucieuse de son épanouissement personnel.

1. Un regard pragmatique
 

Si les 18-24 ans sont très partagés sur l’évolution de leur niveau de vie, ce qui n’est guère surprenant dans le contexte actuel, ils se montrent plus confiants concernant l’évolution de leur situation personnelle, confortés par l’idée de profiter pleinement de leur famille ainsi que de l’accès à la culture et aux loisirs, qui apparait comme un levier majeur de motivation.

Les valeurs communes vont bien au-delà des clivages politiques traditionnels. Ils expriment ainsi de manière très consensuelle une forme de défiance à l’égard de la société française, jugée ni motivante, ni rassurante. Et les raisons relèvent tout autant des difficultés conjoncturelles que de regrets concernant le règne de l’individualisme, la perte de certaines valeurs et un sentiment diffus de manque de respect (insécurité des personnes, de l’emploi, montée des extrémismes).

Ce regard sur une société qui se plaît à désigner des coupables plus qu’à rechercher des solutions se traduit ainsi par un pragmatisme visant à rechercher son bien-être en étant respectueux des autres, mais dénué de toute forme d’idéalisme.

2. L’intérêt pour le travail comme premier objectif professionnel
 

L’avenir professionnel est marqué par un sentiment de confiance concernant la possibilité d’exercer des métiers susceptibles de les intéresser (principalement pour les jeunes issus des milieux les plus favorisés et les étudiants). Cet élément est essentiel à leurs yeux. Il est d’ailleurs cité comme un indicateur majeur de réussite professionnel, loin devant le fait d’avoir une bonne rémunération, d’être reconnu ou de pouvoir aménager son temps.

Ils se montrent en revanche bien plus sceptiques sur la possibilité d’être rémunérés de manière équitable, faisant référence à une vision encore inquiète de l’entreprise, perçue comme peu intéressée par les jeunes et uniquement tournée vers la recherche de rentabilité. Cela se traduit par le fait qu’un jeune sur deux a aujourd’hui envie de créer sa propre entreprise.

Rejet d’un monde du travail jugé trop peu séduisant ou volonté de créer d’autres modèles ? L’attention portée à cette jeunesse, majoritairement en phase avec les mouvements des indignés, nous permettra de mieux comprendre la manière dont elle souhaite faire concilier les notions de respect, d’égalité et de solidarité.

Arnaud Zegierman
Directeur associé

Viavoice