30 juin 2011
Baromètre des projets des français
Amélioration des perceptions sur le pouvoir d’achat et hausse des intentions de dépense
...soit le meilleur score enregistré depuis octobre dernier, à la création de ce baromètre. Concrètement, cette tendance encourageante pour la consommation des ménages s’appuie sur des éléments conjoncturels importants :
Des inquiétudes moins fortes sur le pouvoir d’achat
Après un printemps 2011 caractérisé par l’inflation des produits alimentaires et de l’essence, l’inquiétude sur le pouvoir d’achat est en net recul en ce mois de juin :
- Pour la première fois depuis janvier 2011, seule une minorité de Français (41 %) pensent aujourd’hui que leur pouvoir d’achat « va diminuer » au cours des trois prochains mois. Une baisse de 9 points en un mois qui permet de retrouver les niveaux enregistrés en début d’année (42 % en janvier 2011) ;
Il apparaît en outre que cette évolution tient pour beaucoup à l’évolution du prix de l’énergie, alors que les distributeurs de carburants se sont engagés à répercuter dès lundi les baisses du cours du pétrole : à la question « Quelles sont les dépenses qui vous préoccupent le plus pour votre pouvoir d’achat ? », l’essence n’est plus citée que par 38 % des personnes interrogées, contre 48 % en mai. De la même manière, les prix de l’électricité (27 %, - 5) et du gaz (19 %, - 4) préoccupent moins qu’auparavant les ménages.
De manière plus conjoncturelle, d’autres dépenses préoccupent davantage, telles que l’habillement (9 %, +4) ou l’entretien de la maison (17 %, +6). Enfin, les prix des produits alimentaires demeurent le premier poste de préoccupation des ménages (48 %, - 2).
Intentions de dépense en hausse et stabilisation des intentions d’épargne
Alors que les Français sont moins préoccupés pour leur pouvoir d’achat, les intentions de dépenses à trois mois sont en hausse : 14 % des personnes interrogées déclarent qu’elles comptent dépenser « plus d’argent que ces derniers mois » pour l’alimentation et l’habillement, score en hausse de 3 points sur un mois. Par ailleurs, les jeunes générations sont les plus nombreuses à vouloir consommer davantage dans les mois à venir (23 % des 18-24 ans et 19 % des 25-34 ans) une tendance liée, pour partie, à une période propice à la consommation avec les soldes et les vacances d’été.
Les intentions d’épargne à trois mois, en revanche, se stabilisent avec 11 % des personnes interrogées qui comptent mettre davantage d’argent de côté que ces derniers mois (+1) et 37 % qui comptent mettre autant d’argent de côté (- 4).
Vacances 2011 : les trois France
Pour cette année par comparaison avec l’été 2010, les Français abordent les vacances de trois manières, qui composent, en réalité, trois France distinctes :
- Le premier univers, majoritaire, est celui des Français qui envisagent de dépenser « cette année autant d’argent que l’année dernière » (51 %) ;
- Le troisième univers est celui des Français qui envisagent de dépenser « plus d’argent que l’année dernière » (19 %) ; au sein de cette sensibilité sont surreprésentés les Français les plus modestes : les ouvriers (22 %), les jeunes (32 % des 18-24 ans) ; elle peut être ainsi motivée par la volonté de consommer davantage, mais encore par la volonté de préserver des vacances comparables dans un contexte de hausse perçue des prix.
Ainsi globalement, ce « cru » 2011 des vacances d’été s’annonce sous le signe de la prudence, et ne traduit pas véritablement les signes de reprise économique enregistrés par ailleurs : la plupart des Français envisagent de conserver le même niveau de dépenses, les Français les plus aisés entendent réduire leurs dépenses, et les plus modestes envisagent de dépenser plus, soit en raison d’une hausse perçue des prix soit, certes, pour consommer davantage.
Ces données livrent un enseignement majeur : si la France va moins mal cette année, les difficultés se feront sentir, cette année encore au même titre que l’année dernière, au rendez-vous des vacances d’été.