31 août 2011
Baromètre des projets des français
Forte recrudescence des inquiétudes sur le pouvoir d’achat
Forte recrudescence des inquiétudes sur le pouvoir d’achat
Alors que la conjoncture économique s’est terriblement dégradée durant l’été avec la crise de la dette, cette nouvelle vague du baromètre des projets des Français fait ressortir une forte inquiétude du grand public vis-à-vis de l’avenir : 66 % d’entre eux pensent que la crise actuelle « concerne vraiment leur situation financière personnelle ». Et cette perception se traduit notamment par une forte recrudescence des inquiétudes en matière de pouvoir d’achat.
Inquiétudes en matière de pouvoir d’achat
Crise boursière, activité économique en berne, augmentation de la fiscalité (niches fiscales, taxes sur le tabac et l’alcool, etc.) : après l’embellie du printemps, la rentrée 2011 s’annonce difficile, et inquiète les Français.
Concrètement, 55 % d’entre eux anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois, contre 41 % en juin. Si de telles inquiétudes en matière de pouvoir d’achat ne sont pas inédites, puisqu’elles atteignaient déjà 56 % en février et 54 % en mars, les causes actuelles sont très différentes par rapport à celles qui prévalaient au printemps dernier, durant lequel l’augmentation du prix des matières premières inquiétait en premier lieu :
- Le prix de l’énergie est aujourd’hui beaucoup moins sensible qu’au printemps : seuls 34 % des Français citent « l’essence » comme poste de dépense les préoccupant le plus (contre 48 % en mai dernier, soit -14 points), 17 % (-6) le gaz, 27 % (-5) l’électricité. A l’inverse, les impôts (26 %), la santé (20 %), l’école (13 %) apparaissent comme des préoccupations croissantes ;
Outre l’augmentation des prix, les Français se soucient de l’évolution de leurs salaires et de leur patrimoine, voire de leur emploi : 66 % d’entre eux déclarent que la crise de la dette publique « concerne vraiment leur situation financière personnelle ».
Ainsi, cette crise actuelle des perceptions en matière de pouvoir d’achat s’explique notamment par les dépenses de rentrée (impôts, école), et par la crise de la dette, qui pourrait impacter sur la situation financière des ménages.
Surtout, ces inquiétudes se cristallisent sur la tranche d’âge des 50 à 64 ans, soit des personnes encore en activité professionnelle et généralement mieux pourvues en patrimoine, mais aussi plus en difficulté en matière d’emploi et d’opportunités professionnelles : ceux-ci sont plus nombreux à penser que leur pouvoir d’achat va baisser dans les trois prochains mois (66 % contre 55 % en moyenne), ou que la crise « concerne vraiment leur situation financière personnelle » (73 % contre 66 % en moyenne). Ce sont également ceux qui envisagent le plus de limiter leur consommation et leur épargne.
Malgré la crise, la consommation des ménages devrait se maintenir dans les mois à venir
Les perspectives de baisse du pouvoir d’achat n’incitent évidemment pas les Français à revoir à la hausse leurs intentions d’épargne et de consommation :
Concrètement, 30 % d’entre eux envisagent de mettre « moins d’argent de côté » dans les trois prochains mois (en hausse de 3 points depuis juin), contre 35 % (-2) déclarant vouloir mettre « autant d’argent de côté » et 10 % (-1) « plus d’argent de côté » ;
En matière de dépenses pour l’alimentation et l’habillement, 33 % (+5) envisagent de « dépenser moins d’argent », 50 % (-6) « autant d’argent », et 14 % (stable) « plus d’argent ».
Toutefois, ces baisses apparaissent limitées dans le contexte actuel : d’abord parce que ces niveaux d’intentions d’épargne et de consommation se situent dans la moyenne de ces six derniers mois. Ensuite parce que derrière les données générales se cachent des catégories de population se sentant plus à l’abri de la crise, ou moins en difficulté, et qui devraient continuer à maintenir leur niveau de vie :
Les jeunes actifs apparaissent plus optimistes que les seniors : 19 % des 25-34 ans et 17 % des 35-49 ans comptent dépenser plus d’argent, contre 14 % en moyenne. Les plus jeunes devraient également continuer à acheter des voitures, avec 14 % des 18-24 ans et 12 % des 25-34 ans qui envisagent d’acheter ou de changer de voiture (7 % en moyenne, en baisse de 2 points) ;
Autres catégories apparaissant moins touchées : les cadres et les professions intermédiaires, qui devraient maintenir leur niveau de consommation et d’épargne : 67 % et 55 % d’entre eux comptent dépenser autant d’argent que ces derniers mois (50 % en moyenne), 44 % et 46 % envisagent de mettre « autant d’argent de côté » (35 % en moyenne).
Dès lors l’indice de consommation se maintient à un niveau relativement élevé (83), même s’il baisse de 7 points. Une perspective plutôt rassurante dans le contexte actuel, et alors que les inquiétudes se cristallisent sur l’évolution de la demande face aux politiques de rigueur mises en place en Europe et aux Etats-Unis.