08 juin 2011

Tableau de bord de l'économie française

La confiance retrouvée

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La crise serait-elle terminée ? Les grands enjeux d’actualité (affaire Strauss-Kahn, révolutions arabes, perspective présidentielle) masquent pour partie, aux yeux de l’opinion, le travail des dirigeants d’entreprise et les évolutions de la conjoncture économique.

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Et la présente vague de notre « Tableau de bord de l’économie française », réalisée par Viavoice pour l’ACFCI, Grant Thornton et Les Echos, révèle aujourd’hui une donnée  majeure : les dirigeants d’entreprise renouent avec la confiance. A leurs yeux, la crise économique et financière amplifiée en septembre 2008 est terminée.

Croissance et emploi : les dirigeants d’entreprises beaucoup plus optimistes

Le retour de la confiance est manifeste sur deux registres majeurs :
- Concernant la croissance, pour la première fois depuis la création du baromètre en mars 2009, une majorité (52 %) de dirigeants d’entreprises se déclarent confiants « pour les mois qui viennent en France ». Ce score consacre une progression de 12 points par rapport au résultat enregistré lors de la dernière vague d’enquête en mars dernier et de… 35 points par rapport aux données obtenues en mars 2009, au cœur de la tourmente financière et économique ;
- En matière d’emploi, 46 % des dirigeants d’entreprise se déclarent « confiants pour les mois qui viennent en France ». Si ce résultat n’atteint pas encore la majorité, il témoigne d’une progression là encore très importante par rapport aux données antérieures : + 10 points par rapport au mois de mars 2011, + 35 par rapport à mars 2009.

Ces améliorations majeures s’expliquent par deux catégories de facteurs :
- Le premier élément d’explication est macro-économique : l’amélioration de la conjoncture en France en ce début d’année 2011 (baisse du chômage sur quatre mois consécutifs, croissance de 1 % au premier trimestre contre 0,4 au dernier trimestre 2010) constituent des indices de bonne augure ; qui plus est sur l’ensemble de l’année 2011, les perspectives de croissance ont été revues à la hausse (plus de 2 % selon l’OCDE) ;
- Le second élément d’explication est micro-économique : les dirigeants d’entreprise interrogés retrouvent la confiance pour leur propre activité professionnelle : au moins les deux tiers des dirigeants interrogés se déclarent « confiants » pour le « résultat net pour l’année en cours » (66 %), le « chiffre d’affaires » (72 %), la « trésorerie » (73 %), ainsi que le « climat interne » (87 %). Et de manière générale, en évolution, 57 % des dirigeants considèrent que leur entreprise « va mieux que l’année dernière ».
Plus encore, ce facteur micro-économique apparaît plus prépondérant que les considérations macro-économiques, puisque les dirigeants interrogés sont plus satisfaits des évolutions de leur propre entreprise que de la France dans son ensemble (respectivement 57 % contre 43 %).

Un climat vertueux

Ces améliorations sont vertueuses puisque la confiance constitue le préalable des investissements et d’une progression de la croissance. Concrètement, les proportions de dirigeants d’entreprise envisageant des actions positives au cours des mois qui viennent sont significatives : 26 % envisagent d’« augmenter » les « investissements sur de nouveaux marchés ou produits » (alors que seulement 11 % envisagent de les « réduire », et 56 % de les « maintenir en l’état ») ; 23 % envisagent d’« augmenter » le « nombre de salariés » (contre respectivement 9 % et 66 %) ; 21 % envisagent d’« augmenter » les « investissements en recherche, développement et innovation » (contre respectivement     14 % et 41 %).

Deux zones d’ombres persistantes : inflation et déficits publics

Toutefois, ces améliorations n’affranchissent pas de deux zones d’ombres persistantes :
- Dans une perspective de moyen terme, la « maîtrise de l’inflation » ne suscite pas de jugements foncièrement plus optimistes qu’hier : 45 % des dirigeants d’entreprises interrogés se déclarent « confiants » en la matière, soit un score comparable (+2) à celui enregistré en mars. Ce scénario est notamment la traduction de la hausse des prix des hydrocarbures et des matières premières : pour leur entreprise, 63 % des dirigeants s’inquiètent des prix des matières premières et des sous-traitants. Et une part significative de dirigeants d’entreprise envisagent de répercuter ces augmentations sur leurs propres prix : 29 % envisagent d’ « augmenter » leur prix de vente, contre seulement 6 % qui comptent les réduire.
- Dans une perspective de plus long terme, les déficits publics inquiètent toujours les dirigeants d’entreprise : seuls 24 % d’entre eux se déclarent confiants sur ce point. Malgré une hausse ce trimestre (16 % étaient confiants en mars, soit une hausse de 8 points), ce niveau renoue en réalité avec celui qui était connu fin 2010 (23 % en décembre).

Pour l’avenir : baisse des charges et meilleure adéquation entre demandes d’emploi et offres d’emploi

Dans ce contexte, pour l’avenir, les attentes des dirigeants d’entreprises se distribuent notamment sur deux registres majeurs :
- La baisse des charges : près de la moitié des dirigeants interrogés (48 %) privilégient spontanément cette solution « pour soutenir la croissance économique française », mais également pour l’emploi ou le pouvoir d’achat : « Baisser les charges pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés », « Baisser les charges sociales, on embauchera plus. » ;
- Une meilleure adéquation entre les demandes d’emploi et les offres d’emploi. De façon particulièrement frappante, 59 % des dirigeants ne sont « pas confiants » sur la facilité à trouver de nouveaux salariés, alors que près de 10 % de la population active est toujours au chômage.

Télécharger en pdf le baromètre d’opinion économique Viavoice, ACFCI, Les Echos, Juin 2011pdf.jpg