11 juillet 2011
Baromètre Opinion Viavoice-Libération
Prééminence Hollande auprès des Français
Concurrence Hollande-Aubry auprès des sympathisants de gauche
Plus que jamais, les offensives sont lancées. La période de déclaration officielle des candidatures (du 28 juin au 13 juillet) à la primaire socialiste des 9 et 16 octobre donne lieu, de la part des leaders socialistes, à une rafale d’interventions et d’événements : déclaration de candidature de Martine Aubry, intervention de Ségolène Royal, ralliements (notamment strauss-kahniens) à Martine Aubry et François Hollande, déclaration de candidature de Manuel Valls assortie de positions dissonantes par rapport au projet socialiste, déplacements « de terrain », tout cela aurait pu conduire tel ou tel candidat à acquérir un avantage décisif auprès de l’opinion.
Ce sondage Viavoice réalisé pour Libération révèle que :
- François Hollande et Martine Aubry bénéficient des soutiens les plus massifs ;
- Loin du scénario de « guerre éclair », ce début de campagne officielle socialiste s’apparente plutôt à une guerre de tranchées, où en dépit des offensives menées, chaque candidat peine à déplacer les lignes d’opinion de façon décisive en sa faveur.
François Hollande : une prééminence d’opinion auprès du grand public
François Hollande bénéficie d’une prééminence d’opinion significative auprès du grand public, toutes sensibilités politiques confondues :
- En termes de popularité, le député de Corrèze recueille un score record de 58 %, en progression de deux points par rapport au résultat obtenu le mois dernier, et à distance désormais de 9 points du score obtenu par Martine Aubry (49 %, -4) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, François Hollande devance Martine Aubry par 41 % (-3 par rapport au mois de mai) contre 35 % (-2) ;
- En termes de pronostics de victoire face à Nicolas Sarkozy, l’ex-Premier secrétaire est en situation privilégiée par 52 % (-1 par rapport au mois de mai) contre 46 % (+3).
Ces bons résultats enregistrés par François Hollande auprès du grand public s’expliquent par une batterie de traits d’image qui lui sont favorables : le député de Corrèze est jugé plus « sympathique » (46 % contre 21 % en faveur de Martine Aubry), plus « capable de diriger la France » (45 % contre 26 %), plus « capable de faire une bonne campagne électorale » (44 % contre 27 %), plus « compétent » (43 % contre 30 %), plus en mesure de « proposer les meilleures idées » (36 % contre 27 %), plus « moderne » (36 % contre 20 %).
François Hollande et Martine Aubry : des scores comparables auprès des sympathisants de gauche
En revanche, auprès des seuls sympathisants de gauche (et non auprès de l’ensemble du grand public), François Hollande et Martine Aubry font souvent jeu égal :
- En termes de popularité, le score de François Hollande s’établit à 70 % (+2 points par rapport au mois dernier), et celui de Martine Aubry à 69 % (-4) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, François Hollande obtient 54 % (-3 par rapport au mois de mai) contre 55 % (+1) pour Martine Aubry ;
- En termes de pronostics de victoire face à Nicolas Sarkozy, l’ex-Premier secrétaire recueille 64 % (+2 par rapport au mois de mai) contre 63 % (+7).
Et auprès de ces mêmes sympathisants de gauche, les contenus d’image sont contrastés au bénéfice de l’une ou de l’autre des deux personnalités. François Hollande est jugé relativement plus « sympathique », « capable de diriger la France », et « capable de faire une bonne campagne électorale », mais Martine Aubry est considérée comme plus « rassembleuse », « proche des gens », et honnête ».
Ce succès relatif de l’image de Martine Aubry auprès des sympathisants de gauche tient notamment à l’identification de ses responsabilités récentes à la tête du Parti socialiste, à la réforme des 35 heures considérée comme un symbole de la gauche, et à son action à Lille.
Ségolène Royal, puis Manuel Valls et Arnaud Montebourg
Ensuite sont cités, systématiquement dans le même ordre de préférence auprès du grand public : Ségolène Royal, puis Manuel Valls et Arnaud Montebourg :
- En termes de popularité, Ségolène Royal recueille un score de 33 % (-2), Manuel Valls de 29 % (stable, -1) et Arnaud Montebourg de 26 % (stable également, +1) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, Ségolène Royal est citée par 20 % des Français, Manuels Valls par 11 % et Arnaud Montebourg par 9 % ;
- En termes de pronostics de victoire, 17 % des Français estiment que Ségolène Royal « aurait de grandes chances de battre Nicolas Sarkozy », 9 % concernant Manuel Valls, et 5 % concernant Arnaud Montebourg.
Ainsi en particulier, les positions dissonantes de Manuel Valls concernant les emplois aidés et la retraite ne lui permettent pas, pour l’instant, d’enclencher une dynamique en sa faveur.
L’image de Dominique Strauss-Kahn, « handicap » pour la gauche
Enfin dans cette actualité tourmentée, l’image de Dominique Strauss-Kahn est massivement perçue comme un « handicap » pour la gauche, par les Français (à 71 %) mais également par les sympathisants de gauche (à 71 % également).
En dépit de leurs implications, et bénéficiant parfois de soutiens importants au sein de l’opinion, les cinq principaux candidats à la primaire socialiste font peu évoluer les lignes d’opinion en leur faveur. Cette singulière situation s’explique notamment par trois éléments :
- La densité de l’actualité extérieure à la campagne socialiste : affaires DSK, libération des otages, remaniement ministériel, nomination de Christine Lagarde au FMI, etc. ;
- Le fait que, à rebours des candidats socialistes, l’opinion s’estime encore relativement peu concernée par la primaire des 9 et 16 octobre ;
- Le fait que la plupart des candidats (à l’exception de Manuel Valls) aient pris peu de risques jusqu’ici.
Pour les uns et les autres, cette stabilité présente l’avantage de conjurer les défections. Mais elle recèle également une menace majeure : celle d’entretenir l’illusion de situations acquises. Or en réalité les opinions ne sont pas cristallisées, et l’électorat potentiel à la primaire socialiste n’est pas défini. Les tranchées d’opinion ne sont pas éternelles.
Ce sondage Viavoice réalisé pour Libération révèle que :
- François Hollande et Martine Aubry bénéficient des soutiens les plus massifs ;
- Loin du scénario de « guerre éclair », ce début de campagne officielle socialiste s’apparente plutôt à une guerre de tranchées, où en dépit des offensives menées, chaque candidat peine à déplacer les lignes d’opinion de façon décisive en sa faveur.
François Hollande : une prééminence d’opinion auprès du grand public
François Hollande bénéficie d’une prééminence d’opinion significative auprès du grand public, toutes sensibilités politiques confondues :
- En termes de popularité, le député de Corrèze recueille un score record de 58 %, en progression de deux points par rapport au résultat obtenu le mois dernier, et à distance désormais de 9 points du score obtenu par Martine Aubry (49 %, -4) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, François Hollande devance Martine Aubry par 41 % (-3 par rapport au mois de mai) contre 35 % (-2) ;
- En termes de pronostics de victoire face à Nicolas Sarkozy, l’ex-Premier secrétaire est en situation privilégiée par 52 % (-1 par rapport au mois de mai) contre 46 % (+3).
Ces bons résultats enregistrés par François Hollande auprès du grand public s’expliquent par une batterie de traits d’image qui lui sont favorables : le député de Corrèze est jugé plus « sympathique » (46 % contre 21 % en faveur de Martine Aubry), plus « capable de diriger la France » (45 % contre 26 %), plus « capable de faire une bonne campagne électorale » (44 % contre 27 %), plus « compétent » (43 % contre 30 %), plus en mesure de « proposer les meilleures idées » (36 % contre 27 %), plus « moderne » (36 % contre 20 %).
François Hollande et Martine Aubry : des scores comparables auprès des sympathisants de gauche
En revanche, auprès des seuls sympathisants de gauche (et non auprès de l’ensemble du grand public), François Hollande et Martine Aubry font souvent jeu égal :
- En termes de popularité, le score de François Hollande s’établit à 70 % (+2 points par rapport au mois dernier), et celui de Martine Aubry à 69 % (-4) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, François Hollande obtient 54 % (-3 par rapport au mois de mai) contre 55 % (+1) pour Martine Aubry ;
- En termes de pronostics de victoire face à Nicolas Sarkozy, l’ex-Premier secrétaire recueille 64 % (+2 par rapport au mois de mai) contre 63 % (+7).
Et auprès de ces mêmes sympathisants de gauche, les contenus d’image sont contrastés au bénéfice de l’une ou de l’autre des deux personnalités. François Hollande est jugé relativement plus « sympathique », « capable de diriger la France », et « capable de faire une bonne campagne électorale », mais Martine Aubry est considérée comme plus « rassembleuse », « proche des gens », et honnête ».
Ce succès relatif de l’image de Martine Aubry auprès des sympathisants de gauche tient notamment à l’identification de ses responsabilités récentes à la tête du Parti socialiste, à la réforme des 35 heures considérée comme un symbole de la gauche, et à son action à Lille.
Ségolène Royal, puis Manuel Valls et Arnaud Montebourg
Ensuite sont cités, systématiquement dans le même ordre de préférence auprès du grand public : Ségolène Royal, puis Manuel Valls et Arnaud Montebourg :
- En termes de popularité, Ségolène Royal recueille un score de 33 % (-2), Manuel Valls de 29 % (stable, -1) et Arnaud Montebourg de 26 % (stable également, +1) ;
- En termes de souhaits de victoire présidentielle, Ségolène Royal est citée par 20 % des Français, Manuels Valls par 11 % et Arnaud Montebourg par 9 % ;
- En termes de pronostics de victoire, 17 % des Français estiment que Ségolène Royal « aurait de grandes chances de battre Nicolas Sarkozy », 9 % concernant Manuel Valls, et 5 % concernant Arnaud Montebourg.
Ainsi en particulier, les positions dissonantes de Manuel Valls concernant les emplois aidés et la retraite ne lui permettent pas, pour l’instant, d’enclencher une dynamique en sa faveur.
L’image de Dominique Strauss-Kahn, « handicap » pour la gauche
Enfin dans cette actualité tourmentée, l’image de Dominique Strauss-Kahn est massivement perçue comme un « handicap » pour la gauche, par les Français (à 71 %) mais également par les sympathisants de gauche (à 71 % également).
En dépit de leurs implications, et bénéficiant parfois de soutiens importants au sein de l’opinion, les cinq principaux candidats à la primaire socialiste font peu évoluer les lignes d’opinion en leur faveur. Cette singulière situation s’explique notamment par trois éléments :
- La densité de l’actualité extérieure à la campagne socialiste : affaires DSK, libération des otages, remaniement ministériel, nomination de Christine Lagarde au FMI, etc. ;
- Le fait que, à rebours des candidats socialistes, l’opinion s’estime encore relativement peu concernée par la primaire des 9 et 16 octobre ;
- Le fait que la plupart des candidats (à l’exception de Manuel Valls) aient pris peu de risques jusqu’ici.
Pour les uns et les autres, cette stabilité présente l’avantage de conjurer les défections. Mais elle recèle également une menace majeure : celle d’entretenir l’illusion de situations acquises. Or en réalité les opinions ne sont pas cristallisées, et l’électorat potentiel à la primaire socialiste n’est pas défini. Les tranchées d’opinion ne sont pas éternelles.
François Miquet-Marty
Directeur associé
Viavoice
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