19 juin 2011
Baromètre Opinion Viavoice-Libération
Primaire écologiste : Hulot, largement favori de l’opinion
Nicolas Hulot va-t-il gagner la primaire écologiste ? Le vote des adhérents « Europe Ecologie Les Verts » et des « coopérateurs » est actuellement ouvert, depuis le mercredi 15 juin jusqu’au vendredi 24 juin. La campagne électorale en vue de cette élection primaire a été émaillée de nombreux événements, parmi lesquels la proximité reconnue de Nicolas Hulot envers Jean-Louis Borloo.
Pour autant, cette nouvelle vague du baromètre d’opinion Viavoice pour Libération révèle que le choix de l’opinion française et des sympathisants écologistes s’effectue nettement en faveur de Nicolas Hulot.
La préférence Hulot
La préférence en faveur de Nicolas Hulot est nette : 52 % des Français préfèreraient que l’animateur de TF1 soit le « candidat écologiste », contre 26 % en faveur d’Eva Joly (22 % ne se prononcent pas). Et aux yeux des sympathisants écologistes, la préférence est encore plus caractérisée : 63 % préfèrent une candidature Hulot à la présidentielle, et seulement 28 % une candidature Joly.
Cette prééminence Hulot apparaît surtout comme la traduction de la popularité acquise par l’animateur au fil de ses documentaires :
- Nicolas Hulot bénéficie d’une notoriété exceptionnelle (seuls 2 % des Français ne le connaissent pas) et d’une popularité qui surclasse celles de la plupart des leaders de l’opposition : avec 51 % d’opinions positives, Nicolas Hulot compte parmi les quatre personnalités les plus populaires en dehors de la majorité ;
- Paradoxalement, son tardif ralliement à la sortie du nucléaire ne lui est pas préjudiciable, alors que les Français y sont massivement attachés : 60 % des personnes interrogées (et 79 % des sympathisants écologistes) se déclarent « favorables » à une « sortie progressive du nucléaire en France ». Alors que l’animateur était longtemps resté flou ou silencieux en la matière (il n’a pas évoqué le sujet lors de son discours de candidature, le 13 avril dernier), alors qu’il a attendu la fin du mois d’avril pour déclarer que la sortie du nucléaire constituait un « objectif prioritaire », Nicolas Hulot n’est pas pénalisé en termes d’opinion, et particulièrement auprès des sympathisants écologistes ;
- Son positionnement politique perçu ne lui est pas, non plus, préjudiciable : seuls 18 % des Français estiment que Nicolas Hulot est « de gauche » (21 % des sympathisants écologistes), et le candidat à la primaire écologiste a fait l’objet des dénonciations de l’un de ses concurrents, Stéphane Lhomme, pour être le candidat de TF1. Pour autant, là encore, ces critiques sont demeurées sans effet. Eva Joly est certes soutenue majoritairement par les sympathisants Front de gauche (à 60 % contre 25 % en faveur de Nicolas Hulot), mais cet ancrage à la gauche de la gauche ne lui est bien évidemment pas suffisant.
Ainsi, par delà l’identification de son image à la préservation de l’environnement sur la planète, et à sa mobilisation, en 2007, en faveur du « Pacte écologique », puis du Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot bénéficie d’une popularité personnelle qui occulte ses fragilités d’image potentielles en termes de contenu et de positionnement.
Confirmation de la nette prééminence Hollande-Aubry, progression de Ségolène Royal
Du côté socialiste, les résultats de ce sondage confirment :
- La position privilégiée de François Hollande, qui bénéficie de la confirmation du très bon score de popularité obtenu le mois dernier (56 %) : le « soutien » accordé par Jacques Chirac n’aura ni conforté ni infléchi la popularité du président du Conseil général de Corrèze ;
- La solidité de la popularité de Martine Aubry, stable à un niveau majoritaire (53 %, +1 point par rapport au score enregistré le mois dernier) : la séquence engagée par son engagement au lendemain de la fin du magistère d’opinion DSK, l’adoption du projet socialiste puis l’annonce de sa candidature qui aura lieu à compter du 28 juin ont confirmé son audience dans l’opinion.
Au total, contrairement à ce qui a été dit depuis le 15 mai, « l’affaire DSK » n’a pas pénalisé le Parti socialiste puisque ses deux leaders qui bénéficiaient des popularités les plus élevés avant l’affaire ont non seulement maintenu leur crédit auprès de l’opinion, mais l’ont amplifié.
Certes à distance d’opinion de ces deux premières personnalités, Ségolène Royal enregistre aujourd’hui un regain de confiance à 35 % (+ 3 points par rapport aux données recueilles en mai, + 5 par rapport à celles obtenues en janvier). Cette progression consacre une période de forte exposition médiatique, de déplacements, de propositions concrètes et confrontation politique et médiatique avec Nicolas Sarkozy lors de son déplacement en Charente.
En dépit des récents regains, un exécutif toujours fortement fragilisé
L’exécutif, pour sa part, ne parvient pas à prolonger le « réveil d’opinion » connu ces derniers mois. Alors que la popularité de Nicolas Sarkozy avait progressé de 29 % à 33 % entre avril et mai, celle-ci n’est plus désormais que de 30 % (-2 points par rapport au mois dernier), renouant avec l’étiage atteint en début d’année.
Autrement dit, si le président de la République est parvenu à bénéficier au printemps, en termes d’opinion, des résultats obtenus notamment sur le front de l’emploi et de la croissance, il ne parvient pas, aujourd’hui, à capitaliser sur ces acquis.
Impopularité persistante de l’exécutif et dynamique d’opinion en faveur de l’opposition : le rapport de forces politiques, un an avant une présidentielle, a rarement été aussi favorable à la gauche. D’ici l’achèvement de la primaire écologiste, puis plus encore de la primaire socialiste, il reste pour cet univers politique à ne pas réveiller cette « guerre des gauches » plus personnelle qu’idéologique, dont le seul bruit des armes ruinerait le crédit dont disposent aujourd’hui ses sensibilités.
La préférence Hulot
La préférence en faveur de Nicolas Hulot est nette : 52 % des Français préfèreraient que l’animateur de TF1 soit le « candidat écologiste », contre 26 % en faveur d’Eva Joly (22 % ne se prononcent pas). Et aux yeux des sympathisants écologistes, la préférence est encore plus caractérisée : 63 % préfèrent une candidature Hulot à la présidentielle, et seulement 28 % une candidature Joly.
Cette prééminence Hulot apparaît surtout comme la traduction de la popularité acquise par l’animateur au fil de ses documentaires :
- Nicolas Hulot bénéficie d’une notoriété exceptionnelle (seuls 2 % des Français ne le connaissent pas) et d’une popularité qui surclasse celles de la plupart des leaders de l’opposition : avec 51 % d’opinions positives, Nicolas Hulot compte parmi les quatre personnalités les plus populaires en dehors de la majorité ;
- Paradoxalement, son tardif ralliement à la sortie du nucléaire ne lui est pas préjudiciable, alors que les Français y sont massivement attachés : 60 % des personnes interrogées (et 79 % des sympathisants écologistes) se déclarent « favorables » à une « sortie progressive du nucléaire en France ». Alors que l’animateur était longtemps resté flou ou silencieux en la matière (il n’a pas évoqué le sujet lors de son discours de candidature, le 13 avril dernier), alors qu’il a attendu la fin du mois d’avril pour déclarer que la sortie du nucléaire constituait un « objectif prioritaire », Nicolas Hulot n’est pas pénalisé en termes d’opinion, et particulièrement auprès des sympathisants écologistes ;
- Son positionnement politique perçu ne lui est pas, non plus, préjudiciable : seuls 18 % des Français estiment que Nicolas Hulot est « de gauche » (21 % des sympathisants écologistes), et le candidat à la primaire écologiste a fait l’objet des dénonciations de l’un de ses concurrents, Stéphane Lhomme, pour être le candidat de TF1. Pour autant, là encore, ces critiques sont demeurées sans effet. Eva Joly est certes soutenue majoritairement par les sympathisants Front de gauche (à 60 % contre 25 % en faveur de Nicolas Hulot), mais cet ancrage à la gauche de la gauche ne lui est bien évidemment pas suffisant.
Ainsi, par delà l’identification de son image à la préservation de l’environnement sur la planète, et à sa mobilisation, en 2007, en faveur du « Pacte écologique », puis du Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot bénéficie d’une popularité personnelle qui occulte ses fragilités d’image potentielles en termes de contenu et de positionnement.
Confirmation de la nette prééminence Hollande-Aubry, progression de Ségolène Royal
Du côté socialiste, les résultats de ce sondage confirment :
- La position privilégiée de François Hollande, qui bénéficie de la confirmation du très bon score de popularité obtenu le mois dernier (56 %) : le « soutien » accordé par Jacques Chirac n’aura ni conforté ni infléchi la popularité du président du Conseil général de Corrèze ;
- La solidité de la popularité de Martine Aubry, stable à un niveau majoritaire (53 %, +1 point par rapport au score enregistré le mois dernier) : la séquence engagée par son engagement au lendemain de la fin du magistère d’opinion DSK, l’adoption du projet socialiste puis l’annonce de sa candidature qui aura lieu à compter du 28 juin ont confirmé son audience dans l’opinion.
Au total, contrairement à ce qui a été dit depuis le 15 mai, « l’affaire DSK » n’a pas pénalisé le Parti socialiste puisque ses deux leaders qui bénéficiaient des popularités les plus élevés avant l’affaire ont non seulement maintenu leur crédit auprès de l’opinion, mais l’ont amplifié.
Certes à distance d’opinion de ces deux premières personnalités, Ségolène Royal enregistre aujourd’hui un regain de confiance à 35 % (+ 3 points par rapport aux données recueilles en mai, + 5 par rapport à celles obtenues en janvier). Cette progression consacre une période de forte exposition médiatique, de déplacements, de propositions concrètes et confrontation politique et médiatique avec Nicolas Sarkozy lors de son déplacement en Charente.
En dépit des récents regains, un exécutif toujours fortement fragilisé
L’exécutif, pour sa part, ne parvient pas à prolonger le « réveil d’opinion » connu ces derniers mois. Alors que la popularité de Nicolas Sarkozy avait progressé de 29 % à 33 % entre avril et mai, celle-ci n’est plus désormais que de 30 % (-2 points par rapport au mois dernier), renouant avec l’étiage atteint en début d’année.
Autrement dit, si le président de la République est parvenu à bénéficier au printemps, en termes d’opinion, des résultats obtenus notamment sur le front de l’emploi et de la croissance, il ne parvient pas, aujourd’hui, à capitaliser sur ces acquis.
Impopularité persistante de l’exécutif et dynamique d’opinion en faveur de l’opposition : le rapport de forces politiques, un an avant une présidentielle, a rarement été aussi favorable à la gauche. D’ici l’achèvement de la primaire écologiste, puis plus encore de la primaire socialiste, il reste pour cet univers politique à ne pas réveiller cette « guerre des gauches » plus personnelle qu’idéologique, dont le seul bruit des armes ruinerait le crédit dont disposent aujourd’hui ses sensibilités.
François Miquet-Marty
Directeur associé
Viavoice
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