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vendredi, 17 février 2012

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Des dirigeants d’entreprise moins inquiets pour l’avenir mais partagés quant à l’impact de la « TVA sociale »

De manière tout à fait significative, les perspectives des dirigeants d’entreprise s’améliorent par rapport au dernier trimestre 2011, face à une conjoncture certes difficile mais bien moins anxiogène qu’en novembre dernier :

- La réponse concomitante des gouvernements de la zone euro et de la Banque Centrale Européenne à la crise de la dette semble avoir eu un effet d’apaisement sur les marchés, permettant d’écarter à moyen terme tout risque systémique au sein de la zone euro ;

- Parallèlement, les taux d’emprunt des Etats, et celui de la France en particulier, se sont stabilisés, malgré la dégradation de sa note par Standard and Poor’s début janvier.

Ces perspectives apaisées sur la crise de la dette qu’a traversée l’Europe depuis août 2011 ont, dès lors, un impact positif sur le moral des acteurs de l’ « économie réelle », et celui des dirigeants d’entreprise en particulier, qui recommencent à entrevoir, malgré des perspectives de croissance très faibles en 2012, des signes de reprise à moyen terme :
chiffre d’affaires, investissements et embauches pourraient ainsi progresser dans les prochains mois si la conjoncture continue à s’améliorer.

Amélioration relative de la confiance, notamment en matière de croissance

Près d’un chef d’entreprise sur quatre (38 %) se dit désormais « confiant » pour l’économie française dans les mois à venir, soit une progression de 13 points depuis novembre dernier. Concrètement, cette progression conséquente du moral des dirigeants s’explique d’abord par une amélioration des perspectives en matière de croissance et d’inflation,même si les scores de confiance demeurent sur une moyenne basse :

- 23 % d’entre eux déclarent être « confiants » pour la croissance, donnée en hausse de 7 points. A l’inverse, ils sont toujours 77 % à n’être « pas vraiment » ou « pas du tout » confiants ;

- 38 % des dirigeants d’entreprise se déclarent « confiants » sur la maîtrise de l’inflation, en hausse de 5 points (61 % ne sont pas confiants).

En revanche, la confiance des dirigeants en matière d’emploi (17 %, +2) et de maîtrise des déficits (18 %, +3) progresse moins et demeure donc sur des niveaux très faibles. Preuve que pour eux, la crise de la dette et ses implications sur le marché du travail ne devraient pas se résorber à court terme, même s’ils peuvent, au sein de leur entreprise, envisager une progression des embauches dans les mois à venir.

Des dirigeants confiants pour les résultats de leur entreprise et qui envisagent davantage d’investissements et d’embauches

Au-delà des perspectives macro-économiques, on note de la part des dirigeants d’entreprise une amélioration très nette de leur confiance pour leur propre activité : aujourd’hui 70 % des dirigeants se disent « confiants » pour leur entreprise dans les mois à venir, résultat en hausse de 10 points depuis novembre 2011.
Et cette progression se décline autant en matière de « chiffre d’affaires » (66 % sont confiants, en hausse de 4 points) que de « climat interne » (84%, +3) ou de « motivation des salariés » (74 %, +5). Surtout, cette amélioration des résultats, si elle se confirme à moyen terme,
pourrait avoir des répercussions très concrètes en matière :
- D’investissements : 23 % des dirigeants envisagent d’augmenter les « investissements sur de nouveaux marchés ou produits », en hausse de 3 points ;
- D’emploi : 16 % (+3) envisagent d’augmenter le nombre de salariés, contre seulement 11 % qui comptent le réduire.
Par ailleurs, les difficultés demeurent importantes en matière de prix : seuls 28 % des dirigeants se disent confiants sur le prix des matières premières et des sous-traitants, ce qui explique une tendance toujours à la hausse des prix de vente : 23 % (chiffre stable) des dirigeants souhaitent augmenter leurs prix, contre seulement 7 % qui comptent les réduire.

Des dirigeants d’entreprises partagés quant à l’impact de la « TVA sociale » sur la compétitivité

Le projet de réforme de la fiscalité présenté par Nicolas Sarkozy prévoyant une baisse des cotisations patronales (et donc du coût du travail) compensée par une augmentation de la TVA et une hausse de deux points de la CSG sur les revenus financiers n’apparaît pas suffisante aux yeux d’une part des dirigeants pour améliorer la compétitivité :

- Seuls 48 % d’entre eux pensent qu’une telle réforme aurait un impact important sur « la compétitivité des entreprises françaises », dont 13 % un impact « très important ». A l’inverse, ils 47 % estiment que cet impact sera faible.

- Par ailleurs, seuls 40 % des dirigeants d’entreprise envisagent un impact important sur la compétitivité de leur propre entreprise. Ce chiffre est un peu plus élevé dans l’industrie (43 %), même s’il reste minoritaire.

Ainsi les dirigeants apparaissent, pour une large part, plutôt sceptiques face à une réforme qui leur est destinée en priorité. Il faut toutefois relativiser ce désaveu : d’une part les interviews ont été réalisées en partie avant l’allocution du président de la République (le 29 janvier, l’enquête ayant eu lieu entre le 23 janvier et le 3 février), et le travail de pédagogie amorcé depuis pourrait convaincre certains dirigeants a priori peu enthousiastes. D’autre part, cette réforme s’adresse d’abord aux entreprises exportatrices ou positionnées sur des secteurs fortement concurrentiels.

Quoi qu’il en soit, au vu de ces résultats, le bénéfice électoral de cette réforme, présentée comme essentielle, pourrait s’avérer limité, y compris auprès des dirigeants d’entreprise.

Télécharger en pdf le baromètre d’opinion économique Viavoice, ACFCI, Les Echos, février 2012pdf.jpg