Monday, 09 January 2012
L’élection présidentielle ne suscite pas d’espoir de rebond économique

Description

L’élection présidentielle ne suscite pas d’espoir de rebond économique

Après une année 2011 très instable pour l’économie mondiale (crises de la dette en Europe et aux Etats-Unis, Tsunami et accident nucléaire au Japon, révolutions arabes), la trêve hivernale marque un temps de répit face à une situation macro-économique qui demeure, malgré tout, très préoccupante.

Dans ce contexte, les cadres français conservent des perspectives très pessimistes, même si l’on enregistre un regain de motivation en cette fin d’année.

Qui plus est, l’autre enseignement majeur de cette enquête consiste en l’absence de perspectives d’amélioration, pour une majorité de cadres, liées à la campagne présidentielle au printemps prochain : 64 % d’entre eux considèrent que cette élection ne constitue « pas une source d’espoir ». Un contexte économique et moral qui devrait, sans aucun doute, peser sur les débats à venir dans les prochains mois.

Des perspectives macro-économiques stabilisées à un très faible niveau

Un léger rebond de l’indice du moral des cadres est enregistré, même si celui-ci demeure établi à un niveau faible (-52 points, après avoir atteint son étiage au mois dernier à -56 points).

Concrètement cette amélioration s’explique d’abord par une progression significative de la motivation dans les entreprises : 39 % des cadres déclarent que leurs collaborateurs sont aujourd’hui « motivés », résultat en hausse de 6 points. Cette amélioration permet par ailleurs de retrouver les niveaux de motivation du printemps dernier (40 % en mai), c’est-à-dire avant la généralisation de la crise de la dette et l’effondrement des perspectives de croissance.

L’amélioration sensible du moral des cadres s’explique également par les perspectives concernant la situation financière personnelle des cadres : 16 % d’entre eux pensent que leur situation financière « va s’améliorer », en hausse de 2 points, et 42 % qu’elle va « se dégrader », en baisse de 6 points. Si ces variations sont faibles et s’inscrivent toujours sur fond de pessimisme dominant, elles témoignent d’un dégel des situations catastrophiques enregistrées ces derniers mois.

En revanche les perspectives macro-économiques demeurent stables à des niveaux toujours très pessimistes :

- 86 % (-1) des cadres pensent que le nombre de chômeurs en France augmentera dans les mois à venir, contre seulement 3 % qui pensent le contraire ;
- 73 % (-3) des cadres s’attendent par ailleurs à une dégradation du niveau de vie en France, contre seulement 5 % qui pensent le contraire.

Enfin, les opportunités de carrière sont également stables : 17 % des cadres pensent avoir des opportunités « importantes » pour faire progresser leur carrière, 80 % des opportunités « faibles ».

L’élection présidentielle de 2012 : un contexte radicalement différent de celui de 2007

De façon tout à fait significative, une forte majorité de cadres (64 %) ne voient pas dans l’élection présidentielle du printemps prochain « une source d’espoir » pour eux (seuls 24 % y voyant une source d’espoir).

Les cadres plus pessimistes sont ceux qui travaillent au sein de grandes entreprises – 71 % des cadres d’entreprises de plus de 500 salariés déclarent que l’élection n’est pas une source d’espoir – et ceux du secteur privé : 66 % n’y voient pas une source d’espoir, contre 61 % pour ceux du secteur public.

Cette forme de scepticisme est compréhensible dans le contexte actuel, avec un risque de récession  début 2012, selon l’Insee, et une croissance vraisemblablement très faible sur l’ensemble de l’année (moins de 1 %). Peu d’espoir, donc, de sursaut économique même dans l’hypothèse d’un changement de politique. Surtout, cette situation apparaît radicalement différente de celle des dernières élections en 2007 : le chômage enregistrait alors une baisse, les principaux candidats se positionnaient sur le thème du changement – voire de la rupture – poussant l’indice du moral des cadres à ces niveaux les plus hauts depuis 2004.

Ainsi ces résultats sont aussi symptomatiques d’un désarroi lié à un sentiment d’impuissance des décideurs politiques, notamment face aux aléas de la conjoncture et du marché. Dès lors il est peu étonnant que ce soient dans les grands groupes et au sein du secteur privé que l’on attend le moins de choses des élections, y étant sans doute plus qu’ailleurs dépendant d’une croissance européenne et mondiale actuellement en berne, et sur laquelle un président de la République, quel qu’il soit, n’a que peu d’influence.

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