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jeudi, 03 novembre 2011
Les dirigeants d’entreprise face à la crise

Description

Les dirigeants d’entreprise face à la crise effondrement de la confiance macroéconomique, mais résistance de la confiance microéconomique

La tendance semblait solidement établie : en juin dernier, les dirigeants d’entreprise en France affichaient une confiance macroéconomique retrouvée et en progression.

Aujourd’hui, trois ans après la crise de 2008, les données livrées par cet Observatoire ACFCI - Grant Thornton réalisé par Viavoice et publié par Les Echos sont édifiantes : pour l’économie française, les dirigeants d’entreprise affichent une confiance en chute libre, qui renoue avec l’étiage connu au printemps 2009.

En revanche demeure, dans cet océan d’inquiétude, une confiance des dirigeants d’entreprise pour l’avenir de leurs propres activités.


Effondrement de la confiance macroéconomique

Notre nouvel indicateur générique est particulièrement révélateur : les trois quarts (73 %) des dirigeants d’entreprise ne se déclarent « pas confiants » pour l’économie française. Et en évolution :
- Seulement 16 % des dirigeants d’entreprise sont « confiants » pour la « croissance économique », donnée en baisse de 36 points en quatre mois, et qui n’avait jamais été aussi faible depuis mars 2009 (17 %) ;
- De même, seulement 16 % sont « confiants » pour l’« emploi », donnée en baisse de 30 points, et elle-même peu éloignée de celle enregistrée en mars 2009 (11 %).
Cette situation particulièrement décevante s’explique par la crise de la dette et ses conséquences sur l’économie :
- D’un point de vue financier, la crise de la dette a provoqué des tensions sur les marchés et l’effondrement des cours des principales banques françaises exposées à la dette grecque, le tout alimentant le spectre d’un risque systémique ;
En matière économique, ce climat anxiogène accompagné de plans de rigueur s’est accompagné d’un ralentissement de l’activité, d’une augmentation du chômage (+0,9 % en septembre) et de prévisions de croissance fortement revues à la baisse (de 1,75 % à 1 % pour 2012 pour la France).
De fait, 91 % des dirigeants d’entreprise estiment que la « crise de la dette » constitue une « menace importante » pour la « croissance française », et 44 % voient en elle une « menace très importante ».


Les dirigeants et leurs entreprises : une confiance fragile

Concernant leurs entreprises, 60 % des dirigeants se déclarent « confiants ». Ce résultat est certes majoritaire, mais les inquiétudes sont nombreuses : 38 % des dirigeants d’entreprise ne sont « pas confiants », et 2 % ne se prononcent pas. En pratique, les inquiétudes qui progressent de façon la plus significative concernant le « chiffre d’affaires » (62 % sont confiants, résultat en baisse de 10 points) et la « trésorerie » (61 %, -12).
Pour l’avenir, les intentions sont de plus en plus gouvernées par la prudence :
Les intentions d’investissement sur de « nouveaux marchés et produits » sont en nette baisse (20 %, -6), et la proportion des dirigeants qui envisagent de réduire leurs investissements progresse à 18 % (+ 7) ;
Parallèlement, les intentions d’augmentation de salaires sont également en baisse (14 %, -10) tout comme les intentions d’embauche (13 %, -10).
Néanmoins, en dépit de ces fragilités, la confiance conservée des dirigeants d’entreprise envers leurs propres activités est salutaire puisqu’elle peut constituer un levier économique décisif au cours des mois qui viennent.


Que faire ? Les quatre registres d’attentes envers les candidats à la présidentielle

Face à cette crise actuelle, les espoirs des dirigeants d’entreprise se déploient en priorité sur quatre registres, qui constituent autant d’attentes envers les candidats, actuels ou à venir, à l’élection présidentielle.
Le premier registre, attendu, est celui de la fiscalité : les dirigeants d’entreprise plaident d’abord pour une réduction des « déficits publics » et de la « dette publique » (63 %), pour une baisse des « charges » (59 %), pour un meilleur équilibre entre l’IS des PME et des très grandes sociétés (56 %) et pour une harmonisation des politiques fiscales en Europe (45 %).
Le deuxième registre est celui de la « valeur travail », que 44 % des dirigeants souhaiteraient voir réhabiliter. Cette aspiration est importante, car elle signifie que la promesse sarkozyste de 2007 acquiert toujours un écho auprès des dirigeants d’entreprise.
Le troisième registre est celui de la « flexibilité » à accorder au « marché de l’emploi » (37 %).
Le quatrième consiste en la promotion de « l’esprit d’entreprendre » (32 %), et apparaît d’autant plus important en regard des frilosités que suscitent aujourd’hui la crise.

Télécharger en pdf le baromètre d’opinion économique Viavoice, ACFCI, Les Echos, novembre 2011pdf.jpg