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Pouvoir d’achat : repli des inquiétudes

La question du pouvoir d’achat, au centre des préoccupations des Français, avait connu en ce début d’année 2011 un regain d’acuité massif : alors que alors que la part de Français pessimistes pour leur pouvoir d’achat s’établissait à 42 % en janvier 2011, elle s’étaitétablie, en forte hausse, à 56 % en février.

Aujourd’hui, cette nouvelle livraison du « baromètre des projets des Français » BPCE - Les Echos - France Info, réalisé par Viavoice, révèle une décrue des tensions sur ce registre essentiel.

Des Français moins inquiets pour leur pouvoir d’achat
Les inquiétudes demeurent certes d’actualité : un Français sur deux (50 %) estime que, « au cours des trois prochains mois », son « pouvoir d’achat » va « diminuer ». Mais cette part de pessimisme est en repli significatif par rapport aux données enregistrées lors des précédentes vagues de sondages : 54 % des Français étaient pessimistes en mars, et 56 % en février.

Cette décrue des inquiétudes s’explique, en premier lieu, par l’éloignement des facteurs (ou par leur moindre médiatisation) qui avaient suscité des craintes en début d’année : explosion du prix des matières premières, hausse du prix du brut, ainsi que de l’essence et du gasoil à la pompe.
En second lieu, les éléments d’amélioration enregistrés aujourd’hui s’inscrivent par ailleurs dans le double contexte :
- Du renouvellement des grands enjeux médiatisés : immigration, vacances de Pâques ;
- Des perspectives, soient-elles partielles, d’amélioration des salaires : hausse du Smic d’au moins 2 % annoncée pour le 1er juillet, prime obligatoire pour les salariés des entreprises de plus de 50 salariés dont les dividendes seront en hausse.

L’ensemble de ces perceptions repose sur un clivage générationnel, plus encore que socioprofessionnel : 67 % des personnes âgées de 65 ans et plus sont pessimistes pour leur pouvoir d’achat, contre seulement 32 % des 18-24 ans. Ce clivage indique notamment la persistance des difficultésmatérielles éprouvées par les seniors.


Mais une timidité des traductions sur les comportements économiques

En revanche pour l’instant, cette baisse des inquiétudes concernant le pouvoir d’achat ne se traduit pas par des intentions de modification des comportements à court terme :
- En matière d’épargne, seuls 9 % des Français envisagent de mettre « plus d’argent de côté que ces derniers mois », score identique à celui enregistré le mois dernier, et 27 % déclarent « ne pas mettre d’argent de côté » (+2 par rapport au mois dernier, +10 par rapport à février) ;
- En matière de consommation, 12 % des Français envisagent de « dépenser plus d’argent » au cours « des trois prochains mois » pour « l’alimentation ou l’habillement », score en progression de 2 points par rapport à celui obtenu le mois dernier.
Au total, ce qui prévaut demeure donc une frilosité par nature peu féconde pour l’avenir de la conjoncture économique.


Ampleur des contraintes liées au coût du logement

Qui plus est, existent des contraintes majeures concernant le logement :
Pour l’avenir, plus de la moitié des Français (58 %) estiment que les « prix de l’immobilier en France » vont augmenter au cours des « trois prochains mois », alors que seulement unquart (26 %) pensent qu’ils vont « rester stables » et 8 % « diminuer » ;
Surtout, aujourd’hui, le poids des dépenses immobilières, dépenses contraintes, apparaît particulièrement lourd pour le budget des Français : dans l’ensemble se dégagent trois France, correspondant chacune à un peu moins d’un tiers de la population totale :
- Une France pour laquelle les dépenses en matière de logement (loyers ou remboursements de prêts immobiliers) représentent environ « 10 % » ou « 20 % » des revenus ; cette France est composée de 29 % de personnes ;
- Une France pour laquelle les dépenses en matière de logement représentent environ « 30 % » ou « 40 % » ; cette France est également composée de 29 % de personnes ;
- Une France qui se déclare « non concernée » : 31 %.
A ces trois ensembles s’ajoute une France très violemment pénalisée par le coût du logement, mais aussi très minoritaire : 7 % des répondants déclarent que leurs dépenses en matière de logement constituent environ « 50 % » de leurs revenus ou plus.

Ces inquiétudes s’expliquent largement par la hausse récente des prix de l’immobilier : à titre indicatif, le prix moyen du mètre carré à l’achat a augmenté en moyenne de 9 % en France du début de 2010 au début de 2011 (prix moyen de 2 580 €/m² à cette date), et de 17 % à Paris (7 300 €/m²) ; source : rapport annuel du Crédit Foncier de France – Les Echos, 31 mars 2011.

Parmi ces publics, les 25-34 ans souffrent de façon majoritaire : 53 % d’entre eux affirment consacrer environ 30 % ou 40 % de leur revenu à leur logement. Ne résidant plus chez leurs parents, en âge d’avoir des enfants et ayant donc la nécessité de disposer de plus grandes surfaces, généralement dotés de revenus inférieurs à ceux dont ils disposeront plus tard, n’ayant pas terminé le remboursement des prêts lorsqu’ils sont propriétaires, ils cumulent tous les handicaps en la matière. Ce sont ici ces catégories en âge d’activité professionnelle qui s’identifient souvent à la classe moyenne sous contraintes économiques et en déclassement social.


François Miquet-Marty,
Viavoice

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