Thursday, 10 June 2010

Description

D’une part, la popularité du Directeur général du FMI atteint un sommet remarquable : 60 %. Ce score permet à Dominique Strauss-Kahn de devancer Martine Aubry de 10 points, François Hollande de 21 points et Ségolène Royal de 23 points. Ce résultat élevé procède d’une dynamique nouvelle, qui enrichit le triptyque « distance-compétencerecours », et qui est notamment portée par :

L’intervention du FMI en Grèce et dans le cadre du plan de sauvegarde de l’euro ; 
Les prises de position de Dominique Strauss-Kahn concernant les retraites, lesquelles ont été massivement présentées comme une pétition en faveur du report de l’âge légal.

Sur ces deux registres, DSK a amplifié les soutiens dont il dispose auprès des sympathisants de droite : en un mois, sa popularité a progressé de 57 % à 68 % auprès d’eux.

D’autre part, Dominique Strauss-Kahn apparaît aux Français comme le meilleur candidat socialiste face à Nicolas Sarkozy : 49 % citent son nom, 19 % Martine Aubry, 14 % Ségolène Royal et 6 % François Hollande.
Ces écarts reposent notamment sur des structures de soutien favorables au Directeur général du FMI dans la plupart des catégories : 67 % des sympathisants de droite citent DSK, mais ils ne sont pas les seuls à considérer que Dominique Strauss-Kahn serait le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy : les sympathisants de gauche le pensent également (44 % citent DSK, 25 % Martine Aubry, 19 % Ségolène Royal et 6 % François Hollande), ainsi que les sympathisants socialistes (51 % citent DSK, 24 % Martine Auby, 17 % Ségolène Royal et 5 % François Hollande). De même, Dominique Strauss-Kahn est certes cité en première position par les cadres (55 %) mais également les ouvriers (36 %).

Pour ce qui les concerne :

Martine Aubry voit sa popularité progresser de 3 points (à 50 %), notamment dans le contexte des efforts visant à mettre en oeuvre le non-cumul des mandats parmi les élus socialistes, de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement (28 mai), de la présentation du dispositif des primaires, et des échanges médiatisés avec Nicolas Sarkozy, à propos de François Mitterrand et de Bernard Madoff ;

Ségolène Royal voit sa popularité évoluer de 2 points (à 37 %), notamment après avoir annoncé la possibilité du « sacrifice » de son ambition présidentielle (appelant réciprocité) et de sa proposition visant à organiser un référendum sur les retraites.

Bien évidemment le « phénomène d’opinion » DSK ne constitue pas un blanc-seing pour l’avenir politique de l’intéressé. Pour la suite, tout dépendra de son souhait personnel et politique, des conditions de son éventuel retour, du climat économique, social et politique en 2011-2012, de la stratégie et de l’image de Nicolas Sarkozy, du jeu des autres présidentiables socialistes et de leurs propres évolutions d’opinion, des candidatures déclarées aux primaires et, bien évidemment, du résultat de ces primaires.

Le chemin est long d’ici avril-mai 2012, mais, en termes d’opinion, ce premier semestre 2010 se conclut par un « avantage DSK ».

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