Les français et l’épargne. Comportements, perceptions, aspirations.

Les Français et l’épargne

Des épargnants en quête d’autonomie pour plus de performance

Dans ce contexte inédit, les confinements successifs et le ralentissement de la vie quotidienne ont généré une hausse massive de l’épargne en France. Les tendances données par l’ensemble des études d’opinion ne montrent pas forcément une aspiration des Français à consommer davantage en sortie de crise et ne laissent que très peu de place à « l’effet roaring » connu dans les années vingt aux Etats-Unis après le choc économique. Sommes-nous face à de nouveaux comportements financiers de la part des Français ? Que vont-ils faire de leur épargne ?

L’étude menée par Viavoice pour Yomoni a pour ambition d’identifier les tendances à l’œuvre et les aspirations des Français en matière d’usage, de pratiques actuelles et désirées concernant leur épargne. Les résultats de cette première édition livrent des constats majeurs. Si les épargnants français restent familiers d’une forme d’épargne sécurisée, l’aspiration à une épargne plus personnalisée, plus dynamique et surtout à davantage de liberté dans les choix est également révélée. Loin donc d’être réfractaires, les Français expriment plutôt un besoin d’information et d’accompagnement au service de cette quête d’autonomie dans la gestion de leur épargne.

L’épargne des Français : malgré le réflexe de la sécurité, une pratique de l’épargne risquée installée

La répartition actuelle de l’épargne des Français révèle deux premiers constats. D’abord, que le placement sans risque est plébiscité par l’opinion, une écrasante majorité des Français (84 %) déclarant avoir une épargne garantie (Livret A…). Mais une partie non négligeable de la population (45 %) déclare aussi détenir une épargne risquée (Unité de Comptes dans une Assurance-Vie, un PERP, un Madelin), ce qui illustre un niveau de présence à l’esprit solide de ce type de placement.

Plus encore, la répartition par types d’épargne montre déjà une appétence à une forme de placement dynamique. Même si seulement 3 % des épargnants possèdent exclusivement une épargne risquée, 42 % détiennent une épargne mixte mêlant garantie et risque.

Ce premier état des lieux dresse un constat en apparence positif quant à la satisfaction de leurs placements, puisque 70 % des épargnants s’estiment satisfaits. Mais parmi eux, une majorité se dit seulement « plutôt satisfaite » (53 %), un score qui laisse entrevoir une réelle marge de progression dans l’usage et l’utilisation de leur épargne.

Le banquier, une confiance en demi-teinte… des intérêts trop éloignés des épargnants

Pour les accompagner dans leur épargne, les épargnants français plaident pour deux conditions fondamentales. La proximité d’abord, puisque 50 % d’entre eux font confiance à leur banquier, mais 36 % le font aussi à leurs proches. Cette nécessaire proximité est gage de confiance, mais elle se conjugue aussi à l’expertise attendue dont le banquier est l’illustration, tout comme les conseillers en investissement et en gestion de patrimoine (37 %).

Si le banquier semble incarner la synthèse entre confiance et proximité, cette figure rassurante est loin de convaincre unanimement. En ce sens, 40% des répondants estiment que leurs intérêts et ceux de leur banquier ne sont pas alignés. Ils leur reprochent principalement de manière spontanée de privilégier les objectifs commerciaux à leurs intérêts et de courir avec des primes (73%)

Ces résultats plaident ainsi pour une aspiration certaine : une meilleure gestion des placements. Les épargnants sont à ce titre surtout à la recherche de rentabilité, l’épargne étant l’outil pour atteindre un objectif précis.

Une recherche d’autonomie de gestion pour plus de performance

L’élément le plus mobilisateur en matière d’épargne est le financement d’un objectif à atteindre (43 %) et l’opportunité d’avoir vu sa situation progresser (38 %). Résultat marquant, 35 % des épargnants citent l’autonomie dans leur décision comme un des arguments qui guide leur choix de placements. Et d’ailleurs pour l’avenir, 48 % souhaiteraient gérer leur argent mis de coté de manière autonome, accompagné d’un professionnel. Autonomie et accompagnement ne sont pas contradictoires aux yeux de l’opinion, bien au contraire.

Dans ces différents cas, l’importance de la performance est fondamentale et recherchée. D’ailleurs, c’est le premier critère pour les Français lorsqu’ils décident de dynamiser leurs placements, puisque 44 % le citent comme critère de choix et l’identifient comme l’élément le plus important au moment de décider.

En regard de ces différentes tendances, une envie d’améliorer l’utilisation de leur épargne, une épargne mixte installée, un souhait de rentabilité et performance, l’aspiration à une épargne plus dynamique ou plus autonome se révèle doucement. Mais à quelles conditions ?

Les leviers pour une épargne plus dynamique : information et autonomie « accompagnée »

Si un tiers des épargnants français se considère plutôt suiveur, préférant placer son argent en suivant les personnes qui l’entourent, un autre tiers ne sait pas ce qui le motive dans ses placements et 16 % sont en appétence de placements pour les initiés. Ces résultats montrent qu’il existe une marge d’action pour attirer les Français à utiliser mieux leur argent. Par ailleurs, 43 % d’entre eux qui ne possèdent aucune épargne à risque l’expliquent par la peur que le produit financier leur procure et la crainte de perdre de l’argent.

Ces premiers résultats frappants plaident très largement pour une meilleure information en matière d’épargne, et notamment d’épargne dynamique. A ce titre, pour 36 %, une meilleure connaissance des placements les pousserait à prendre plus de risques et à dynamiser davantage leur épargne.

En parallèle de cette information, c’est aussi la question de l’autonomie qui semble ici encore décisive pour 24 % des épargnants qui aspirent à davantage d’autonomie pour dynamiser leur épargne. Cela ne signifie pas une gestion entièrement individuelle, car ils sont aussi en attente d’accompagnement pour dynamiser leur épargne.

Maïder Beffa, Stewart Chau et Adrien  Broche