Impact de la crise Covid-19 sur les usagers en matière de santé – janvier 2021

Déprogrammation et renoncement aux soins durant la crise sanitaire : un impact accentué pour les habitants de la région Hauts-de-France

En décembre 2020, 45 % des habitants de la région Hauts-De-France déclaraient avoir eu des soins annulés, que ce soit dans le cadre d’une déprogrammation ou d’un renoncement.
Les déprogrammations par les professionnels de santé constituent la part la plus importante des annulations : 35 % des habitants de la région Hauts-de-France déclarent ainsi avoir vu leurs soins (consultation / intervention) prévus décalés ou complètement annulés par un professionnel.

Si ces taux de déprogrammation / d’annulation se situent dans la moyenne nationale, l’impact de ce non-accès aux soins apparaît plus important pour les habitants de la région :

–  4 répondants sur 10 déclarent ainsi que le fait de ne pas avoir pu bénéficier des soins prévus a eu un impact sur leur moral (+ 6 pts par rapport à la moyenne nationale).

– Ils près d’1/3 a déclaré également un impact sur leur santé physique et la confiance accordée envers le médecin (contre 1⁄4 sur la moyenne nationale).

Un impact d’autant plus important que les délais de reprogrammation s’avèrent longs : dans plus de 4 cas sur 10 (44 %), celle-ci n’a lieu que plusieurs mois après et pour 17 % des répondants, les soins n’ont jamais été reprogrammés.

Par ailleurs, les résultats témoignent de la manière dont la crise sanitaire a agi comme un creusement de carences préexistantes :

– La déprogrammation de soins touche en effet particulièrement les zones plus rurales (à l’image du département de l’Aisne) déjà moins équipées…

–  …et le renoncement aux soins lié à l’indisponibilité des professionnels de santé y atteint un score nettement plus élevé que la moyenne nationale (+ 9 pts).

Enfin, l’intention de vaccination apparait plus faible qu’à l’échelon national (+ 10 pts sur le « Non »), résultat lisible à l’aune

de l’ensemble des enseignements précédemment soulignés.

Les pratiques numériques en matière de santé généralisée, mais davantage plébiscitée par un public urbain :

La prise de rendez-vous en ligne est une technique couramment utilisée, que ce soit pour soi-même (7 répondants sur 10 déclarent y avoir recours pour lui), ou pour des proches (1 répondant sur 2 a déclaré avoir déjà pris rendez-vous en ligne pour l’un de ses proches).

Le recours a ces possibilités de rendez-vous en ligne se fait actuellement très majoritairement à l’initiative du patient, par souci de praticité et de gain de temps (75 % s’agissant d’une réservation pour soi, 80 % lorsqu’il s’agit d’une réservation pour un proche).

– Néanmoins, pour 2 répondants 10 la prise de rendez-vous en ligne se fait à la demande du professionnel de santé

– Ils sont également 2 sur 10 à déclarer y avoir recours du fait de l’indisponibilité des professionnels ou de leur secréterait par téléphone.

▪ La téléconsultation apparait quant à elle encore peu répandue. Là encore, elle s’avère être un outil principalement utilisé par les habitants de villes importantes et, lorsqu’elle est utilisée pour assister un proche, celui-ci est très majoritairement le conjoint ou un enfant, ou des membres d’un cercle encore restreint.

▪ Si elle reste anecdotique en termes de niveau d’utilisation, les taux de satisfaction de la téléconsultation affichent des scores élevés (de 72 % à 89 % de satisfaction), qu’elle ait eu lieu avec un professionnel de santé déjà connu du patient auparavant ou avec un nouveau.

Le rapport aux soins : le rôle du pharmacien encore remarqué cette année

▪  Cette année encore, la crise sanitaire du Covid-19 renforce le sentiment de proximité avec le pharmacien, à l’image des résultats de l’an passé : 41 % des habitants des Hauts-de-France lui attribuent un rôle plus important qu’il y a quelques années, score notamment imputable à leur habilitation récente (2020) à administrer le vaccin contre la grippe.

▪  L’importance stable et élevée accordée aux pharmaciens dans les Hauts-de-France s’inscrit dans le contexte général, et particulièrement remarqué dans la région, de renforcement de la distance entre patients et professionnels de santé (notamment moindre disponibilité des médecins et difficultés à les joindre). Le pharmacien, comme personnel de proximité, voit ainsi son rôle et sa place gagner en importance.

▪  En revanche, en déclaratif, les pénuries de médicaments et de vaccin s’atténuent nettement par rapport à l’année dernière (- 11 points).

▪  Enfin, concernant l’obtention de renseignement sur la santé et les façons de se soigner, le pharmacien a une place plus importante qu’au niveau national : 42 % des habitants en Hauts-de-France se tournent vers lui en priorité contre 32 % au niveau national.

Amandine Messina
Lisa Corbineau
Adrien Broche