Politique

Le baromètre politique Viavoice – Libération : « La rentrée politique : priorités et incarnations » – Août-Septembre 2020

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Le grand paradoxe de la rentrée

Diversification des impatiences, fragilités des leaderships

L’histoire serait écrite. Face à la crise inédite actuelle (sanitaire, économique et sociale), la rentrée politique s’annoncerait sous de nouvelles dynamiques :

  • Une majorité LREM réarmée par les changements concernant le président de la République, par le nouveau gouvernement et par le plan de relance ;
  • Une gauche dynamisée par les victoires municipales et les succès EELV ;
  • Une droite mobilisée par la perspective présidentielle et par les succès éditoriaux de Nicolas Sarkozy ;
  • Des sensibilités RN et LFI auxquelles le nouveau « temps des crises » offre théoriquement des circonstances favorables.

Pourtant, cette nouvelle livraison du baromètre Viavoice – Libération révèle un tout autre paysage : un paradoxe majeur entre une diversification des impatiences, et en regard, une nette fragilité des leaderships.

Au-delà du virus : une forte diversification des impatiences

Alors que cette année est dominée par la pandémie, alors que ce mois d’août connaît des résurgences, les « enjeux prioritaires » aux yeux des Français se révèlent bien plus variés :

  • L’ « emploi », la « lutte contre le chômage » s’affirment en tête des préoccupations (48 %), témoignage à la fois de la réalité de la crise économique et de son anticipation pour les mois qui viennent ;
  • Le « système de santé, de soins » s’établit à équivalence (46 %), nécessité à la fois face à la pandémie, et aspiration redoublée au « care » comme valeur de société ;
  • L’« environnement » (40 %) apparaît essentiel, notamment après un été caniculaire et face à l’intensification des défis climatiques ;
  • Le « pouvoir d’achat » (40 %) est également appelé à devenir une préoccupation majeure en temps de crise économique ;
  • La « sécurité des biens et des personnes » (33  %), l’« éducation » (32 %), sont cités à équivalence avec la lutte contre la pandémie (31 %), qui n’apparaît qu’en septième position.

Ainsi s’impose désormais, moins qu’une préoccupation univoque, un faisceau d’impatiences engendré par la pluralité des crises, et qui fait système. En regard de ces aspirations, les espoirs collectifs pourraient se tourner vers les leaders politiques, et notamment vers ceux dont les sensibilités semblent avoir engagé une dynamique nouvelle ces derniers mois.

Sous les aspirations, le désarroi (ou la fragilité des leaderships)

Pourtant, ce qui se révèle à ce stade est une insuffisance des leaderships. Seuls 39 % des Français déclarent qu’il existe actuellement « une personnalité politique » à laquelle ils feraient « confiance pour améliorer la situation de la France à l’avenir ».

Malgré tout apparaît une « tentation Philippe », personnalité à la fois la plus populaire (50 %) et la plus désirée en tant que prochain président de la République (33 %). Les personnalités les plus appréciées sont à l’écart de la politique institutionnelle : Edouard Philippe (50 %), Nicolas Hulot (48 %), Alain Juppé (35 %) et Nicolas Sarkozy (33 %).

Emmanuel Macron voit sa popularité stabilisée (32 %, -1) : celle-ci ne bénéficie, pour le moment, ni des réorientations engagées récemment, ni de la nomination du nouveau gouvernement Castex. En vue de la présidentielle, 22 % des Français souhaitent que l’actuel Président renouvelle son mandat.

Au Rassemblement national, Marine Le Pen apparaît en deuxième position des personnalités souhaitées en tant que prochaine présidente de la République, mais avec un score (23 %) comparable à celui obtenu par l’actuel chef de l’Etat.

Les autres sensibilités politiques disposent de nombreuses personnalités reconnues, mais peu parviennent pour le moment à fédérer largement.

Instable structuration du champ politique

Ces fragilités de leadership s’expliquent certes par l’usure du politique et par les perceptions concernant chaque personnalité ; mais elles procèdent plus profondément d’une instable structuration du champ politique :

  • Des sensibilités (gauche, droite) bénéficient d’une assise d’opinion confirmée par les municipales, mais aucun leader ne parvient véritablement à les rassembler : auprès des sympathisants de gauche, les meilleurs souhaits de victoire en vue de la présidentielle sont obtenus par Benoît Hamon (38 %), Christiane Taubira (38 %) et Nicolas Hulot (36 %) ; auprès des sympathisants de droite, par Nicolas Sarkozy (59 %), François Baroin (50 %) et Xavier Bertrand (44 %) ;
  • D’autres sensibilités (LFI, LREM, RN) reconnaissent davantage « leurs » leaders (Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen) mais ces derniers peinent à rassembler au-delà de leur propre camp.

Cocktail explosif

Dans les circonstances actuelles, ces insuffisances composent un cocktail explosif : une diversification des impatiences qui appelle des porte-paroles, une perspective présidentielle qui impose des candidats. Pour être surmontée, cette tension autorise trois solutions :

  • Un bouleversement du champ politique : ressouder un camp ou définir de nouveaux clivages ; c’est la démarche qu’Emmanuel Macron avait menée en 2016-2017 ;
  • Le pari des campagnes électorales voire des primaires, pour faire bouger les lignes ;
  • L’émergence de personnalités alternatives, qui rebattent totalement les cartes.

En termes négatifs, cette rentrée politique comporte des risques démocratiques majeurs ; en termes positifs, elle peut être une chance pour tous les prétendants.

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François Miquet-Marty, Groupe Les Temps Nouveaux, et Stewart Chau, Viavoice

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