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Baromètre France 2025 – Viavoice / Generali / Radio Classique – Les nouvelles mobilités

Se déplacer en 2025

Les nouvelles mobilités : des alternatives encore peu visibles

 

Changer nos comportements face à l’urgence climatique est devenu une évidence pour les Français. Le contexte de la crise sanitaire a bousculé nos modes de vies et nos façons de penser nos déplacements. Mais plusieurs questions se posent encore dans ce contexte de transformation : quelles sont les alternatives crédibles des moyens de transports à l’avenir pour les Français ? Quelles sont finalement les réelles aspirations des Français en matière de mobilités d’avenir ? Quel est le niveau d’acceptabilité des Français face à ces bouleversements annoncés ?

La troisième édition du baromètre « France 2025 » Viavoice – Generali et Radio Classique aborde l’enjeu des nouvelles mobilités. Les tendances recueillies nous permettent de dresser un état des lieux des anticipations des Français en matière de transports d’avenir mais aussi des ambivalences qui nous invitent à ne pas confondre désirabilité, réalité et acceptabilité.

Anticipation des changements en matière de transports : écologie doit rimer avec économie

Premier constat clair : les Français anticipent une évolution en matière de moyens de transports et de déplacements en 2025 :

  • 59 % des Français considèrent qu’en ce qui concerne les moyens de transports et les déplacements (voiture, bus, métro, train, vélo etc.), les choses devraient changer d’ici 2025. Ils ne sont que 8 % à être totalement convaincus de l’inverse, les évolutions sont donc installées dans l’opinion publique.
  • Ce constat fait d’ailleurs plutôt consensus auprès des différentes générations, jeunes et moins jeunes, même si une différence territoriale peut être soulevée. Les habitants des grandes agglomérations sont, de manière attendue, davantage convaincus des changements à venir.

Pour autant, si la dynamique est à l’évolution, les Français identifient des changements désirables en ce qui concerne les moyens de transports et les déplacements. Ces aspirations se déploient à deux niveaux :

  • Le premier est économique, puisque 50 % des Français estiment que les moyens de transports et les déplacements d’ici 2025 devraient être « moins chers » ;
  • Le second est écologique puisque 42 % estiment que ces moyens de transports et de déplacements devraient « émettre moins de CO2 pour lutter contre le dérèglement climatique ».

Ces tendances nous montrent que si la présence à l’esprit des enjeux climatiques ne fait plus de doute chez les Français, la lutte contre le dérèglement climatique ne pourra se faire sans s’accorder avec les enjeux économiques et financiers. Le lien entre écologie et économie (dépenser moins, gagner en pouvoir d’achat) est, de ce fait, fondamental.

Transformer les moyens de transports et les modes de déplacements sans changer nos modes de vie

L’enjeu des transformations nécessaires de nos façons de nous déplacer nous invite à nous interroger sur le degré d’acceptabilité des Français concernant ces bouleversements qui, de façon assez certaine, entrainent de nouvelles contraintes.

  • D’abord, les Français restent clivés sur l’idée d’une généralisation des moyens de transports propres en pénalisant les personnes qui utiliseraient des transports polluants : seuls 44 % y sont favorables ;
  • Au contraire, 41 % des Français souhaitent qu’on laisse une part de liberté aux gens refusant toute généralisation imposée des nouvelles mobilités propres.

Les Français restent ainsi attentifs à ce que ces évolutions nécessaires dans les mobilités ne fassent pas peser les contraintes uniquement sur la population :

  • S’ils sont favorables à taxer davantage les transports aériens (59 %), mesure qui n’engage pas de transformations profondes au quotidien pour la majorité des Français ;
  • Ils restent fortement opposés à l’instauration d’une taxe carbone dissuasive (64 % défavorables) et à un abaissement de la limitation de vitesse sur toutes les routes nationales (66 % défavorables).

Ces deux dernières mesures sont fortement désapprouvées par plus d’un tiers des Français (38 % y sont totalement opposés) ; c’est dire le niveau de méfiance de l’opinion sur ces enjeux.

Des changements de modes de déplacements à nuancer pour l’avenir

Les crises ont suscité pour certains l’ambition de changements durables dans leur mode de vie. Durant près de 18 mois, les Français ont dû changer leur façon de faire au quotidien. Pour autant il ne faudrait pas confondre désirabilité exprimée par certains et adhésion majoritaire de l’ensemble de la population française. En effet, un clivage s’exprime dans l’opinion :

  • 50 % des Français estiment que les différentes crises que nous vivons (crise sanitaire, crise climatique) les incitent à utiliser des moyens de transports plus respectueux de l’environnement et du climat (voitures électriques, vélo, marche à pied, etc.) ;
  • Et 43 % expriment le contraire ;

Ce clivage nous interroge non pas sur la prise de conscience de la nécessité de changer nos modes de déplacements, mais plutôt sur la capacité des uns et des autres à « épouser » ces nouvelles mobilités.

  • Si 57 % des cadres affirment que les crises les incitent à changer leurs moyens de transports, 45 % des employés et des ouvriers sont de cet avis ;
  • La fracture territoriale reste aussi frappante entre les habitants de communes rurales ou de petites villes qui sont moins nombreux à affirmer un changement éventuel des moyens de transports et les habitants de grandes villes et de grandes agglomérations qui semblent davantage convaincus de faire évoluer leur façon de se déplacer.

La fracture territoriale est un enjeu majeur :

  • 35 % des Français estiment que d’ici 2025, l’évolution souhaitable est « la présence [de transports] en des points plus nombreux des territoires » marquant ici la différence entre grandes villes et monde rural ;

Cette réalité de ne pas pouvoir bouleverser ses modes de vie tient donc autant à la contrainte du quotidien qu’à une défiance au changement : 81 % des Français qui possèdent une voiture déclarent que compte tenu de leurs activités et de l’endroit où ils habitent, il leur est impossible de se passer totalement de voiture d’ici 2025…

Par :
Stewart Chau

Adrien Broche

François Miquet-Marty

 

Publié le 11/01/2022

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