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Le baromètre politique Viavoice – Libération : Après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine L’école et la laïcité – Novembre 2020

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À l’heure de la rentrée scolaire

Le sentiment massif d’une liberté d’enseignements menacée, sur fond de diffractions républicaines

Le drame porte le nom d’un professeur tué pour avoir montré des caricatures du Prophète Mahomet à ses élèves. Mais il masque également des doutes et des inquiétudes profondes quant à l’union de la société française autour de valeurs républicaines qui vacillent et de principes républicains tels que la laïcité, défiés. Et dans le même temps, cette tragédie pointe une école de la République, pourtant essentielle dans ces moments, qui s’interroge sur ces défis majeurs et sur son avenir.

A l’heure de la rentrée scolaire du 2 novembre, les résultats du baromètre politique Viavoice – Libération font état d’une France qui estime massivement que la liberté d’enseigner est menacée, dans un contexte de diffractions républicaines majeures.

Face à l’horreur, les diffractions républicaines

Le drame survenu le 16 octobre dernier revêt la couleur de la révolte : la « colère » est ressentie par 72 % des Français ; et cette colère se conjugue avec, bien sûr, la « tristesse » qui trouve sa source dans un réel « effroi » et une certaine « incompréhension » face à l’atrocité d’un tel acte.

Pour autant, si les Français sont unis pour célébrer la mémoire du professeur assassiné et la dénonciation de l’atrocité, cette communion n’occulte en rien les divergences. Si une très large majorité (64 %) estiment que les Français sont unis dans la condamnation d’un tel acte, 31 % questionnent l’existence d’une telle union.

Ces divisions se déploient sur deux registres :

–  Des « valeurs de la République » française qui ne rassemblent plus suffisamment : seuls 46 % estiment que ces valeurs unissent les Français entre eux ;

–  Un pays qui peine à se rassembler derrière des solutions qui feraient consensus, 59 % des Français considèrent qu’ils ne sont pas unis et soudés dans la recherche de solutions pour l’avenir…

Concrètement, ces divergences de vue sur les solutions procèdent de l’écheveau perçu des responsabilités qui ont conduit à la tragédie de Conflans :

–  D’abord la déferlante haineuse permise par les réseaux sociaux (pour 77 % des Français) ;

–  Puis une radicalisation de certains musulmans (pour 75 % des Français) ;

–  Et une mise en cause d’une autorité qui se décline à deux niveaux : les valeurs de la République, avec une insuffisante fermeté de notre laïcité (74 %) et un séparatisme grandissant dans certains quartiers (74 %) ; et une prise en compte de l’institution censée transmettre ces valeurs, l’école, dont la voix des professeurs n’est plus suffisamment entendue.

Le sentiment très majoritaire d’une « liberté d’enseigner » menacée

En regard de ces défis cruciaux et inédits, 82 % des Français estiment que la « liberté d’enseigner » des professeurs est « menacée » (dont 34 % « tout à fait » menacée). L’ampleur de ce sentiment procède en réalité de trois facteurs qui peuvent nourrir une éventuelle retenue de la part des professeurs et pourrait générer même de l’autocensure.

–  Les risques d’attentats perçus : 88 % des Français estiment qu’il y aura « d’autres attentats terroristes islamistes en France, au cours des mois ou années qui viennent », faisant peser une pression permanente ;

–  Le caractère ultra-sensible de la laïcité et de son enseignement : 79 % des Français déplorent que les incidents à l’école liés aux questions de laïcité sont fréquents, et ils sont aussi nombreux (77 %) à anticiper une augmentation de ces défis. À ce titre, 63 % de la population estime que les enseignants et professeurs ne sont pas suffisamment outillés, informés pour enseigner et expliquer la laïcité à l’école ;

–  Les divergences patentes concernant la pertinence de présenter des caricatures du Prophète à l’école : 30 % des Français jugent « pas souhaitables » de montrer des caricatures de Mahomet à l’école à des enfants musulmans…

La lutte politique contre le terrorisme : extrême-droite, droite et centre, puis gauche

Politiquement s’affirme une impressionnante gradation, de l’extrême-droite à la gauche, en matière de confiance pour « lutter contre le terrorisme islamiste » :

–  Marine Le Pen est la personnalité qui suscite la confiance la plus forte : 42 %. La présidente du RN parvient à convaincre 59 % des sympathisants de droite sur cet enjeu, autant que Xavier Bertrand (58 %) mais loin derrière Nicolas Sarkozy (79 %) qui reste, pour la droite, la voix de l’autorité ;

–  Nicolas Sarkozy (37 %), Emmanuel Macron (33 %) et Xavier Bertrand (28 %) sont cités dans un deuxième temps par les Français ;

–  Les personnalités de gauche, qu’elles soient socialistes, écologistes ou LFI, ne parviennent pas à dépasser 18 %.

La tentation d’un recours à l’extrême-droite face au terrorisme islamiste : le récit paraît attendu mais les chiffres obtenus ici en livrent une traduction amère. Cet enchainement porte en lui la possibilité d’une surenchère de radicalisations, un face-à-face croissant entre terrorisme et extrême-droite…

Face à ce scénario, la démocratie et l’école de la République sont au cœur de la bataille pour panser une société qui semble avoir perdu le fil du récit républicain pour tous.

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François Miquet-Marty, Groupe Les Temps Nouveaux, et Stewart Chau, Viavoice

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