Santé et interêt général

Quelle démocratie en Europe ? – Mars 2019

Pour près d’un Français sur deux, la démocratie va « reculer » au sein de l’Union européenne dans les années à venir

La « crise démocratique » souvent évoquée en France – et qui s’est exprimée de manière forte ces derniers mois avec le mouvement des gilets jaunes d’une part, et lors des contributions au grand débat national d’autre part – ne s’arrête pas aux frontières del’Hexagone, comme elle ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe.

C’est en tout cas le constat réalisé par près d’un Français sur deux qui craint que la démocratie recule à la fois en France (48 %) et dans l’Union européenne (47 %) dans les années à venir. Et ils sont même 56 % à anticiper un recul de la démocratie dans le monde de manière générale.

Dès lors, si le problème est à la fois global et local, les solutions à cette crise démocratique devraient donc être trouvées – et déclinées – à toutes les échelles (locales, nationales, européennes, voire mondiales), sans quoi il sera difficile de répondre à cette « soif de démocratie » au sein de sociétés souvent désabusées et pessimistes.

Au niveau européen en particulier, notre enquête a permis de mesurer l’adhésion des Français à une batterie de mesures, certaines proposées par Emmanuel Macron dans sa tribune adressée aux 28 pays de l’UE, d’autres non. Qu’elles soient institutionnelles, écologiques, sociales, ou liées aux politiques de sécurité et de Défense, il en ressort des attentes exigeantes pour une plus grande efficacité des politiques communautaires, et une démocratisation accélérée de la construction européenne.

Pour un Parlement européen ayant un réel pouvoir d’initiative politique, aux côtés d’un exécutif européen renforcé

Sur le plan de l’équilibre institutionnel tout d’abord, un Français sur deux (50 %) est ainsi favorable à renforcer les pouvoirs du Parlement européen, à côté de pouvoir exécutifs (Commission européenne et Conseil européen) qui gardent encore aujourd’hui l’essentielde l’impulsion des politiques communautaires.

En particulier, une courte majorité de l’opinion publique (52 %) serait favorable à l’idée de donner au Parlement européen le droit d’initiative législative, afin que les députés européens puissent proposer directement des directives et des règlements.

Mais ce renforcement du pouvoir législatif ne se ferait pas nécessairement en affaiblissant les autres pouvoirs (exécutifs notamment) au sein des institutions européennes : au contraire, 59 % des personnes interrogées seraient favorables à la création d’un Ministère des Finances de la zone euro, et 57 % favorables à l’ « élection au suffrage universel directd’un représentant de l’Union européenne, qui pourrait parler au nom de l’UE et de ses peuples ».

Pour des politiques écologiques à la fois ambitieuses et contraignantes

À côté de ces enjeux institutionnels, les attentes citoyennes des Français vont également vers un renforcement des politiques écologiques et sociales, y compris des politiques qui pourraient être contraignantes pour les Etats membres.

Ainsi, la possibilité de créer une « Agence européenne de l’Environnement qui pourrait vérifier chaque année le respect de l’Accord de Paris (COP 21) par les pays européens » est très populaire (71 % d’adhésion), de même que la proposition d’Emmanuel Macron de créer « une banque européenne du climat destinée à financer la transition écologique dansl’ensemble des pays de l’UE » (64 %).

Sur le plan économique et social, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières au sein de l’Union – projet ancien mais qui n’a toujours pas abouti aujourd’hui àl’échelle européenne – est toujours souhaitée par 55 % des Français, en hausse de 3 points depuis décembre 2017.

Pour de nouveaux outils de sécurité et de Défense permettant aux Européens de faire face à des menaces globales

Enfin, les propositions visant à renforcer la politique sécuritaire et de défense de l’Unionsont également très populaires, dans un contexte de renforcement militaire des hyperpuissances (Chine et Etats-Unis) et de nouvelles menaces (cyber-attaques, prolifération nucléaire, conflits au Moyen-Orient, désaccords au sein de l’OTAN, etc.)

Ainsi la proposition du Président de la République de créer une « agence européenne de protection des démocraties » chargée de protéger les processus électoraux contre les cyberattaques et le piratage informatique est plutôt consensuelle en France, avec 70 %d’adhésion.

De même, la création d’un office européen de l’asile et d’une police européenne des frontières recueille une large adhésion (70 %), comme la création d’un budget de Défense européen et d’une « force commune d’intervention » européenne (66 %).

Autrement dit, le principe de renforcer certaines politiques communes au sein de l’UE en matière d’environnement, de sécurité ou de Défense est loin de constituer un repoussoir pour les Français : si l’Europe est souvent présentée comme mal aimée, elle reste néanmoins encore très attendue pour faire face aux défis internationaux les plus sérieux,qu’il s’agisse du réchauffement climatique ou de la montée des tensions géopolitiques.

 

Aurélien Preud’homme, Directeur des études politiques

Gilles Finchelstein, Directeur général Fondation Jean Jaurès

Jean-Philippe Moinet, Directeur La Revue civique

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Lire l’intégralité de l’étude

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