Santé et interêt général

Les Français et la santé environnementale. Baromètre Viavoice – Fondation Santé Environnement

Les Français et la santé environnementale

La santé et l’environnement : un lien perçu négativement et positivement

Le grand public et les professionnels du secteur médico-social établissent un lien entre santé et environnement. En spontané, seuls 5 % des Français et 4 % des professionnels déclarent n’avoir aucune évocation qui leur vienne à l’esprit lorsqu’ils pensent au lien entre santé et environnement.

 Malgré un contexte marqué par des crises climatique et sanitaire, l’opinion des Français sur le lien entre la santé et l’environnement n’est pas uniquement négative. En effet, ce lien leur évoque une variété de sujets, allant des plus négatifs aux plus positifs : ils pensent certes à la pollution (37%) et aux maladies (8 %) mais parlent également du bien être procuré par la nature (13 %), de l’écologie et de l’importance de respecter l’environnement (11 %) ou encore des bonnes pratiques d’hygiène de vie (9%).

 Même si presque un Français sur deux se dit angoissé par le lien entre santé et environnement (47 %), les Français se déclarent surtout intéressés par le sujet (83 %). Plus l’impact de l’environnement sur la santé est perçu comme évident, plus l’intérêt au sujet est marqué (89%).

 L’angoisse par rapport au lien entre santé et environnement apparaît toutefois plus importante pour certaines générations : les 25-34 ans sont 59 % à se déclarer angoissés alors qu’ils ne sont que 38 % chez les 65 ans et plus.

Un impact de l’environnement sur la santé présent à l’esprit

9 Français sur 10 pensent que l’impact de l’environnement sur la santé des individus est évident (89 %). Un impact perçu par l’ensemble des publics même si les non diplômés apparaissent un peu en retrait (74 %).

 Pour les Français, l’exposition à des produits chimiques issus de la consommation courante et la pollution de l’air extérieur sont les éléments qui ont le plus d’impact sur la santé. Les zoonoses, l’exposition aux ondes électromagnétiques et l’exposition aux écrans sont perçues comme ayant moins d’impact.

De manière générale, les professionnels du secteur médico-social perçoivent un peu plus l’impact des éléments environnementaux sur la santé.

Preuve du bouleversement de la crise sanitaire, près d’un Français sur deux dit percevoir davantage l’impact de l’environnement sur la santé depuis le début de la crise de la Covid-19.

Un impact qui se traduit concrètement sur la santé personnelle des Français et de leurs enfants

1 Français sur 2 (52 %) déclare que l’environnement influence ou pourrait influencer de manière négative son état de santé et 1 Français sur 3 (33 %) qu’il pourrait l’influencer de manière positive. Pour ceux qui ont des enfants, l’impact de l’environnement sur la santé des enfants est également bien identifié.

 Les Français ressentent avant tout l’effet négatif de l’environnement sur leur état de fatigue, leur anxiété, niveau de stress et leurs allergies. Là aussi, les principaux éléments leur semblant avoir un impact sur la santé sont l’exposition à des produits chimiques et la pollution de l’air extérieur.

 16 % des Français et 9 % des professionnels du secteur médico-social peuvent être considérés comme éco-anxieux. Les Français qui se sentent bien informés sur les connaissances scientifiques et ceux qui se tiennent informés par eux-mêmes apparaissent d’autant plus anxieux (respectivement 23 % et 25 %)

Des connaissances moyennes sur l’impact réel de l’environnement sur la santé

S’il existe un lien selon les Français entre santé et environnement, les connaissances vérifiées sont moyennes, même auprès des professionnels du secteur médico-social. Une part de Français ne s’exprime pas et ne peut répondre aux questions / réponses (entre 17 et 44 % selon les items de réponses).

Les politiques publiques de santé environnementale mises en place et le degré de prise en compte de la prévention dans le système de santé restent des éléments peu connus.

En revanche, l’immense majorité de la population et des professionnels du secteur médico-social a conscience du caractère systémique de la santé environnementale : pour eux, la santé humaine, la biodiversité, l’état des océans et l’évolution du climat sont liés.

L’information sur le lien entre la santé et l’environnement : un enjeu de premier plan

Si la sensibilité au sujet de la santé environnementale apparaît relativement élevée, un véritable déficit informationnel est à noter.

  • Si les « pratiques à privilégier au quotidien » sont plutôt connues des Français (62 % pour le grand public, score similaire aux professionnels du secteur médico-social), c’est d’abord parce qu’il s’agit d’enjeux installés de longue date. Il semble dès lors logique qu’une majorité de Français se dise informée concernant ces pratiques. Pour autant, seuls 13 % (et 10 % des professionnels) déclarent être très bien informés à leur sujet.
  • L’ensemble des autres sujets recueillent de plus faibles scores : seuls 32 % des Français se disent informés sur les connaissances scientifiques, 30 % sur les politiques menées, 22 % sur les évolutions réglementaires aux niveaux européen et international et 20 % concernant le respect des règlementations.

Pourtant, la volonté d’information est réelle : 45 % déclarent qu’ils aimeraient s’informer (60 % pour les professionnels).

  • Les raisons de ne pas s’informer sont d’abord le fait de ne pas savoir où trouver l’information (26 %) mais aussi un manque de temps pour s’informer, argument particulièrement invoqué par les professionnels du secteur médico-social (33 % contre 19 % pour le grand public).
  • Les Français déclarant s’informer le font par des canaux plutôt attendus : des recherches internet personnelles d’abord (61 %) signe de proactivité, la télévision et la radio (58 %) ensuite mais aussi la presse écrite (54 %) et la consultation de professionnels de santé (50 %).

Les acteurs de confiance : l’importance de l’expertise

Interrogés sur les acteurs en qui ils placent leur confiance, les Français identifient un trio de tête structuré autour de l’expertise.

  • L’information sur les effets néfastes de l’environnement sur la santé doit d’abord venir des scientifiques (43 %), des professionnels de santé (41 %) puis des associations (33 %). Si le canal « organisations internationales » est attendu par 27 % des Français, ce sont 34 % des professionnels du médico-social qui attendent qu’elles leur délivrent des informations. Les médias, canaux d’information traditionnels, ne sont privilégiés que par 15 % de la population française.
  • Pour aider à la modification de pratiques, les professionnels de santé sont particulièrement attendus, davantage encore par le secteur médico-social (46 % contre 37 % pour le grand public), viennent ensuite les scientifiques puis les associations/lanceurs d’alerte.
  • Probablement impulsée par la prééminence du Conseil scientifique dans la gestion de la crise du Covid-19, l’action en faveur d’un environnement plus sain est là encore associée aux scientifiques pour les Français (34 %), de même que pour mettre en place des actions ciblées envers les populations les plus touchées par l’impact négatif de l’environnement sur la santé.

Les pratiques et les actions d’avenir : l’enjeu du manque de moyens et le “plaidoyer pour la prévention” 

Concernant les pratiques à privilégier, si elles sont globalement plus mises en place par le public professionnel que par le grand public, elles se recoupent assez nettement :

  • l’aération du logement d’abord (mis en place par 83 % des professionnels et 78 % des Français), la limitation des déchets (75 % des professionnels et 67 % des Français) et la réduction de la consommation de produis transformés (69 % des professionnels et 63 % des Français).
  • L’enjeu de l’information et du pouvoir d’achat apparaissent ici de premier ordre : si 24 % des Français aimeraient être attentifs à la composition des produits qu’ils utilisent, ils sont 34 % parmi ceux qui ne savent pas comment s’y prendre. Si 37 % et 32 % des Français aimeraient privilégier les circuits courts et le bio, ils sont respectivement 49 % et 44 % parmi ceux qui n’ont pas les moyens de changer leurs habitudes.

Il apparaît dès lors logique que le premier frein identifié au changement de comportement soit le manque de moyens (52 % des Français et 55 % des professionnels), devant l’attente de l’impulsion des pouvoirs publics (35 % des Français).

qLes priorités pour permettre de réduire l’impact négatif de l’environnement sur la santé se déploient à trois niveaux :

  • La contrainte, d’abord : pour 3 Français sur 10 et 33 % des professionnels du secteur médico-social, il convient de contraindre les entreprises et les pays par de nouvelles lois et réglementations, mais aussi de renforcer le contrôle de l’application des mesures en vigueur (28 %).
  • L’incitation, ensuite : 27 % des Français appellent à l’incitation des industriels et entreprises à adopter les bons comportements et 24 % à inciter les citoyens à être plus responsables par de l’information sur les risques.
  • Enfin, c’est l’enjeu de l’orientation du système de santé et de protection sociale vers davantage de prévention, axe privilégié par 20 % des Français mais surtout par 28 % des professionnels du secteur médico-social, public plus enclin à cet « enjeu prévention ». En effet, interrogés sur les priorités pour améliorer la prise en compte de la prévention dans le système de santé, les professionnels réclament d’abord d’axer le système vers plus de prévention (34 %) mais aussi vers la réorientation de la santé publique avec des objectifs de prévention mesurables (33 %).

Ce « plaidoyer pour la prévention » concerne ainsi une large majorité du secteur médico-social (67 %), secteur qui se sent largement insuffisamment outillé et formé pour accompagner le grand public sur l’enjeu de la santé environnementale. L’enjeu apparaît immense, près d’un professionnel sur deux (48 %) craignant que notre système de santé ne soit pas capable de gérer les maladies causées par l’environnement dans les années à venir.

Par :
Adrien Broche
Elise Cathala

 

Publié le 22/03/2022

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